Le FBI se trompe sur les chiffres du chiffrement

Le FBI a un peu gonflé les chiffres des smartphones auxquels il n’a pas accès, la faute du chiffrement, bête noire de l’agence depuis la tuerie de San Bernardino. Pendant sept mois, le patron de la police fédérale a assuré à plusieurs reprises que le FBI butait sur plus de 7000 terminaux. Il n’y en aurait qu’en réalité un petit millier.

Ce n’était qu’une petite erreur de calcul, rien à voir avec la croisade du FBI contre le chiffrement. Depuis James Comey et la tuerie de San Bernardino, l’agence fédérale réclame à cors et à cris des portes dérobés, des moyens de contourner le chiffrement, notamment des mobiles, qui l’empêche d’accéder aux données de terminaux dans le cadre d’enquêtes.

Depuis sa nomination à la place d’un James Comey disgracié, Christopher Wray a poursuivi le combat, brandissant un chiffre. Depuis sept mois, le nouveau patron du FBI déplore entre 7000 et 8000 terminaux pour lesquels son agence était incapable d’accéder aux données quand bien même la justice a donné son feu vert, rien que cette année. Maudit chiffrement ! 7000 en octobre dans un discours, 7800 en décembre devant le Congrès, 7775 un peu plus tôt cette année.

Encore la faute du chiffrement

Sauf qu’une « petite erreur » s’est glissée dans ce compte. Le FBI s’est rendu compte le mois dernier qu’il a surévalué le nombre de terminaux inaccessibles. Dans un communiqué, la police fédérale explique avoir utilisé trois bases de données distinctes pour faire son calcul, ce qui a conduit à compter plusieurs fois le même smartphone. Bilan, le FBI n’a plus aucune idée de combien de smartphones et de tablettes ils ont reçu l’an dernier dans le cadre de leurs enquêtes.

C’est bien là toute la question : à quel point les chiffres étaient-ils surévalués ? Une source interne au FBI citée par le Washington Post estime que l’agence a détenu l’an dernier 1200 terminaux auxquels il n’avait pas accès. Une autre source considère le chiffre probable entre 1000 et 2000 unités, quand le FBI recensait en 2017 être face à 880 terminaux bloqués. Un chiffre multiplié par 10 par le nouveau patron du FBI.

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