Alors qu’il occupait le devant de la scène avec sa promesse de Web décentralisé pour redonner la main aux utilisateurs sur leurs données et leurs avoirs sur Internet, il a peu à peu disparu des unes des gazettes, remplacé par l’intelligence artificielle. Pourtant, il est toujours bien vivant et les records dans les cryptomonnaies ne peuvent que confirmer l’intérêt qui lui est porté. Poussé par de grands acteurs comme Meta, il est bien présent et un avenir radieux lui est promis.
Le Web3 — version courte de Web 3.0 — serait la nouvelle version du web succédant au Web 1.0 et au Web 2.0. Les plus âgés d’entre nous se souviennent bien du Web 1.0, le web des débuts d’Internet, qui était un simple portail d’information, assez désorganisé, où l’on pouvait naviguer entre des pages statiques. L’ère du Web 2.0 s’est ouverte à partir du milieu des années 2000. Parfois surnommé « web participatif », le Web 2.0 a vu émerger les plateformes et réseaux sociaux que nous utilisons au quotidien, comme Facebook, Google ou Amazon, ou encore des services comme Uber ou Wikipédia. Le Web3 a ainsi été nommé car il représenterait la prochaine évolution d’Internet.
Les défenseurs du Web3 soutiennent que les plate- formes en ligne sont aujourd’hui trop centralisées et contrôlées par une poignée de grandes sociétés, comme Amazon, Apple, Alphabet (société mère de Google) ou Meta (société mère de Facebook). Ces entreprises ont amassé de grandes quantités de données personnelles et de contenus, sans que les utilisateurs en aient véritablement le contrôle. L’idée serait donc de redonner du pouvoir aux internautes en créant un web « décentralisé », où ceux-ci peuvent « transporter » leurs données d’un service à l’autre. Le Web3 vise ainsi à supprimer les intermédiaires que sont les grandes entreprises tech.
L’ensemble s’appuie sur la technologie de registre décentralisé de chaîne de blocs qui se retrouvent à la fois dans les cryptomonnaies mais aussi dans le contrôle des applications (DApp), ou la signature de contrats (smart contracts).
L’état actuel du Web3
Un rapport d’Afcea.org estimait le marché du Web3 à 3,2 Md$ en 2024 et devrait atteindre un peu plus de 49 Md$ en 2034 avec une croissance moyenne pondérée annuelle de 31,8 % durant cette période. Les principaux catalyseurs de cette croissance sont de plusieurs ordres comme la demande toujours plus forte pour des architectures décentralisées sur Internet, les demandes pour un respect de la vie privée amélioré, et la pro- priété des données rendue possible par la technologie de la blockchain. Tous ces éléments font que les solutions de gestion des données redessinent les échanges de données et la valeur de celles-ci dans le paysage numérique. Dans le Web3, les utilisateurs regagnent le contrôle sur leurs données et peuvent ainsi moné- tiser leur présence numérique sans passer par des intermédiaires.
Les entreprises aussi commencent à reconnaître les valeurs du Web3 pour limiter les risques sur la monopolisation des données, les failles de sécurité et les points uniques de faille. Les compagnies dans de nombreux secteurs comme la finance, la santé, les médias adoptent des protocoles de stockage des données décentralisés, des informations d’identification vérifiables et des workflows s’appuyant sur la chaîne de blocs pour des transactions sensibles et ainsi assurer le respect de la conformité.
La tendance est de plus amplifiée par l’engouement pour les portefeuilles numériques, les écosystèmes de récompenses par les jetons non-fongibles et les réseaux sociaux décentralisés. Ces derniers apportent aux utilisa- teurs une amélioration des processus de monétisation de leurs données, une plus forte résistance à toute forme de censure et des mécanismes de gouvernance plus démocratiques. C’est un vrai basculement d’un Internet dominé par les plateformes vers un Internet qui sera centré sur les utilisateurs.
Des freins importants
Il existe deux éléments qui expliquent que le Web3 ne s’est pas imposé plus largement pour l’instant. Tout d’abord, les environnements manquent de standardisation. Les entreprises et les développeurs font face à une fragmentation des outils dans les environnements de chaîne de blocs et des environnements de développements, ce qui complique l’interopérabilité, l’intégration et la maintenance sur le long terme.
L’autre élément contraignant est la complexité technique des environnements. Les écosystèmes du Web3 demandent une intégration sur différentes couches des chaînes de blocs, des réseaux de stockage décentralisés, de protocoles d’identités et de chiffrement. La courbe d’apprentissage est donc longue et le manque de res- sources va être un élément globalement bloquant. Pour les entreprises, les plateformes demandent des intergiciels couteux et plusieurs couches d’orchestration pour connecter les bases de données, les API et les workflows numériques avec les infrastructures numériques. De plus, des problèmes de mises à l’échelle persistent du fait des limitations des mécanismes de consensus actuels. De nombreux réseaux de chaînes de blocs peinent à gérer de larges volumes de transactions sans rencontrer des problèmes de latences ou de coûts, ce qui amènent des goulets d’étranglement dans des secteurs comme la finance décentralisée, les jeux ou les environ- nements métavers. Le déploiement de « sidechains » ou de « Rollups » (afin de réduire la charge supportée par la blockchain Ethereum, diverses solutions de seconde couche sont envisagées et coexistent les unes avec les autres) ajoutent de la complexité architecturale et des risques de sécurité. Dans les entreprises, les doutes existent encore sur les conséquences légales d’utiliser ce type d’environnements et de l’évolution des règles de conformité les concernant.
Et en France
La BPI a rendu public un rapport sur le Web en France et dans le monde en juillet dernier. Alors que l’Amérique du Nord reste le premier marché mondial du Web3, l’Europe se positionne comme un acteur de poids. Grâce à la mise en place d’un cadre réglementaire structurant — notamment avec le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) — le continent accélère l’adoption des technologies Web3. La croissance y est soutenue par l’innovation, mais également par l’émergence de pôles autour des NFT, de la blockchain publique et des métavers.
En France, la structuration de l’écosystème s’accélère. Selon une étude ADAN-KPMG restituée au ministère de l’Économie, 12 % des Français possèdent des crypto-actifs en 2024, contre 8 % en 2022. De plus, près de 90% de la population connaît désormais l’existence de ces actifs numériques. L’épargne en crypto atteint même 15% des portefeuilles, preuve d’une adoption de plus en plus tangible.
Sur le plan politique, la volonté est claire : faire de la France un hub européen du Web3. Le Secrétariat d’État au Numérique affirme cette ambition à travers un sou- tien accru à la régulation, à l’innovation et à la formation des talents. Selon ce rapport, une étude menée fin 2024 auprès de 73 startups françaises du secteur révèle une montée en puissance progressive. Ainsi, 30 % de ces jeunes pousses génèrent déjà plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires annuel, même si 50% ne sont pas encore rentables. Ce décalage traduit une dynamique d’expérimentation et d’investissement à long terme. Autre indicateur révélateur : 82 % des startups Web3 françaises développent leur activité à l’international, et 75% colla- borent avec de grandes entreprises ou institutions. Cette capacité à tisser des partenariats solides démontre la crédibilité croissante de l’écosystème tricolore. La majorité de ces structures bénéficient également d’un soutien ciblé. 46 % reçoivent des bourses ou des financements de la part de fondations blockchain, soulignant l’importance des relais non-institutionnels dans le développement du secteur en France.
Cependant, les besoins en compétences demeurent un frein. On recensait 240 postes non pourvus dans le Web3 fin 2024. Et 90 % des dirigeants du secteur estiment que ces technologies restent insuffisamment couvertes dans les cursus de formation. Face à ce déficit de talents, la formation professionnelle et l’intégration du Web3 dans les écoles deviennent un enjeu stratégique pour maintenir la compétitivité nationale.
Le Web3 ne se résume pas à la seule technologie blockchain. Il transforme les usages numériques à travers des applications concrètes dans des domaines variés, et parfois inattendus. Parmi les moteurs de cette transformation figurent les métavers et les jeux vidéo blockchain, qui deviennent de véritables piliers économiques en créant de nouvelles formes de propriété, de revenus et de socialisation.
Autre tendance majeure : l’essor des réseaux sociaux décentralisés et des DAO (organisations autonomes décentralisées). Ces structures réinventent la gouvernance en ligne et permettent aux communautés de gérer elles-mêmes leurs règles, leur financement et leurs évolutions. La convergence entre intelligence artificielle et Web3 s’accélère également. Cette hybridation ouvre des perspectives nouvelles en matière de personnalisation, de confidentialité et d’automatisation intelligente, tout en renforçant la souveraineté des utilisateurs sur leurs don- nées personnelles.
Enfin, le développement des dApps (applications décentralisées), des systèmes d’identité décentralisée et des technologies de confidentialité avancée illustre la matu- rité croissante de l’écosystème. Ces outils deviennent indispensables dans les domaines de la finance, de la santé, du retail ou encore de la supply chain. Pour résumer, l’écosystème se développe rapidement, mais reste en phase de structuration. L’ambition politique est forte, l’innovation est bien présente, et les talents commencent à affluer. Néanmoins, des défis subsistent : renforcement de la formation, clarification du cadre réglementaire, et accompagnement de l’industrialisation des solutions émergentes.
Des acteurs comme DFNS, Arianee ou Flowdesk témoignent de la vitalité et de la pertinence des innovations françaises. Leurs solutions sécurisées, interopérables et centrées sur l’utilisateur incarnent une nouvelle génération d’infrastructures numériques souveraines.
II-Rencontre avecPatrick Mollard, PDG de Fipto
Dans le cadre de ce dossier, nous avons eu le plaisir d’avoir un long entretien avec Patrick Mollard qui préside aux destinées d’une startup dans la DeFI, Fipto, qui propose une infrastructure de paiement à l’international.
L’informaticien : Alors le Web3 porté disparu ?
Patrick Mollard : On a vu une vague assez impor- tante à l’époque des NFT très Web3. Celle-là, elle s’est quand même clairement essoufflée, ou en tout cas, il y a eu un gros atterrissage de cette vague. Je pense que ce qui se passe chez Sandbox montre en effet un petit peu ce que vous dites. Après, ce que nous voyons plus dans notre secteur, c’est que l’intérêt autour des technologies blockchain, lui, est toujours réel, dans le paiement en tout cas, et il est boosté par différents éléments, et notamment le renforcement de l’utilisation des stable coins, qui, in fine, reposent sur des technologies blockchain. Là, c’est vrai qu’on voit une très forte adoption institutionnelle, avec des acteurs comme Circle ou Tether qui émettent des stable coins qui, respectivement, sont une market cap de 160 milliards et 60 milliards. Ce sont de très gros engins. Il y a une forte traction aussi sur la volumétrie de paiement. C’est à peu près 8 trilliards l’année dernière, ce qui est beaucoup plus que ce que Paypal fait, mais on pourra vous renvoyer les chiffres exacts.
L’informaticien : Oui, mais la vedette aujourd’hui c’est l’IA.
P.M. : On est tout à fait d’accord qu’aujourd’hui, le sujet, c’est l’IA. En vrai, je le comprends, parce que quand on voit ce qu’on est capable de faire avec certains outils comme Loveable, c’est extrêmement intéressant et c’est à suivre. Là encore, c’est pertinent pour nous de marier ça avec ce que nous faisons, c’est-à-dire du paiement. On voit que la combinaison de l’IA avec les smart contracts des blockchains peut être quelque chose d’assez intéressant pour automatiser certains flux de paiement pour les directions financières, donc d’avoir un agent IA trésorier qui soit capable de définir des stratégies de placement et en réalité de les exécuter. C’est clairement le sens de l’histoire pour nous. C’est encore une fois d'observer cette forte adoption et on le voit encore une fois sur des corridors comme l’Amérique latine, l’Afrique, qui sont des pays où c’est difficile de payer aujourd’hui. On voit qu’il y a un fort appétit pour différentes raisons. L’inefficacité des rails existants, mais aussi parce qu’il y a de l'appétence localement pour avoir une exposition au dollar plutôt qu’aux monnaies locales qui sont fluctuantes. Quand on regarde des établissements comme Revolut ou Newbank, qui sont les néobanques leaders dans le monde, on voit que leur succès est lié au fait qu’en réalité, elles redonnent beaucoup de liberté ou de facilité d’utilisation aux consommateurs qui aujourd’hui payent parce que c’est plus simple... Il y a un moment où celà n’est pas normal que je paye en plus.
L’informaticien : Y a-t-il la même sécurité qu’avec une banque classique ?
P.M. : C’est intéressant de faire un parallèle avec certains très énervés de la blockchain et du bitcoin qui sont par- faitement dans le « rendez-moi mon argent, je le stocke sur un wallet que je gère moi-même et je n’ai plus du tout besoin de ma banque pour le faire.» Je suis partagé là-dessus parce que ce que l'on voit, et c’est de nouveau un parallèle avec l’actualité, c'est que quand on est nous- mêmes le custodian de nos tokens bitcoin et que les gens le savent, on se met un peu en risque. On n’est pas une banque, donc on n’a pas les systèmes de sécurité, les gardes du corps. C’est chouette de se dire que je ne suis soumis à aucun risque de contrepartie parce que c’est moi qui l’ai sur un wallet et autres, mais viennent tous ces problèmes-là. Le hardware sur lequel j’ai sécurisé la clé privée, qu’est-ce qui se passe si je le perds ? Comme le monsieur qui essaie de le rechercher dans une déchet- terie au UK depuis des années. Je pense qu’il a déjà été complètement compressé et compilé.
L’informaticien : beaucoup de gens investissent sur le Bitcoin, mais cet avoir joue le yoyo depuis des années. Comment analysez-vous le phénomène ?
P.M. : Quand on voit de gros porteurs, comme BlackRock et autres, sur une quantité finie de bitcoins, c’est évidem- ment un sujet qui est inquiétant. Il y en a qui n’arrêtent pas, il y a des centaines de millions de bitcoins. C’est sûr, cela reste quelque chose d’assez liquide. Tout dépend de l’horizon de temps sur lequel on investit. Si, à un moment donné, on est obligé de vendre un actif comme celui-là, c’est un problème. Il faut ici être vraiment sur le long run et ne pas avoir besoin de vendre en urgence.
L’informaticien : Constatez-vous une montée de la maturité autour de ces technologies ?
P.M. : Comme toute nouvelle technologie, il y a des phases d’adoption, de maturité, et on le voit. Nous avons discuté avec beaucoup de gens qui investissent dans cet écosystème. Je pense que l’obsession était de trouver des cas d’usage réels à cette nouvelle technologie, à la blockchain et au Web3. Il y a eu, encore une fois, la vague des NFT dont on a parlé, mais qui restait relativement abstraite. Vous achetiez un produit dont vous n’étiez pas propriétaire et qui était liquide, mais à part le revendre, vous ne pouviez rien en faire. L’enjeu pour tous, c’est de trouver des vrais cas d’usages à cette nouvelle techno- logie. Ce que l'on voit, c’est que ça sert essentiellement à faire du transfert de valeur instantané, de manière par- faitement transparente, vérifiable et immuable dans le temps. C’est ce qu’on fait aujourd’hui avec le paiement.
L'enjeu de notre activité, c’est quand on voit qu’il y a des systèmes de paiement locaux qui fonctionnent très bien, comme SEPA en Europe, PIX au Brésil, SPAY au Mexique. Cela devient complexe quand on essaie de connecter ces réseaux nationaux ou régionaux. La technologie blockchain a ici un énorme intérêt parce qu’on arrive à transférer cette valeur très rapidement dans un système local, SEPA, vers un système local PIX au Brésil. Et ça, ça fonctionne très bien.
L’informaticien : Dans votre secteur, j’imagine que les aspects sécurité et fiabilité sont 100 % nécessaires ?
P.M. : Bien sûr. Les enjeux de sécurité sont hyper impor- tants. Je pense qu’on arrive dans des phases de maturité de l’écosystème avec des acteurs de place qui sont recon- nus. Typiquement, nous travaillons avec une entreprise qui s’appelle Fireblocks sur la sécurisation des wallets, qui est vraiment un acteur de référence dans le secteur. Il y en a quelques-uns qui font ça également. Mais évidemment, ce sont des sujets qui nous concernent continuellement. C’est pour ça qu’on cherche à avoir les agréments, parce que cela prouve aussi que nous avons été audités. Nous avons les certificats ISO 27001. Ce sont des sujets qui sont évidemment importants pour nos clients.
L’informaticien : Qui utilise votre technologie ?
P.M. : On voit la plus grosse adoption chez les pres- tataires de services de paiement. Ils s’en servent pour optimiser leurs flux et aller plus vite. Et, dans certains cas aussi, faire du pre-funding plus rapidement. Aujourd’hui, quand un prestataire de services de paiement doit faire des payouts de manière massive aux Philippines, par exemple, il va devoir prévoir cela, soit envoyer en amont à sa banque partenaire locale de l’argent, soit tirer sur des lignes de crédit auprès de cette banque. Ce qui, dans les deux cas, lui coûte soit du temps d’immobili- sation de son argent, soit de l’argent. Parce que la ligne de crédit lui coûte de l’argent. De faire ce pre-funding en stablecoin lui permet d’envoyer l’argent en instantané. Et de réduire ce besoin en BFR, en fonds de roulement, de manière significative. Ce sont des cas d’usage qu’on voit beaucoup et qui sont utilisés par nos clients. À terme, on pense que les grandes entreprises qui font de l’import-export dans les pays que nous couvrons et qui utilisent ces types de règles seront intéressées.
L’informaticien : aujourd’hui, comment voyez-vous Fipto dans 24 mois ?
P.M. : C’est une bonne question. Nous nous posi- tionnons vraiment comme l’acteur de référence européen sur les paiements en stablecoin. Nous avons un setup réglementaire unique. Parce qu’on combine l’agrément d’établissement de paiement auprès de la CPR. On est proche de finaliser, j’espère, l’obtention de notre CASP, qui est l’équivalent côté actif virtuel auprès de l’AMF, et qui fera qu’on sera conforme. Nous cherchons à être la power house européenne sur ces sujets-là. Cela signifie donc, à terme, un développement international avec des gens en UK, Allemagne, sur les gros centres que sont Frankfurt et Londres. On verra, parce qu’en réalité, ces agréments ne sont pas supportables partout. Donc, nous pouvons opérer à partir de la France et être actifs dans tous ces pays-là. L'avenir nous le dira. L’avantage de cette nouvelle technologie, c’est qu’en réalité, ils peuvent vérifier eux-mêmes avec l’adresse de leur wallet et la chaîne sur laquelle ils sont, ils peuvent aller en ligne pour vérifier que la transaction a été exécutée et autres. Nous leur communiquons évidemment ces informations en instantané et en toute transparence, ce qui est encore une fois assez différent des technologies qui existent aujourd’hui.
III- Des exemples récents d'utilisation du Web3
Plusieurs entreprises dans le secteur du Web3 ont récemment mis en œuvre de nouvelles applications ou étendu leur champ d’action.Bitpanda, une plateforme crypto européenne, 500 millions de personnes. A étendu son partenariat avec le Paris Saint-Germain dans l’univers du Web3 afin de soutenir le lancement et la croissance de Vision (VSN), le token qui alimentera le nouvel écosystème Web3 de Bitpanda. Prévu pour un lancement le 16 juillet dernier, Vision (VSN) servira de token central pour la future suite de produits Web3 de Bitpanda, jouant un rôle clé dans l’interaction des utilisateurs avec les nouvelles fonctionnalités et expériences proposées. Dans le cadre de cette collaboration élargie, PSG Labs agira en tant qu’accélérateur stratégique pour le lancement de Vision, apportant une contribution créative et une capacité de diffusion à grande échelle grâce à la base mondiale de fans du PSH, qui compte plus de 500 millions de personnes. Le partenariat explorera également l’intégration de Vision dans les expériences numériques futures destinées aux fans, ainsi que dans des activations Web3 cobrandées. Vision (VSN) est conçu pour offrir une réelle valeur dès son lancement, avec des avantages tels que des récompenses de staking, des droits de gouvernance, des économies sur les frais, et un accès anticipé aux ventes de tokens dans le cadre des programmes de fidélité de Bitpanda.
ComPilot aide à la conformité
ComPilot (anciennement NexeraID), la plateforme de conformité pour les entreprises Web3, annonce le déploiement de ses solutions sur la blockchain Tezos. Les porteurs de projets Web3 bénéficieront ainsi d’outils de mise en conformité avancés et simplifiés, désormais disponibles sur la blockchain Tezos. L’écosystème Web3 est en constante évolution, tant au niveau régle- mentaire que dans les cas d’usages de la blockchain. ComPilot propose des solutions de conformité permettant aux projets Web3 de se développer tout en respectant les cadres réglementaires complexes. Grâce à des données issuent du Web2 et du Web3, la plate- forme offre des solutions qui facilitent et automatisent des processus clés comme la lutte contre le blanchi- ment d’argent (AML), le « Know Your Customer » (KYC), le « Know Your Business » (KYB), et le « wallet scree- ning » (contrôle des portefeuilles). Suite à l’annonce de l’activation de la 16e mise à niveau de la blockchain Tezos, Paris, introduisant le Data Availability Layer (DAL) pour améliorer la scalabilité des Smart Rollups sur le Layer 2, le déploiement de ComPilot contribue à renforcer la conformité et la gestion des projets Web3 sur Tezos, sans compromettre la décentralisation ou la sécurité du réseau.
Paypal s’ouvre aux crypto
Le géant des paiements annonce une nouvelle étape dans son développement : PayPal Links. Lancé initialement aux États-Unis, PayPal Links est prévu pour le Royaume-Uni, l’Italie et d’autres pays dans les mois à venir. Selon l’entreprise, l’expérience de pair à pair passe une étape de plus avec l’intégration des cryptomonnaies directement dans le flux de paiements de pair à pair dans Paypal. Les utilisateurs pourront ainsi envoyer des bitcoins, des Ethers ou autres.
Le fonctionnement est simple. Dans l’application Paypal, il suffit d’entrer les informations sur le paiement ou la demande, ce qui initie un lien unique et utilisable une fois pour le partager. Chaque lien est privé et est créé pour une transaction spécifique. Le lien peut être envoyé de multiples manières : textes, emails, chat. Il peut être agrémenté d’une note, d’un émoji... Le lien expire s’il n’est pas utilisé dans les 10 jours. Il est possible d’envoyer une notification avant son expiration ou de l’annuler si besoin. Le récipiendaire reçoit le message, accepte ou réalise le paiement dans l’application sur son compte Paypal. Les sommes sont immédiatement créditées sur le compte du vendeur sur son compte Paypal.
Zama chiffe la blockchain
Zama est une entreprise open source de cryptographie, spécialisée dans le chiffrement homomorphe appliqué à la blockchain. Ses technologies permettent des applications confidentielles dans la finance, le Web3 et les communautés décentralisées. Zama Confidential Blockchain Protocol, ainsi que de son testnet public, permettent aux développeurs de commencer à créer des applications confidentielles et d’expérimenter des calculs chiffrés sur la blockchain — d’abord sur Ethereum, puis sur d’autres chaînes EVM et Solana.
Zama permet d’écrire des smart contracts confidentiels directement en Solidity (un langage de programmation orienté objet dédié à l’écriture de contrats intelligents. Il est utilisé pour implémenter des smart contracts sur diverses blockchains, notamment Ethereum), sans connaissance en cryptographie. Grâce à sa bibliothèque FHEVM (la machine virtuelle de chiffrement de Zama), les smart contracts peuvent fonctionner sur des données chiffrées tout en restant composables et interopérables. Le Zama Confidential Blockchain Protocol n’est pas un nouveau L1 ou L2, mais une couche de confidentialité inter-chaînes, compatible avec toutes les blockchains existantes. Aucun besoin de bridge ou de nouveaux tokens : les utilisateurs peuvent interagir avec les dApps confidentielles depuis n’importe quelle chaîne.

