5G : c'est parti !

C'est la dernière ligne droite avant le déploiement en France des réseaux 5G, sauf moratoire surprise : la dernière phase des enchères pour l'attribution des blocs dans la bande de fréquences 3,4 - 3,8 GHz démarre aujourd'hui. L’Arcep communiquera ce soir à 17h40 les résultats de cette première journée.

L’Arcep a donné le coup d'envoi ce matin à 9h30 pour l’attribution des fréquences dans le bloc 3,4 -3,8 GHz. C’est l’avant-dernière étape avant que les opérateurs télécoms puissent commencer à déployer leurs réseaux 5G sur le sol français, et déjà certains fourbissent leurs offres à destination du grand public. Ce que d’aucuns percevront comme un simple effet d’annonce, sachant que les observateurs ne s’attendent pas à ce que la 5G perce auprès du grand public avant 2023 et la démocratisation des terminaux mobiles compatibles. En attendant ce sont les entreprises, et surtout les sites industriels, qui devraient profiter des apports du dernier standard édicté par le 3GPP. 

Cette phase devait initialement se tenir en avril mais les conditions sanitaires ont contraint l’Arcep à la décaler. Et si Bouygues souhaitait qu’elle soit reportée en fin d’année, voire en 2021, le régulateur a maintenu sa position, fixant au 29 septembre le début des enchères. La grande inconnue demeure donc l’attitude lors de cette enchère de Bouygues et de SFR, passablement échaudés par l’interdiction de facto de recourir aux matériels de leur partenaire de longue date, Huawei. 

Ce mardi à 9h30, les enchères ont donc été ouvertes et l’on peut imaginer que Free, Orange, Bouygues Telecom et SFR, les quatre candidats en lice, se sont positionnés sur un certain nombre de blocs sur les 11 de 10 MHz disponibles. Rappelons pour commencer que chacun s’est vu attribué un bloc de fréquence de 50 MHz, à 350 millions d’euros pièce, en échange d’engagements en termes de couverture, déploiement, etc. 

Rendez-vous à 17h40 

L’enchère se déroule en huit tours maximum chaque jour et l’Arcep indiquera en fin de journée, à 17h40, où en sont les tractations. A partir du prix de réserve décidé par le gouvernement, 70 millions d’euros par bloc de 10 MHz, le régulateur indique à chaque tour le prix d’un bloc et chaque opérateur annonce alors le nombre de blocs souhaités à ce prix. Si la demande des candidats ne correspond pas à la quantité de blocs disponibles, un nouveau tour est lancé et l’Arcep “augmente le prix unitaire du bloc de 10 MHz, d’un incrément fixé à 5 millions d’euros". 

A noter que “la valeur de l’incrément entre deux tours du prix d’un bloc de 10MHz est fixée par l’Arcep. Il pourra être modifié par l’Arcep à la fin de chaque journée d’enchère. S’il n’est pas modifié, l’incrément utilisé pour une journée d’enchère est celui de la journée d’enchère précédente”. L’enchère s’arrête lorsque tous les blocs sont attribués, au prix final de l’enchère. Si jamais la demande des opérateurs devait descendre sous l’offre de blocs disponibles, un mécanisme d’arbitrage entre alors en jeu. 

Mais une fois le résultat de cette enchère connu, la procédure ne sera pas terminée. Restera encore à déterminer la place de chacun sur le spectre. Ainsi, “une enchère « de positionnement » (à un tour au second prix) sera organisée courant octobre pour déterminer les positions de chaque lauréat. Ils pourront ainsi exprimer leurs préférences de position dans la bande ainsi que de position relative avec les autres lauréats” indique l’Arcep dans son dossier de presse.