Le 15 avril, le ministère de l’Intérieur a débuté une procédure d’appel d’offres portant sur l’acquisition de 650 drones pour un montant de près de 4 millions d’euros. Une future commande qui n’aurait aucun lien avec l’actuelle crise sanitaire, assure-t-on à la place Beauvau.
Cet appel d’offres démontre bien l’intérêt grandissant du ministère de Christophe Castaner pour ces engins volants. Depuis cinq ans, des équipes terrain, principalement de police nationale et de la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) exploitent déjà quelques dizaines de drones, essentiellement pour des missions de repérage ou d’appui opérationnel. « Il s’agit aujourd’hui d’exploitations très localisées de ces outils. Ce qui va changer avec le nouvel appel d’offres, c’est le développement d’un usage national et donc beaucoup plus généralisé des drones par les forces de sécurité », a indiqué à L'Informaticien : Stéphane Morelli, responsable conformité et affaires publiques d’Azure Drone, et ancien président de la Fédération Professionnelle du Drone Civil (FPDC). Cet appel d’offres est en effet le troisième lancé par le ministère de l’Intérieur autour de l’acquisition de drones. Mais c’est le plus important en termes de volume comme de budget.
Du micro au nano-drone
Sur quoi porte la future commande ? Le lot le plus important couvre l’acquisition de 565 « micro-drones du quotidien ». Ces appareils légers, pesant moins d’un kilo, sont utilisés pour des missions de repérage, par exemple lorsque des forces de police veulent visualiser une zone avant une intervention. De par sa petite taille, il peut être utilisé en environnement urbain.
Le deuxième lot correspond à l’achat de 66 drones de « capacité nationale ». Pesants jusqu’à 8 Kg, ces engins doivent pouvoir filmer à 500 mètres. Il s’agit ici clairement d’un usage pour des missions de surveillance aérienne d’évènements, dont des manifestations.
Le dernier lot porte sur une commande de vingt nano-drones, des engins miniaturisés, pesant moins de 50 grammes. Ce type d’engins sert principalement aux forces spéciales, durant des interventions, en appui opérationnel. Ce type de drone peut ainsi pénétrer dans un bâtiment, afin de faire un repérage des forces adverses, ce qui n’est pas le cas d’un micro-drone.
Les entreprises souhaitant se positionner sur cet appel d’offres vont désormais candidater. Plusieurs acteurs français devraient être sur les rangs, dont Parrot ou Novadem, mais également des acteurs étrangers comme le chinois DJI ou l’américain FLIR, qui équipe déjà le ministère des Armées. « Peut-être que le ministère de l’Intérieur aura un regard différent d’avant la crise, en s’orientant davantage vers le made in France », indique Stéphane Morelli, qui n’exclut pas également de répondre à l’appel d’offres.