Runway lève 308 millions de dollars pour ses vidéos générées par l’IA

La startup entend poursuivre le développement de ses modèles de génération d’images et de vidéos destinés notamment au cinéma et à l’animation. En pleine ascension, Runway et d’autres startups d’IA sont toutefois visées par une plainte pour atteinte aux droits d’auteur.

L’entreprise de génération d’images et de vidéos par l’IA, Runway, a bouclé une série D de 308 millions de dollars. L’opération a été dirigée par General Atlantic, avec la participation de Fidelity Management & Research Company, Baillie Gifford, NVIDIA, SoftBank Vision Fund 2, entre autres. Au total, la société a levé un peu plus de 536 millions de dollars.

Cette annonce intervient peu de temps après la présentation de Gen-4. Ce modèle est destiné à un usage professionnel, notamment pour les secteurs du cinéma, l’un des domaines que Runway vise explicitement pour générer des revenus. Ce modèle permet notamment de générer des séquences mettant en scène des personnages, des lieux et des objets.

Cap sur le cinéma

« Ces avancées ne sont pas simplement des améliorations progressives ; elles forment la base d'une approche totalement nouvelle des médias — un écosystème construit sur des systèmes d'IA capables de simuler notre monde », écrit la startup dans son communiqué.

Forte de cette dynamique, l’entreprise va doper sa R&D et ses effectifs en recrutant des chercheurs et ingénieurs. L’entreprise a en outre annoncé l’expansion de Runway Studios, un pôle de cinéma et d’animation basé sur l’IA, qui vise clairement à produire du contenu grâce à ses modèles de fondation.

Runway a signé en septembre dernier un partenariat avec le studio hollywoodien Lionsgate, orienté vers la création et l’entraînement d’un modèle personnalisé exploitant le catalogue du studio. L’entreprise dit vouloir, à travers ce partenariat, « assister Lionsgate Studios, ses réalisateurs, metteurs en scène et autres talents créatifs. Ce modèle génère des vidéos cinématographiques qui peuvent être affinées grâce à la suite d’outils de contrôle de Runway. »

Michael Burns, vice-président de Lionsgate, a de son côté déclaré : « Plusieurs de nos réalisateurs sont déjà enthousiasmés par ses applications potentielles dans leurs processus de pré-production et de post-production. Nous considérons l’IA comme un excellent outil pour enrichir, améliorer et compléter nos opérations actuelles. »

Du rififi autour des droits d’auteur

Le modèle économique de Runway ne fait toutefois pas que des heureux. La startup fait en effet l’objet d’une poursuite intentée par des artistes, dont Sarah Andersen, Kelly McKernan et Karla Ortiz, qui reprochent à Runway ainsi qu’à Stability AI, Midjourney et DeviantArt, pour des violations potentielles de droits d’auteur.

Pour leur défense, les entreprises du secteur brandissent le principe de l’usage loyal (fair use), permettant, dans certains cas, des limitations et des exceptions aux droits d'auteur. À suivre.

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