Rachat de SFR pour plus de 20 Mds€

Le consortium formé par Bouygues Telecom, Free et Orange a signé un protocole d'accord pour racheter l'opérateur au carré rouge pour 20,35 milliards d'euros. Une opération historique qui redistribue les cartes du marché des télécommunications français, sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence.

Un des géants des opérateurs téléphoniques n'est plus, ou plutôt, pourrait ne plus être. Le consortium réunissant Bouygues Telecom, Free et Orange a signé un protocole d'accord en vue d'acquérir SFR, pour 20,35 milliards d'euros. L'acquisition, qualifiée de « l'une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications » par les différentes parties, doit encore être approuvée par les autorités réglementaires, notamment de la concurrence. Cette dernière s'attèlera sans doute à déterminer si cette concentration du marché entraîne un risque d'augmentation des prix des abonnements. Les signataires espèrent boucler la transaction au second semestre 2027. Prudents, ils ont tout de même précisé que « à ce stade, il n'y a aucune certitude que cette opération soit réalisée ».

Une phase de consultation s'ouvre également avec les instances représentatives du personnel « afin de mener un dialogue responsable et constructif et d'assurer la réussite de l'opération pour l'ensemble des parties », est-il expliqué dans un communiqué.

Le défi de la migration des abonnés et des infra

Si l'opération venait à être validée, reste à relever un défi technique de taille visant à transférer des millions de contrats, des infrastructures et des systèmes d'information. Une étape qui constitue « un programme industriel pluriannuel », selon les termes du consortium qui, pour être mené à bien, mobilisera les compétences et expertises des équipes reprises par le consortium.

Concernant la répartition des activités de SFR, Bouygues Telecom met la main sur l'activité et la clientèle SFR Business, une partie des clients grand public (5,9 millions) de SFR, le réseau mobile de SFR dans les zones non denses, les infrastructures dédiées au B2B Fixe et la part SFR du réseau horizontal FTTH sur une partie de la zone très dense. Free-Groupe Iliad reprendra quant à lui l'ensemble de la base clients RED by SFR (6,0 millions de clients), une partie des activités grand public de SFR avec 1,6 million de clients B2C SFR ainsi que les 0,4 million de clients TPE sous la marque SFR. Orange récupère lui aussi une partie des activités grand public de SFR et les MVNOs Réglo, Syma, Coriolis de SFR, soit 4,9 millions de clients au total.

Les fréquences seront réparties entre les trois opérateurs. Les réseaux fixes et mobile ainsi qu'une partie du réseau de distribution qui n'ont pas été repris continueront d'être gérés par SFR SA, détenue à parts égales par les trois repreneurs, dans une phase transitoire qui devrait durer au minimum 30 mois. Cette phase doit permettre d'assurer la continuité de service durant la période de migration et l'intégration.

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