L'État va investir 655 M€ dans l'IA pour la fonction publique

Alors que le salon VivaTech a ouvert ses portes, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que l'État allait investir 655 millions d'euros supplémentaires pour déployer des IA souveraines et gouvernées auprès de ses agents.

Ce plan pour « une IA utile, humaine et souveraine pour les services publics » vise à équiper les agents de l'État de technologies de confiance, alors que les outils grand public font craindre de sérieux problèmes de sécurité, de dépendance technologique et de gouvernance.

 « Constatant que de nombreux agents ont déjà recours à des outils grand public non maîtrisés pour accomplir leurs missions, l'État s'organise pour éviter le développement d'une "IA clandestine" et de nouvelles dépendances technologiques », justifie l'État dans son communiqué.

Des outils déployés auprès de tous les agents

Très concrètement, l'État va généraliser l'utilisation d'outils dès ce mois de juin. L'Assistant est un outil conversationnel souverain développé par la DINUM en partenariat avec Mistral AI sur l'infrastructure Outscale SecNumCloud. Cet outil avait été testé auprès de 10 000 agents pendant dix mois, avec succès à en croire l'État. Les tests auraient démontré un gain de temps allant jusqu'à 16 % sur des tâches de synthèse documentaire.

« Transcripts », un outil de prise de notes et de retranscription audio, sera également déployé auprès de l'ensemble des agents de l'État. Un outil de traduction en 64 langues va aussi être déployé. Baptisé DiploIA, il a été développé par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et est mis à disposition de l'ensemble des ministères. Enfin, la visioconférence de l'État, Visio, a été agrémentée de la technologie du français pyannoteAI pour la génération automatique de comptes rendus de réunion.

Cette annonce intervient alors qu'Anthropic a annoncé avoir suspendu, sous injonction de l'administration Trump, l'accès à ses modèles Fable 5 et Mythos 5 pour les ressortissants étrangers, au nom de la sécurité nationale. Une décision qui relance une nouvelle fois le débat sur l'indépendance technologique du Vieux Continent.

 

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