Commandé en urgence en 2016 à la veille de l’Euro, l’application SAIP sera bientôt enterrée. Trop d’erreurs, pas assez d’utilisateurs… le gouvernement a décidé de mettre le service en sommeil et misera sur les géants du web pour avertir les populations en cas de risque majeur.
SAIP est en fin de vie. Voulue par le gouvernement en 2016 pour alerter les populations en cas d’incident grave (catastrophe naturelle, incident nucléaire, attentat…), cette application notifiait ses utilisateurs en cas de danger dans une zone géographique donnée, décidée par les préfets.
Hier, le député Raphaël Gauvain (LREM) interrogeait Gérard Collomb sur l’avenir du système d'alerte et d'information des populations (SAIP). « Le contrat qui liait le gouvernement au gestionnaire de cette application prendra fin le 31 mai prochain » répond le ministre de l’Intérieur avant d’ajouter que « cette application n’a jamais marché ». En effet, les ratés de SAIP ont été nombreux, échouant à informer ses utilisateurs lors d’un attentat (Nice), quant il ne les informait pas d’une attaque en cours qui n’existait pas. Ce qui n’a pas impacté la majorité des Français et des Françaises puisque SAIP ne comptait que 500 000 utilisateurs.
Les Américains au contrôle de l’info
« Nous en tirons toutes les conséquences et plutôt que nous acharner à créer une nouvelle application qui serait propre au ministère, nous avons décidé d’utiliser les technologies modernes ». Entendre par là qu’au 1er juin, l’application ne sera plus active. En lieu et place, « nous aurons recours aux grands réseaux sociaux de manière à informer les populations en temps réel » explique Gérard Collomb.
Des partenariats ont en effet été signés avec Facebook, Twitter et Google pour qu’il servent de relais lorsque se produit une catastrophe ou un attentat. Un comble sachant que SAIP avait été conçu comme une alternative aux géants américains pour la diffusion de ces informations, une réponse au Safety Check de Facebook.

