Un contrat avec le Pentagone sème la zizanie chez Google

La crise enfle au sein du géant de la recherche. Plus de 3000 employés ont signé une pétition enjoignant Google ne pas déployer ses technologies d’Intelligence Artificielle à des fins militaires. La direction semble plier devant la fronde.

C’est une affaire qui empoisonne le climat chez Google. En cause, un contrat baptisé Maven qui lierait l’entreprise de Mountain View avec le Pentagone et concernerait l’équipement de technologies d’IA pour des drones militaires. Dévoilé au mois de mars dernier, le projet Maven divise. Plus de 3000 employés auraient signé une pétition demandant à Google de renoncer à ce projet qui ne correspondrait pas aux valeurs de l’entreprise, valeurs popularisées dans le passé sous la formule « Dont’t Be Evil » (Ne soyez pas malveillant). Plus d’une dizaine d’employés auraient présenté leur démission et l’affaire est remontée jusqu’au top management : Sergey Brin, Larry Page (Alphabet) et Sundar Pichai (Google) cherchant une sortie par le haut.

Boston Dynamics revendue

Diane Green, patronne de la division Google Cloud, est directement concernée par le projet Maven et a expliqué qu’il s’agissait d’un contrat d’un faible montant : 9 millions de dollars. Ce faisant, elle pensait certainement calmer les ardeurs des plus opposés mais ces derniers ont clairement signifié qu’il ne s’agissait pas d’une question d’argent mais de principe. On se rappelle que Google a revendu sa filiale Boston Dynamics qui développe des robots assez angoissants, ceci afin de ne pas brouiller son image. Madame Green a eu beau indiquer que l’IA Humaniste était la seule en cours de développement, le soufflé n’est pas retombé. En effet, selon certaines rumeurs, le projet Maven viserait à équiper des drones létaux afin que l’IA permette de mieux distinguer les civils et éviter ainsi des dommages collatéraux lors de conflits. Si l’idée apparaît séduisante à certains, l’idée de participer à des engins de mort révulse bon nombre de salariés. 

Les réunions s’enchaînent donc entre les différents protagonistes pour trouver une solution. Comme dans toute affaire de ce type, les scientifiques mettent en avant les valeurs éthiques et morales et en face les commerciaux arguent des contrats importants qu’il sera possible de signer, sachant que Amazon ou Microsoft sont déjà dans la place. Toutefois, le poids de personnalités scientifiques comme Vinton Cerf, Geoff Hinton, Jeff Dean, Fei-Fei Li ou encore tout l’état-major de la filiale britannique Deep Mind, semble l’emporter. En effet, Google ne peut se permettre de perdre toutes ces personnes qui contribuent avec leurs équipes à faire de Google, l’une des sociétés les plus avancées dans l’intelligence artificielle.

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