jeudi 21 septembre 2017
 

 

Surface Pro 3 : Le premier PC qui remplace la tablette ?

par Loïc Duval - Test publié dans le magazine L'Informaticien le 01/10/2014
Microsoft persiste avec sa gamme Surface malgré un succès mitigé. Il vaudrait d’ailleurs mieux parler de gammes au pluriel. D’une part, il y a la série de PC ultra-nomades « Surface Pro » qui cherche depuis le début à imposer le concept de PC Hybride et à tracer un futur aux technologies PC et Windows dans un monde toujours plus mobile et tactile. D’autre part, il y a la série de tablettes « Surface », sous Windows RT, tentative jusqu’ici vaine de vouloir concurrencer Apple sur le marché de l’iPad. Pour l’œil inattentif, « Surface Pro » et « Surface » se confondent. Or, les premières utilisent une architecture PC à base de processeur Intel et conservent la pleine compatibilité avec les ordinateurs Windows alors que les secondes s’appuient sur des processeurs ARM et doivent se contenter du catalogue d’Apps tactiles du Windows Store.
En matière de tablettes, les Surface étaient plus convaincantes que les « Pro » et leur manque de reconnaissance sur le marché est principalement lié au retard du magasin applicatif – retard devenu aujourd’hui moins handicapant. Les Surface Pro, en revanche, souffraient d’un poids excessif – plus de 1 kg –, d’une autonomie restreinte et d’une ventilation bien trop présente pour prétendre au statut de tablettes. En outre, de par leur écran 10,6 pouces étriqué et leur clavier plutôt instable, c’étaient de bien piètres ordinateurs portables. Bref, l’alchimie ne fonctionnait pas, sauf pour quelques usages spécifiques. Avec « Surface Pro 3 », Microsoft estime avoir trouvé la recette et affirme que cet appareil est la première tablette à pouvoir remplacer votre PC. Qu’en est-il réellement ? 

Spécifications

● Système : Windows 8.1 Professionnel 
● Dimensions : 292,1 x 201,4 x 9,1 mm 
● Poids : 800 g 
● Châssis : VaporMg. Couleur : silver. Boutons physiques : volume, marche/arrêt, accueil. Écran ClearType Full HD Plus de 12" / Tactile Multi Touch + Stylet 
● Résolution : 2 160 x 1 440
Wi-Fi : 802.11ac/802.11 a/b/g/n 
● Bluetooth : 4.0 (BLE) 
● Webcams : avant 5 Mpix, arrière 5 Mpx 
● Connecteurs : 1xUSB 3.0 au format standard, mini DisplayPort, port pour Cover, prise casque+micro 
● Lecteur intégré : carte microSD 
● Capteurs : capteur de luminosité ambiante ✳ Accéléromètre ✳ Gyroscope ✳ Magnétomètre 
● Dans la boîte : Surface Pro 3 ✳ Stylet Surface ✳ Adaptateur secteur 36 W ✳ Guide de démarrage rapide ✳ Documents de sécurité et de garantie  

Un design ingénieux…

Disons-le, Microsoft a « presque » réussi son défi ! La « Pro 3 » n’est pas encore la tablette qui peut remplacer le PC, mais elle est probablement le premier PC à pouvoir remplacer une tablette. Car la Surface Pro 3 ne peut pas masquer ce qu’elle est avant tout : un PC ! Certes, il s’agit là sans conteste du plus léger et du plus compact PC du marché. Mais la taille et le format de l’écran, son poids – handicapé par l’écran 12 pouces – et ses performances générales dissimulent difficilement son identité réelle. Toutefois, lorsqu’elle est dépourvue de son clavier, la « Pro 3 » se montre bien équilibrée, très maniable et incroyablement véloce pour consulter n’importe quel contenu du bout des doigts. Le pied rétractable a toujours été la marque de fabrique des Surface. Il est ici d’autant plus utile que la taille de la tablette vous encourage à la poser plus rapidement sur une table, un coin du lit, la planche de votre siège d’avion ou de train. Mais ce pied est ici bien plus pratique que sur les précédentes générations : il s’ouvre à 170° ce qui permet d’utiliser la tablette de façon optimale que l’on ait besoin d’interagir debout avec l’écran ou que l’on navigue sur le Web allongé sur le ventre. Mais ce qui fait la vraie différence avec les précédentes générations de Surface Pro, c’est bien l’écran. Son format 12 pouces « 3/2 » est singulier et se démarque des écrans 16/9. Ce format, associé à la très haute définition de la dalle (2 160 x 1 440 pixels, soit 216 ppi) procure un confort de travail indéniable – il affiche 1,5 fois plus de pixels qu’un écran Full HD – et permet une meilleure productivité personnelle sur les outils de bureautique ou les IDE de développement par exemple.

… mais qui ne convient pas à tous

Étrangement, la Surface Pro 3 aura bien davantage de facilité à remplacer votre PC fixe qu’un vrai Notebook. L’usage typique de l’appareil est de le plugger dans sa station d’accueil avec un ou deux écrans pour travailler lorsqu’on est à son bureau, puis de l’emporter avec soi dès que l’on doit s’absenter que ce soit pour entrer en réunion ou visiter la clientèle. C’est là que son format tablette s’exprime alors le mieux. En revanche, la Surface Pro 3, comme toutes les Surface, se révélera moins pratique qu’un authentique notebook pour travailler allongé sur un canapé ou dans son hamac ! Si le nouveau pied librement ajustable et le nouveau clavier qui s’aimante à la bordure de l’écran permettent effectivement de gagner en stabilité lorsque l’on pose l’ensemble sur ses genoux, la configuration demeure, dans une telle position, moins stable et légèrement plus encombrante qu’un notebook de taille équivalente.
Par ailleurs, si son format tablette s’avère effectivement idéal dès que l’on veut consulter du contenu, on notera quand même que les tâches comme les jeux et la vidéo tendent à faire durement chauffer le processeur et donc activer sa ventilation. Si celle-ci est inaudible dans un contexte classique en journée, elle se révèle bien plus gênante dans le silence de la nuit. Il faut cependant signaler que la présence de la ventilation dépend intrinsèquement de vos usages et du modèle adopté. Les versions Core-i3 se montrent plus silencieuses que les versions Core-i7 qui tendent à forcer sur la ventilation plus fréquemment.

Enfin une Surface Pro réussie

Une fois ces limitations assimilées, force est de reconnaître que cette troisième génération de Surface Pro réussit à convaincre là où les précédentes versions avaient échoué. C’est une bonne tablette au potentiel professionnel particulièrement attractif. Avec son bel écran et son stylet, elle s’affirme comme un excellent outil d’accueil de clientèle et d’interactivité, sans pour autant vous muscler les bras. Mais c’est surtout un excellent ordinateur tactile, rapide et productif, qui peut aussi bien servir de machine de bureautique, de machine de développement, que de PC ultra-nomade. 

Côté performances, on est très au-dessus des tablettes traditionnelles (notamment des Surface 2) et même confortablement au-dessus des Surface Pro 1 et Surface Pro 2, pour peu que vos besoins graphiques 3D soient relativement restreints. La Surface Pro 3 n’est pas une machine de gamer ni une station de travail, le GPU « Intel HD Graphics » étant trop poussif pour ces usages. Mais en station de retouche photo ou de montage vidéo portable, la Surface Pro 3 s’impose comme un choix mobile judicieux, servi par la qualité de son écran et son port USB 3.0 intégré.
Côté autonomie, elle est en très net progrès malgré l’utilisation de processeurs « Core i » bien plus voraces que les Intel Atoms et autres ARM des tablettes du marché. Celle-ci est d’environ neuf heures en navigation web, sept heures en vidéo, et trois heures trente minutes en usage intensif, en poussant tous les cœurs à pleine activité. C’est plus du double de l’autonomie de la première Surface Pro.

Côté usage, on retiendra que ces Surface Pro 3 sont taillées pour les « prosumers » et l’entreprise. C’est notamment vrai des modèles Core-i5 et Core-i7, dont les processeurs affichent une compatibilité « vPro », avec toutes les fonctionnalités d’administration distante et de sécurité qui accompagnent ce label. On appréciera également le support en standard du Wi-Fi 802.11ac nouvelle génération ainsi que du Bluetooth LE (Low Energy/Basse Consommation) 4.0.

Le stylet maîtrisé

À bien y regarder, la Surface Pro 3 a exactement le format des bloc-notes américains. Et ce n’est pas un hasard. L’appareil a été vraiment conçu pour le stylet. Microsoft exploite enfin tout le potentiel de ses technologies logicielles d’écriture électronique embarquées de longue date dans le système Windows et dans ses logiciels Office. À elle seule, cette fonctionnalité démontre tout l’intérêt pour Microsoft de continuer à développer sa propre ligne matérielle capable de mettre en exergue des fonctionnalités présentes depuis longtemps mais jusqu’ici jamais exploitées à leur juste valeur. Toute l’ergonomie de l’appareil a été pensée pour le stylo. Un clic sur celui-ci réveille la tablette – à condition que celle-ci n’ait pas basculé en veille prolongée et qu’un utilisateur soit déjà authentifiée – et bascule automatiquement l’affichage sur une note vierge sous One Note. Signalons que ce stylet, conçu en aluminium et bien équilibré, est d’une excellente précision. Il répond plutôt bien sur les tracés rapides, ne souffre quasiment pas d’effet parallaxe, et convient aussi bien à l’écriture qu’au dessin notamment grâce à sa grande sensibilité (250 niveaux de pression). Et l’on retrouve la technologie Palm Block des précédents modèles qui permet de dessiner même la paume posée sur l’écran tactile.

Des aberrations encore...

Malgré ses qualités indéniables, Microsoft peut encore améliorer son concept. Évidemment, avec l’apparition des processeurs Broadwell, il sera probablement possible de proposer une Surface Pro 4 non ventilée (fanless), plus légère et encore un peu plus autonome. Mais, même sans ces évolutions technologiques, le constructeur peut encore gommer certains défauts.
Par exemple, même si le stylet peut facilement s’accrocher au clavier, il n’existe toujours aucune solution pour l’attacher directement à la tablette. En outre, pour un appareil à vocation professionnelle, on s’étonnera de l’absence de contrôle biométrique – n’oublions pas que Windows supporte en standard les capteurs types Touch ID depuis la version 8.1 – ou de lecteur de smartcard. Autre manque, la machine n’incorpore pas de GPS et il n’existe aucune version avec connexion 4G intégrée, ce qui oblige d’appairer la tablette à son smartphone pour bénéficier d’une connexion Internet lorsqu’il n’y a pas de WiFi à proximité.
Mais les plus gros défauts à corriger sont essentiellement marketing : le clavier est un ustensile totalement indispensable au concept Surface. Ne pas l’intégrer en standard à quelque chose d’illogique, d’aberrant même, et vient greffer 130 € supplémentaire sur le budget alors même que cette Pro 3 est déjà un produit de luxe, vu les tarifs pratiqués. Rappelons que l’on trouve aujourd’hui des portables propulsés par des Core-i3 à partir de 500 € et des notebooks Core-i7 à partir de 799 €. Ils sont sans doute moins designs et légers, mais l’équipement standard est plus complet. D’autant que la station d’accueil se révélera, elle aussi, rapidement indispensable à tous ceux qui voudront faire de leur Surface Pro 3 leur PC principal. Il faudra donc débourser 200 € supplémentaires. Voilà qui amène le modèle haut de gamme à 2 279 € ! Sans compter que, contrairement à Surface 2, Microsoft Office n’est pas, non plus, intégré en standard ! Livrer la Surface Pro 3 avec une licence Office 365 d’un an en standard aurait sans doute allégé la sensation de « se faire plumer ». 
En outre, la diversité de modèles permet à Microsoft de proposer une gamme de prix étendue, débutant à 799 €, mais complexifie le choix pour les utilisateurs qui devront vraiment s’interroger sur leurs usages pour adopter la tablette la mieux adaptée en termes de puissance et de prix.

Verra-t-on une Surface 3 ?

Au moment de l’annonce de la Surface Pro 3, on s’attendait également à des annonces autour de modèles « RT » à commencer par un modèle « mini ». Au dernier moment, Microsoft a décidé de finalement ne pas le produire et ne l’a donc pas présenté. Depuis, on se demande ce que Microsoft va faire de sa gamme Surface. La récente baisse de prix de la Surface 2 a relancé les rumeurs de Surface 3. Il est vrai qu’un modèle plus léger que la Surface 2, doté pour la première fois d’un stylet (comme l’était le modèle Mini) et de l’astucieux pied de la Surface Pro 3, ne manquerait pas d’un certain potentiel de séduction. Mais pour l’instant Microsoft reste totalement muet sur l’avenir de sa gamme Surface sous RT. La situation est d’autant plus floue que la version tactile d’Office (nom de code Gemini) ne semble pas devoir être disponible avant plusieurs mois, que certains acteurs du marché ont évoqué l’arrivée de tablettes sous « Windows Phone 8.2 » et que Microsoft pourrait être tenté d’attendre Windows 9 (dans sa version 100% tablette ou ARM) avant d’introduire un remplaçant à Surface 2.

La station d’accueil

S’il est un scénario où la Surface Pro 3 excelle, c’est bien celui de la machine de travail que l’on peut emporter d’un geste où que l’on aille. Un scénario qui prend forme dès lors que l’on adopte la station d’accueil. Commercialisée à un prix quelque peu rédhibitoire, celle-ci propose un port Ethernet Gigabit, trois ports USB 3.0 – tout en gardant libre d’accès le port USB 3.0 de la tablette –, deux ports USB 2.0, une entrée/sortie audio et une sortie vidéo Mini DisplayPort au format 1.2, supportant jusqu’à 3 840 x 2 400 pixels – si votre Surface Pro 3 est un modèle Core-i3, soit deux moniteurs 1 920 x 1 200 pixels à 60 Hz –, et jusqu’à 5 760 x 3 600 pixels sur les modèles Core-i5 et i7, soit deux moniteurs 2 880 x 1 800 pixels à 60 Hz. La connexion s’effectue en tirant profit du mode série « daisy-chain » des moniteurs DisplayPort récents. Si vous ne possédez pas de tels moniteurs, vous pouvez toujours utiliser un Hub DisplayPort et deux adaptateurs DVI/HDMI. Voilà une extension qui contribue beaucoup à la productivité de la Surface Pro 3 au quotidien.

 



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