Sigfox veut se recentrer sur les services

L’entreprise toulousaine s’est récemment séparée de son réseau en Allemagne, le vendant à Cube Infrastructures Manager, et pourrait continuer à se séparer de ses actifs. Ce faisant, Sigfox veut se doter des moyens de pivoter vers les services cloud, notamment sur la réduction des coûts de l’extraction des données. Sigfox a annoncé le 17 septembre la vente de son réseau allemand à Cube Infrastructure Managers. Ce fond en profite en outre pour devenir l’actionnaire majoritaire de Heliot Europe, le partenaire de Sigfox en Autriche, en Suisse et au Liechtenstein, où il possède et opère le réseau 0G du Français. Le montant de l’opération n’a pas été divulgué. Pour l’entreprise toulousaine, cette vente représente une opportunité financière : il va ainsi être en mesure d’investir dans  “ses efforts d'innovation continus dans l'extraction de la valeur des données et l'amélioration des algorithmes cloud pour réduire la consommation d'énergie et permettre la mise en œuvre d'appareils et de capteurs encore plus rentables”. 

Il faudra déjà passer l’hiver

Depuis le début, Sigfox a pour objectif d'offrir à ses clients un service toujours meilleur, grâce à l'innovation, à la densification, à un écosystème mature et à un retour sur investissement élevé. Vendre Sigfox Allemagne à des partenaires dévoués et de longue date tels que Heliot et Cube nous permettra de tenir cette promesse", précise Ludovic Le Moan, cofondateur et DG de Sigfox. Sigfox entend donc se concentrer sur ses services cloud, quitte à se débarrasser de son coeur d’activité dans le déploiement et la gestion de réseau (sachant qu’il n’est propriétaire et opérateur que de ses réseaux allemand, français et étatsunien). D’autant qu’il n’est pas exclu que l’entreprise de Ludovic Le Moan vende ensuite ses réseaux aux États-Unis, où il est en difficulté, et surtout en France, sa terre natale où l’on dénombre environ 2000 de ses antennes. Mais si la vente de ses réseaux doit donner à Sigfox les moyens de développer la partie services de ses activités, force est de constater que la société traverse une mauvaise passe. Elle a en effet annoncé un plan social, supprimant 50 postes sur les 370 qu’elle compte dans le monde. En outre, Sigfox n’est toujours pas rentable et sa dernière levée de fonds remonte à 2016. En résumé, si cet apport de liquidité peut faire du bien, on est toutefois en droit de se demander si ce n’est pas l’arbre qui cache la forêt.