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Christophe Guillemin / vendredi 18 mai 2018 / Thèmes: Formation, Dossier, Bootcamp

WebForce3

Le concept du bootcamp décliné dans tous les domaines du numérique

L’école WebForce3, après avoir lancé une première formation rapide de développeur web – sur 3,5 mois –, multiplie cette fois les formations accélérées autour de la cybersécurité, du DevOps, des drones… et bientôt de la réalité virtuelle, de la domotique ou de la Smart City ! L’ambition de WebForce3 est toujours de former des novices, en reconversion professionnelle, au chômage ou en décrochage scolaire en un temps record.

WebForce3 est un des pionniers de la formation accélérée aux métiers du numérique. Depuis quatre ans, cette école a popularisé le concept du « Bootcamp », basé sur une formation intensive de quelques mois. À l’image d’autres structures similaires, telles que la 3W Academy (lire notre numéro 164), la formation historique proposée par WebForce3 concerne le métier de développeur et intégrateur web. Elle se veut une réponse à la pénurie actuelle de compétences dans le domaine.

« En 2013, je dirigeais l’agence de communication interactive “ Les Argonautes ” et je peinais à recruter des développeurs web », se souvient Alain Assouline, président de WebForce3. « Ceux disposant d’un diplôme Bac+5 étaient surtout intéressés par les grands groupes. Les autres étaient bien souvent des autodidactes qui avaient décroché de leurs études ou étaient en reconversion professionnelle. Se former seul leur prenait un à deux ans. Et au final, ils n’avaient pas de bases suffisamment solides pour pouvoir être embauchés tout de suite. Nous avons donc décidé de créer une formation qui s’adresse à ces personnes de tous âges et de tous horizons, souvent relativement peu diplômés, qui cherchent rapidement un emploi. »

Lancée en 2014, cette formation a déjà été suivie par quelque deux mille étudiants. Et elle demeure toujours très demandée, assure l’école. En 2017 : près de huit cents étudiants l’ont ainsi suivi. Que propose-t-elle ? En trois mois et demi, cette formation offrirait le même niveau d’enseignement que des formations d’un an. « Un Master, c’est 450 heures de cours. Notre formation en propose 490. On apprend donc autant, mais plus vite », explique Alain Assouline.

Et les résultats sont là : grâce à un réseau d’une cinquantaine d’entreprises partenaires, la plupart des étudiants de WebForce3 trouvent un poste dans les six mois suivant la formation. Plus précisément : 60 % décrochent un CDI ou un CDD, 15 % sont autoentrepreneur, 15 % enchaînent sur une autre formation ou un stage en entreprise, et seulement 10 % ne trouvent pas de poste dans ce délai, indique l’école.

Une formation très intensive

Se former en trois mois et demi au développement et à l’intégration web est un « parcours du combattant » prévient WebForce3. « Nous comptons sur un engagement total de nos étudiants. Il faut donc être prêt à mettre sa vie entre parenthèses pendant trois mois et demi », poursuit Alain Assouline. Les recrutements s’effectuent sur tests de culture générale web et de logique, complétés par un entretien individuel. La motivation des candidats est le principal critère. Il n’y a aucun prérequis en termes de niveau scolaire ou de diplôme déjà obtenu.

La formation repose ensuite sur le principe du « blended learning », combinant du présentiel et de l’apprentissage en ligne. En journée, les professeurs présentent les technologies de développement web en moins d’une heure et lancent rapidement des travaux pratiques. Le soir, les étudiants peuvent vérifier ou compléter leurs compétences sur la plate-forme web. Elle intègre notamment des QCM, des fiches de révisions et des cours en vidéo. « Si un étudiant rate un QCM, la plate-forme l’oriente automatiquement vers la bonne fiche de révision. Nous travaillons ainsi avec la start-up Damoscio, spécialisée dans les techniques d’“ adaptive learning ”, pour développer des algorithmes permettant à notre plate-forme d’accompagner de manière intelligente nos étudiants. »

La formation couvre près d’une dizaine de langages et techniques de programmation web : HTML 5, CSS3, JavaScript, Jquery & AJAX, SQL, MySQL, PHP, POO et Wordpress. À l’issue de la formation, les étudiants doivent réaliser un site web complexe avec une dimension applicative. Ils obtiennent des certifications de développeur et d’intégrateur junior, reconnues par la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP). Notons que le coût de la formation est en général nul pour l’étudiant, car WebForce3 élabore un dossier de financement exploitant les aides disponibles. Moins de 10 % des étudiants paient les 4 000 euros de formation.

Déclinaison autour de la cybersécurité, des drones et la VR

Depuis un an, l’école a décidé de transposer le principe du Bootcamp à d’autres domaines du numérique. Elle propose ainsi les formations : Concepteur intégrateur de cyberSécurité, Community manager, HTM-Elles (formation au développement web uniquement dédiée aux femmes), Développeur JAVA EE, Développeur Symfony, Télépilote de drones civils, Dessinateur AutoCAD (niveau débutant) et Dessinateur AutoCAD (niveau avancé).

En février, l’école a également passé un partenariat avec Startx, société de service spécialisée dans la formation Red Hat, JBoss, Linux et l’intégration des logiciels libres. Cet accord lui permet de proposer la « première formation DevOps pour les demandeurs d’emploi d’Île-de-France, labellisée par la Mairie de Paris », souligne l’école. Ce cursus s’appuie sur le contenu officiel de l’éditeur Red Hat pour former des demandeurs d’emploi sur les technologies Linux, OpenShift et Ansible.

Et ce n’est qu’un début : « Notre ambition est de proposer un catalogue de formations accélérées couvrant l’ensemble des domaines du numérique », indique Alain Assouline. Pour accompagner ce développement d’activités, l’école vient de lever 3 millions d’euros auprès d’Odyssée Venture et d’Impact Partenaires. Parmi les prochains domaines de formation figurent la réalité virtuelle, la domotique ou encore la Smart City.

Cette levée de fonds doit aussi permettre à l’école de développer sa plate-forme d’e-learning qui a vocation à suivre les étudiants après leur formation, dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie. « Nous allons mettre en place un accès permanent et gratuit pour les anciens élèves qui pourront ainsi continuer à se former en ligne. Pour nous, cela va permettre de fidéliser notre clientèle, en leur proposant de nouvelles formations. Et aussi de connaître les grands tendances du marché en fonction de remontées utilisateurs », explique-t-on chez WebForce3. Enfin, WebForce3 souhaite doubler ses implantations d’ici à la fin 2018. L’école dispose aujourd’hui de « centres en propre » à Paris, Lille, AixMarseille et Lyon. Le reste du réseau est composé d’une vingtaine de centres franchisés. Un développement à l’international est également prévu. « Nous sommes déjà présents au Luxembourg. Mais d’ici à cinq ans, nous souhaitons être implantés dans une dizaine de grandes villes européennes », conclut Alain Assouline.


« Il faut s’accrocher durant l’apprentissage autant que pendant la recherche d’emploi »

Camille Aubert, développeur Full stack

Après plusieurs années en tant que commercial dans le secteur du tourisme, Camille Aubert cherche à se reconvertir sur un secteur porteur. Il décide alors de devenir développeur web et intègre la principale formation de WebForce3 en novembre 2015. « J’ai beaucoup apprécié la qualité des cours, le sérieux des formateurs et la dimension très pratique du cursus. Mais il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une énorme quantité d’informations à assimiler en très peu de temps. C’est parfois un peu beaucoup. Il faut vraiment s’accrocher », tient-il à préciser. Après la formation, il cherche un poste qu’il mettra un mois à trouver. « Ce n’était pas si facile. J’ai envoyé cent cinquante CV, réalisé quinze entretiens et reçu deux offres. Il faut rester très motivé après la formation, les efforts ne sont pas terminés. » Il accepte une des deux propositions et travaille aujourd’hui pour la société Assercar, dans le domaine de l’assurance automobile. « Je suis développeur Full stack. Je réalise des outils métier pour les réparateurs, les assureurs, etc. Je gère également les flux d’informations en Back End ». Son bilan : « C’est un bootcamp efficace, mais il faut une motivation à toute épreuve pendant et après la formation. ».

« Nous cherchons des profils évolutifs  dotés d’une grande capacité d’adaptation »

Paul Gallavardin, Fifty-five (agence de marketing digital)

Fondée par d’anciens exécutifs de Google France, Fifty-five est une « data agency » accompagnant les entreprises dans leur stratégie de marketing digital. Elle accueille des étudiants de WebForce3 depuis deux ans et a réalisé deux embauches. « En tant qu’acteur du numérique en forte croissance, nous sommes confrontés à des problématiques de recrutement inédites. La vitesse d’évolution des outils et l’émergence de nouvelles problématiques – cadre réglementaire… – nous empêchent de recruter “ sur expérience ”, puisque rares sont les candidats ayant déjà été confrontés à nos sujets », explique Paul Gallavardin, Expertise et Innovation Manager. « Il nous a donc semblé logique de nous rapprocher de formations alternatives, qui nous permettent de détecter les talents sur la base de leur motivation et de leurs compétences techniques, tout en prenant en compte leurs expériences précédentes. Un “ fifty-fiver ” qui a passé dix ans dans un service comptable arrivera ainsi chez nous avec un regard déjà bien préparé à nos problématiques “ data ”. » La start-up met en avant la motivation et la capacité d’adaptation des étudiants WebForce3. Elle précise tout de même devoir compléter leur formation. « Il faut accepter qu’un nouvel arrivant ne soit pas opérationnel à 100 % avant plusieurs mois », conclut Paul Gallavardin.

« La formation Symfony m’a permis de commencer une seconde vie »

Cécile Berger, développeuse PHP

Ancienne directrice d’une galerie d’art, Cécile Berger cherchait à se reconvertir vers un métier « au cœur de son époque ». Suite à une rupture conventionnelle de contrat, elle passe par une brève période de chômage et découvre le programme de la pépinière SensioLabs, mise en place par l’éditeur Symfony et WebForce3. De septembre à décembre 2017, elle suivra la formation de développeurs web, sous le célèbre framework PHP. « Je voulais commencer par le PHP pour ensuite éventuellement passer au Javascript. Mais le PHP offre de très grandes possibilités et découvrir cette technologie m’a déjà beaucoup plu. » Même si la formation s’avère très intensive, elle trouve dans la plate-forme web une aide précieuse. Et surtout : « Le fait de découvrir chaque jour quelque chose de nouveau m’a permis de rester motivée. Oui ça va très vite, mais vous ne voyez pas le temps passer, et ça reste captivant de bout en bout. » Avant même de débuter la formation, Cécile avait décroché un poste chez Maisons du Monde. « C’était le principe. Pour intégrer la pépinière, il fallait une promesse d’embauche. J’ai passé plusieurs entretiens et je remercie Maisons du Monde d’avoir accepté de jouer le jeu. » Cécile participe aujourd’hui au développement d’applications internes pour l’enseigne d’ameublement et de décoration.

« WebForce3 ne joue pas dans la même cour que tout le monde »

Fabio Cognolato, Maltem Consulting Group

Maltem Consulting Group est une ESN française de 850 personnes ayant des activités en Europe et en Asie. Depuis novembre 2017, elle est partenaire de WebForce 3 autour de la formation Symfony. Elle a reçu plus d’une dizaine d’étudiants en stage, qu’elle a embauchés par la suite. « C’est vraiment un cursus de qualité. Pour avoir testé d’autres structures par le passé, WebForce3 ne joue pas dans la même cour que tout le monde », estime son directeur général : Fabio Cognolato. « Il y a eu un très haut niveau d’appréhension des sujets traités. Alors même que les stagiaires ne sont pas tous informaticiens à l’origine. » Outre les compétences techniques, Maltem met aussi en avant le sérieux et l’implication des étudiants. « Il n’y a eu aucune absence et ils ont beaucoup travaillé. Les formateurs ont annoncé plus de 15 jours d’avance sur la finalisation des projets. Cela a permis à certains stagiaires de travailler sur d’autres projets. » Fort de cette première expérience, Maltem envisage de renforcer son partenariat avec l’école, pour accueillir au minimum 30 stagiaires par an.
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