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Rencontre avec John Van Siclen
Bertrand Garé / mercredi 1 août 2018 / Thèmes: Dossier, IA

Rencontre avec John Van Siclen

(CEO de Dynatrace) « En trois ans, tout a radicalement changé ! »

Avec son profil atypique dans le paysage de l’informatique, le CEO de Dynatrace, ancien universitaire (études d’histoire), nous confie son approche de la direction d’une entreprise dans le secteur de la high tech.

John Van Siclen peut revendiquer une longue carrière dans l’informatique avec des responsabilités importantes dans différentes sociétés. Notamment Netframe, pionnière dans le monitoring réseau, Intervowen, Adesso systems, Compuware puis Dynatrace, après la séparation de ces deux entités suite au rachat de Compuware par le fonds Thoma Bravo.

En 2014, il se retrouve à la tête de Dynatrace à cette occasion. Quand on lui demande comment devient-on CEO d’une telle entreprise, il prend un temps de réflexion puis répond : « En fait vous apprenez à l’être tout au long de votre carrière. Je ne supporte pas la médiocrité et je me suis toujours dis que je pouvais faire mieux que ce que je voyais dans les entreprises où j’étais, ou que je pouvais franchir l’étape suivante. La route est difficile car les défis sont nombreux et les employés sont le premier. C’est souvent un travail d’équipe avec le CTO qui est aussi un fondateur de l’entreprise. Il a cette sorte de vision technologique et de ce qui est possible. Ma collaboration est surtout dans le pensez-vous que l’on peut faire cela ! »

UN MONDE EN DÉCOMPOSITION ?

Depuis tout ce temps passé dans la Silicon Valley et dans l’industrie informatique, comment voit-il l’évolution actuelle ?

« En trois ans, tout a radicalement changé ! D’une informatique s’appuyant sur du matériel et des bases de données apportant une structure rigide, tout a basculé par-dessus tête pour aller vers l’agilité et la flexibilité pour faire face à l’éphémère.

« Le maître mot est maintenant le logiciel et la mise en place de composants. Les outils changent car ceux simplement répliqués sur ceux du passé ne fonctionnent pas, ou plus. Il faut reconstruire et aller vers de nouvelles architectures qui répondent mieux à ce nouveau monde, d’autant plus qu’ils doivent répondre à de nouveaux défis d’échelle dans un environnement extrêmement dynamique.

« C’est sur ces pistes que nous avons réfléchi il y a plusieurs années pour réinventer Dynatrace. Notre vision visait 2020 et nous voulions que notre plate-forme soit fondée sur ces composants et que l’ensemble puisse être totalement automatisé. De ce fait l’application est une nouvelle couche qui fonctionne indépendamment de l’infrastructure et du réseau, mais en relation avec eux du fait de dépendances évidentes. On passe d’outils de monitoring à une plate-forme ouverte pour répondre à ces nouvelles infrastructures évolutives et dynamiques. Aujourd’hui nous ne faisons pas que regarder le code en production, la plate-forme suit totalement les préceptes du DevOps qui fait partie de cette nouvelle culture, orientée vers les métiers. C’est une bonne part de notre succès. »

Cet ensemble ne fonctionne pas de manière totalement indépendante. John Van Siclen tient à souligner l’importance de l’ouverture pour la plate-forme et la prépondérance des plug-ins et des API afin de créer une informatique autonome (self-driven). Sur cette notion un peu opaque à première vue de l’entreprise autonome,

il précise qu’elle repose sur toutes les possibilités autour des technologies d’Intelligence artificielle et d’apprentissage machine. Elles sont la pierre de touche de l’automatisation. Les systèmes neuronaux peuvent ainsi faciliter le travail des administrateurs en cas d’incidents et de citer l’exemple d’un client qui grâce à cela met désormais un temps moyen de trois minutes pour trouver une cause initiale d’un incident au lieu de plusieurs heures auparavant. L’importance  du savoir

L’IMPORTANCE  DU SAVOIR

John Van Siclen évoque aussi le RPA, pour Robot Process Automation, qui permet d’automatiser des tâches à faible valeur ajoutée par un robot. Que ceux qui n’ont pas oublié un mot de passe un lundi matin jettent la première pierre à cette technologie ! Ces technologies combinées avec les jeux d’API aux mains des développeurs autorisent des intégrations à des niveaux très fins et des apports importants des technologies d’Intelligence artificielle dans les outils grâce au volume d’informations ingéré dans les logiciels. « C’est la prochaine étape ou le prochain grand bond que vont faire les logiciels », ajoute le dirigeant de Dynatrace.

Il poursuit : « Mais qu’est-ce que l’Intelligence artificielle au fond ? Un jeu d’algorithmes qui ont un savoir sur des domaines bien précis. L’IA va être une véritable avancée dans notre secteur d’activité car elle apporte le savoir, mais doit être d’une fiabilité sans faille sinon cela ne fonctionnera pas. Le savoir est un outil puissant ainsi que les outils dont je viens de parler mais leurs connaissances dépendent aussi d’une carte ou d’une topologie des dépendances entre les systèmes. C’est là qu’est le vrai fondement de l’adaptation possible de ces technologies vers nos clients et comment l’entreprise va pouvoir devenir autonome. Avec l’Internet des Objets (IoT) cela devra même être quasiment en temps réel. »


John Van Siclen a pris les rênes de Dynatrace en 2014 et mis en place un vaste plan de transformation de l’éditeur créé en Autriche en 2006. Aujourd’hui, 72 des Fortune 100 utilisent les logiciels de Dynatrace pour suivre et optimiser la performance de leurs applications. L’entreprise qui connaît une croissance spectaculaire a annoncé une progression de 1 305 % du CA lors de l’année écoulée avec 421 nouvelles signatures et des revenus proches de 500 millions de dollars. Dynatrace emploie 1 700 salariés actuellement. La société est classée en tête du quadrant magique de Gartner de sa catégorie depuis huit ans. Elle fut pionnière dans bien des secteurs comme le DevOps avec, dès 2007, un langage PurePath compris par les développeurs et les équipes de production. Dynatrace s’est enrichie de plusieurs acquisitions au fil des ans, dont celle de Keynote en 2015 qui lui apporte le monitoring web et mobile sur plus de 2 milliards de mesures quotidiennes. L’année dernière, Dynatrace a mis la main sur Qumran, une entreprise spécialisée dans le replay de sessions web et mobile.

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