X
OpenClassrooms
Christophe Guillemin / lundi 17 septembre 2018 / Thèmes: Formation, Dossier

OpenClassrooms

L’e-learning « non élitiste » à la conquête du monde

Jeune pousse montante de l’EdTech française, OpenClassrooms propose des formations 100 % online qui attirent plus de 3 millions d’utilisateurs par mois. Après les cours gratuits, l’école se développe aujourd’hui autour de « parcours diplômants », garantissant de trouver un emploi sous 6 mois. Une formule payante, que l’école compte aujourd’hui décliner à l’international.

Les locaux parisiens de l’école : elle emploie aujourd’hui 25 collaborateurs et compte en embaucher une centaine en 2018.

Soixante millions de dollars ! Tel est le montant record de la levée de fonds réalisée par OpenClassrooms en mai dernier. Cet acteur de l’e-learning a tout simplement réussi à boucler un des plus gros tours de table de l’année 2018, sur l’ensemble de la French Tech. Qui est donc cette pépite tricolore qui a séduit un groupe d’investisseurs emmené par le fonds américain General Atlantic, accompagné de Citizen Capital, Alven et le fonds Ambition Numérique géré par Bpifrance ?

« Nous proposons des formations en ligne gratuites autour des métiers de l’IT, mais aussi du marketing, des RH ou du management, avec comme grand principe d’être accessibles à tous. Et pour ceux qui le souhaitent, nos offres payantes permettent de suivre un parcours professionnalisant débouchant sur un diplôme reconnu par l’État. Et surtout : avec un emploi garanti sous six mois », résume Mathieu Nebra, co-fondateur de cette école en ligne. Une formule qui semble avoir trouvé son public. Chaque mois, plus de 3 millions d’utilisateurs se connectent à ce campus numérique. Si OpenClassrooms ne communique pas son chiffre d’affaires, cet acteur montant de la « EdTech » annonce une croissance de 150 % par an.

C’est bien entendu la « formation jusqu’à l’emploi » qui est au cœur du modèle économique de l’école. Cette offre « Premium », facturée 300 euros par mois, permet d’obtenir un diplôme, puis d’être recruté en CDI ou en CDD avec une durée minimale de six mois. Même s’il doit bien entendu mener les démarches de recherche d’emploi par lui-même, l’étudiant sera accompagné par un conseiller jusqu’à l’obtention du poste. Un réseau d’entreprises partenaires facilite la recherche. Parmi les principales entreprises ayant embauché des diplômés d’OpenClassrooms, figurent le groupe LVMH, Capgemini, Disney ou encore Alten.

« Notre succès est dans ce parcours jusqu’à l’emploi. Si l’étudiant ne trouve pas un poste dans les six mois, ce qui est très rare, nous lui remboursons sa formation ! », souligne Mathieu Nebra. L’école annonce un taux d’employabilité proche des 100 %. Précisément, 75 % des étudiants terminent leur formation diplômante : sur ce total, 98 % obtiennent un diplôme et quasiment 100 % des diplômés décrochent un emploi. En 2018, plus de 1 500 étudiants ont trouvé un poste, indique OpenClassrooms. D’ici à 2025 l’école ambitionne de « former et insérer professionnellement » un million d’étudiants.

Des formations « non élitistes » mais pas d’entrée de gamme

L’école propose plus de trois cents cours « certifiants » – débouchant sur un diplôme –, dans des domaines liés au numérique, comme le développement web, ou mobile, les systèmes et réseaux ou le marketing digital. Depuis trois ans, OpenClassrooms a également entamé une diversification de son contenu pédagogique au-delà de l’IT pur, pour couvrir des thématiques telles que les RH, le management, l’entreprenariat, la gestion de projet ou même le design produit. Mais la formation phare de l’école reste celle dédié au développement web, qui intègre 43 cours certifiants, allant de la conception de sites web (PHP, HTML5, CCS3, JavaScript…), à l’administration de bases de données avec MySQL, en passant par la construction d’API REST avec Symfony.

« Le développement web est la formation historique de l’école. À l’origine, en 1999, j’ai développé un petit site de formation, baptisé “ Site du Zéro ”, qui expliquait les bases de la création d’un site web. J’étais alors en 4e et je ne trouvais pas de livres adaptés pour les débutants. J’ai reformulé ce que j’ai appris et mis en ligne ce site, qui se voulait accessible aux novices. Il a connu un petit succès, grâce au bouche-à-oreille. Il s’est ensuite étoffé avec des forums collaboratifs et de nouveaux cours. » En 2002, Mathieu Nebra rencontre Pierre Dubuc, alors visiteur du site, avec qui il décide de le développer grâce à des cours rédigés par les visiteurs eux-mêmes. Pour maintenir un certain niveau de qualité pédagogique, ces cours sont publiés après validation par un comité d’experts. Le catalogue s’étoffe rapidement grâce à cette approche communautaire. En 2007, les deux partenaires créent la société Simple IT, qui sera rebaptisée OpenClassrooms en 2013. Les cours étant gratuits, le site est alors financé par la publicité. En 2015, l’école passe un nouveau cap en proposant ses premiers parcours diplômants et payants, basés cette fois sur des contenus réalisés par des professionnels.

Le passage au modèle payant ne change pas l’esprit général de l’école, qui reste de proposer des formations simples et très accessibles. « Il n’y a pas de sélection élitiste. Nous demandons juste quelques compétences de base lors de l’inscription. D’ailleurs, la majorité des étudiants ne sont pas issus de l’IT », poursuit Mathieu Nebra. « Nous revendiquons cette accessibilité qui permet de donner sa chance au plus grand nombre. Cela ne signifie pas pour autant que nos formations sont d’entrée de gamme. Elles sont réalisées et encadrées par plus de deux cents formateurs experts dans leur domaine », tient à souligner Mathieu Nebra. Parmi les partenaires pédagogiques, OpenClassrooms collabore avec des grands industriels tels que Axa, Microsoft, Oui-SNCF en encore Google, avec lequel la jeune pousse française a noué un partenariat en 2015 pour former des développeurs cloud.

Pierre Dubuc et Mathieu Nebra proposaient dès 2005 que les visiteurs du site, alors baptisé « Site du Zéro », puissent rédiger leurs propres cours.

Des formations 100 % online

Les cours d’OpenClassrooms sont proposés uniquement en ligne, sans aucune étape en « présentiel ». Pour autant, les étudiants peuvent se retrouver physiquement dans des espaces de coworking proposés par des partenaires de l’école à Paris, Bordeaux, Toulouse Lille ou Marseille. Il s’agit juste d’entre-aide entre étudiants, aucun professeur n’est présent dans ces espaces.

Sur la plate-forme en ligne, les cours intègrent classiquement différents formats de contenus (textes, photos, vidéos, quiz…). Mais la vraie spécificité d’OpenClassrooms réside dans son dispositif d’accompagnement. Chaque étudiant est ainsi suivi individuellement par un mentor. « Il s’agit d’un professionnel du secteur avec lequel l’étudiant va avoir un rendez-vous en visioconférence chaque semaine. Le mentor va le coacher en lui donnant des objectifs personnalisés pour la semaine suivante, en maintenant sa motivation et en débloquant les éventuelles situations problématiques », explique Mathieu Nebra. Ce mentor n’est pas un professeur. Il n’enseigne pas aux étudiants, mais les accompagne dans leur apprentissage, qu’ils doivent réaliser seuls avec les cours en ligne.

Au début de la formation, l’étudiant est rapidement « mis dans le bain » en démarrant directement par un premier projet concret. La formation se poursuit avec une série d’autres projets (entre 5 et 10), d’une complexité grandissante. Ce parcours va durer de 6 à plus de 12 mois. Après une première validation des compétences par le mentor, un jury examine l’ensemble des projets et délivre le diplôme. Une cinquantaine de diplômes sont ainsi proposés, avec un niveau allant de Bac +2 à Bac +5. Ils sont reconnus par l’État (validé au RNCP, le Répertoire national des certifications professionnelles).

Les cours exploitent principalement la vidéo, le texte ou les schémas, ainsi que des quiz « corrigées entre pairs », c’est-à-dire par d’autres étudiants, de manière anonyme et aléatoire.

Développement à l’international

Grâce à la levée de fonds réalisée en mai, OpenClassrooms entend continuer d’étoffer son catalogue, mais surtout s’ouvrir plus largement à l’international. Aujourd’hui, 60 % du trafic sur le site provient de la France et le reste est issu en grande majorité de pays francophones. Seul un nombre limité d’étudiants étrangers utilisent la plate-forme. Ils sont principalement basés au Royaume-Uni ou en Amérique du Nord (lire encadrés internationaux). Cela s’explique par le fait que moins d’une dizaine de formations sont aujourd’hui disponibles en anglais. « Notre ambition est de passer à 50 % de formations en anglais d’ici à 18 mois. Nous allons principalement cibler le Royaume-Unis et les États-Unis avec des formations localisées, c’est-à-dire correspondants à la demande métier de chaque région », précise Mathieu Nebra. Par exemple, OpenClassrooms envisage une formation autour du métier de « Product manager IT » à destination des États-Unis. « C’est une fonction internalisée aux États-Unis, alors qu’en France, ce type de tâche est confiée en général à des ESN », indique-t-on chez OpenClassrooms. Pour réaliser ces nouvelles formations, l’école débute une campagne de recrutements de formateurs internationaux. « Nous allons également déployer des équipes locales, pour la partie commerciale et l’encadrement », conclut Mathieu Nebra. Objectif : réaliser 50 % du chiffre d’affaires de l’école en dehors de la France d’ici moins de deux ans.


« Je cherchais un poste stable après plusieurs années dans la vente »
Michael, 37 ans, développeur front-end au Royaume-Uni

Suite à une première carrière dans le commerce, Michael a souhaité se reconvertir professionnellement en 2017 pour devenir développeur front-end. « Initialement, je n’étais pas un passionné d’informatique. Mais après plusieurs années de travail, passant d’un job à un autre, je cherchais un poste stable et intéressant, dans un domaine où je pourrais créer ma propre activité. » Il choisit alors une formation autour du développement Front-end proposée par OpenClassrooms. « Ce fut assez intensif, avec des projets nécessitant beaucoup de travail. Il faut bien savoir s’organiser ». Selon lui, les points forts de la formation sont le principe du mentorat et la qualité des projets proposés. « Bon nombre de choses que j’utilise maintenant dans mon travail quotidien faisaient partie de la formation. » Michael est aujourd’hui développeur indépendant au Royaume-Uni. « Le marché est en plein essor, il y a beaucoup d’opportunités en ce moment. »

 


« Le développement web va me permettre de développer mon activité »
Tania, 32 ans, photographe au Canada

Photographe professionnelle, pour des mariages et autres événements privés, Tania souhaitait ajouter une corde à son arc pour développer son activité sur le Net. En 2018, elle décide de suivre une formation de développeur front-end chez OpenClassrooms. « En ajoutant le développement web à mes compétences, je vais pouvoir étoffer mon offre autour du numérique. L’idée est de proposer un site web où mes clients pourront retrouver les photos, les partager avec leurs proches, etc. ». Tania est toujours en formation. Son parcours diplômant devrait se terminer d’ici à quelques mois. « Cela représente beaucoup de travail. Mais je suis une personne axée sur les défis et j’aime la pression qui accompagne la livraison des projets à temps. » Elle apprécie particulièrement le fait que la formation soit plus pratique que théorique, avec une série de projets concrets. « L’approche pédagogique progressive est également une bonne chose. Cela devient de plus en plus compliqué, mais l’on arrive globalement à suivre. »

Print
2069

x
Rechercher dans les dossiers
Actuellement à la Une...
Pour s'imposer comme le boss du Big Data, Cloudera et Hortonworks ont fusionné. En résulte une plateforme unifiée reprenant le meilleur de leurs solutions respectives, baptisée Cloudera Data Platform, une architecture globale déclinant ses services du Edge à l'IA.

Mardi, Google a dévoilé sa future plate-forme de jeux baptisée « Stadia » à l'occasion de l'événement dédié aux développeurs de jeux, la GDC19 à San Francisco. Présentée comme « l’avenir du jeu », elle permettra aux gamers de jouer instantanément, depuis n’importe où et sur l’écran de leur choix. Voici les grandes lignes de cette nouvelle arène du jeu.

Quel prix ? Quel catalogue ? Quelle disponibilité ? Emmanuel Freund co-fondateur de Shadow, pionnier français du cloud gaming, n'a pas tardé à réagir à l'annonce de Google.

Face au flot de données des milliards d’objets connectés, les experts s’accordent sur l’émergence d’une nouvelle classe d’infrastructures IT : L’Edge Computing. Article paru dans le dossier Tendances 2019 de L'Informaticien n°174.

Comme TF1, Altice veut diversifier ses sources de revenus pour rentabiliser ses chaînes TV. Iliad se veut rassurant mais traîne les pieds pour discuter du maintien de BFM-TV, BFM Business RMC Story et RMC Découverte dans le bouquet gratuit Freebox TV.

Sur Internet et dans les collectivités, questionnaires ouverts et contributions libres, format dématérialisé et papier, l’hétérogénéité des contributions promet un sacré casse-tête pour les prestataires en charge d’en réaliser d’ici à la fin avril la synthèse. D’autant qu’il faudrait déjà comprendre qui fait quoi. De l’intérieur comme de l’extérieur, il y a de quoi se perdre dans l’informatique du Grand Débat ! Article publié dans L'Informaticien n°175.

Apple a présenté aujourd’hui la nouvelle version de ses iPad Air et iPad Mini. Plus rapides, avec une qualité graphique accrue, les nouvelles tablettes d’Apple sont conçues pour devenir le bloc-notes à emporter partout pour enregistrer et partager la vie quotidienne des utilisateurs avec un plaisir inégalé à ce jour. Pari tenu ?

Huawei Technologies, le plus grand fournisseur de smartphones en Chine a déclaré avoir développé son propre système d’exploitation (OS) pour ses propres smartphones et ordinateurs dans l’éventualité où les OS actuels conçus par les géants technologiques américains (Google et Microsoft) seraient empêchés, par embargo, de les fournir à Huawei…

A la charge du Scandinave, la marque à la pomme répond en démontant point par point les accusations portées par Spotify à son encontre et en profite pour lui reprocher de vouloir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière.

Face aux craintes des actionnaires et des marchés, Dropbox tente de pousser les utilisateurs de son offre gratuite vers ses abonnements payants en limitant l’accès au service à trois appareils par compte.

Toutes les News

LIVRES BLANCS

Ce guide est conçu pour aider les entreprises à évaluer les solutions de sécurité des terminaux. Il peut être utilisé par les membres de l'équipe de réponse aux incidents et des opérations de sécurité travaillant avec des outils de sécurité des points finaux sur une base quotidienne. Il peut également être utilisé par les responsables informatiques, les professionnels de la sécurité, les responsables de la conformité et d’autres personnes pour évaluer leurs performances. les capacités de l’entreprise en matière de cybersécurité, identifier les lacunes dans la sécurité des terminaux et sélectionner les bons produits pour combler ces lacunes.


Au cours de l'année 2018, VansonBourne a mené une enquête pour le compte de Nutanix afin de connaître les intentions des entreprises en matière d'adoption de clouds privés, hybrides et publics.

 


Pour gérer le risque informationnel et permettre à l'entreprise d'aller de l'avant, vous avez besoin d'une stratégie solide et d'un plan d'ordre en marche. RSA a développé ce livre blanc comme aide sur ces deux besoins. Il vous guide pas à pas pour mettre en place un programme de gestion des risques, basé sur des principes GRC éprouvés.


Plus facile à déployer et plus économique, découvrez le meilleur de la virtualisation et du PC dans un poste de travail de nouvelle génération.


Plus l'entreprise se numérise, plus le risque d'interruption s'accroît. Plus les architectures informatiques se complexifient (services de clouds publics et plateformes hybrides, mondialisation, personnalisation des TI...), plus les reprises après sinistre deviennent difficiles et coûteuses. Face à de tels enjeux, il est essentiel de se demander si l'approche traditionnelle, basée sur les reprises après sinistre, est encore véritablement appropriée.

Ce livre blanc passe en revue toutes les composantes et propose une approche originale pour ne plus subir d'interruption de services.


Tous les Livres Blancs