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Guillaume Périssat / lundi 5 février 2018 / Thèmes: Dossier

Microsoft Surface Studio concurrente des stations de travail ?

Microsoft a-t-il provoqué des remous sur le marché des workstations en commercialisant sa Surface Studio ? Officiellement non. Pourtant le design du Canvas de Dell n’est d’ailleurs pas sans rappeler le deux-en-un PC-tablette graphique de Microsoft. Et le Totem afférent ressemble à s’y méprendre au Dial de la surface. On en viendrait presque à considérer la Surface Studio, pourtant positionnée sur le segment  grand public aussi bien que pro, comme une station de travail. Peut-être d’un nouveau genre.

Le petit cylindre en bas à droite est un Surface Dial : une molette que l’on tourne ou sur laquelle on clique pour accéder à un menu contextuel.

En octobre 2016, Microsoft dévoilait lors d’une keynote un tout nouveau produit baptisé Surface Studio, une machine dont certains observateurs disaient qu’elle incarnait le futur de la CAO. Quoique d’autres pointaient certaines faiblesses sur la partie graphiques. Quentin Hilbert, Surface Product Marketing Manager chez Microsoft, nous explique que la Surface Studio est « à la fois un PC de bureau et une tablette graphique ». « Le produit s’adresse principalement aux créatifs : artistes 2D et 3D, motion designers, designers industriel… tous ceux pour qui l’utilisation d’un stylet a du sens », ajoute-t-il.

La Surface Studio, c’est avant tout un écran tactile 4500 x 3000 pixels de 28 pouces inclinable à 20 degrés. À ses côtés, le boîtier faisant office d’unité centrale embarque les composants nécessaires à son bon fonctionnement.

Microsoft propose trois configurations. Pour 3 549 euros, la version d’entrée de gamme comprend 1 To de stockage, un Core i5, 8 Go de RAM et un GPU Nvidia GeForce GTX 965M. Un cran au dessus, on trouve toujours un disque dur de 1 To mais 16 Go de RAM, un Core i7 et une Nvidia GeForce GTX 980M pour 4 149 euros. La version la plus haut de gamme embarque un Core i7, 32 Go de RAM, 2 To de stockage et une Nvidia GeForce GTX 980M et coûte 4 999 euros.

Un outil pour créatifs

Surtout, l’appareil est livré avec deux accessoires : le désormais classique Surface Pen, un stylet, et le Surface Dial. Cette molette donne, une fois posée sur l’écran tactile, accès à un menu circulaire adapté à l’application utilisée permettant certaines fonctionnalités ou réglages – l’accès au nuancier de couleurs sur un logiciel de retouche d’images par exemple. À sa sortie, le Dial était ainsi compatible avec Sketchpad, Paint ou encore Powerpoint. Depuis, l’éventail des logiciels s’est élargi. « De plus en plus d’éditeurs intègrent des fonctions tactiles dans leurs logiciels », insiste Quentin Hilbert, « Le Surface Dial permet de nouveaux usages. » La Surface Studio se veut donc « outil numérique complètement intégré au monde de la création ». Mais tient-elle le coup face aux logiciels les plus exigeants ? Qu’il s’agisse des suites Adobe ou Autodesk ou encore de Solidwork, « ça tourne » selon le responsable marketing. « Les éditeurs ouvrent le champ de leurs applications. De plus en plus, les créatifs travaillent sur des configurations dites grand public, de gamers, avec suffisamment de performance. »

Évidemment, cela va dépendre de l’utilisation qui est faite de ces logiciels : il ne faut pas s’attendre à des miracles quant à la possibilité d’usages avancés d’un programme de modélisation industrielle en 3D. Microsoft assure accompagner ses clients, mettant l’accent sur la recherche de « nouvelles expériences de création ». « Les équipes recherchent de nouvelles interfaces, de nouveaux outils plutôt que de la puissance pure. Par exemple dans le cas d’une salle de rendu, les entreprises vont externaliser. Même une simple workstation ne suffira pas car les processus sont trop gourmands. Donc elles feront appel à des rendering farm, spécialisées. »

Nouveau marché

Mais peut-on réellement considérer la Surface Studio comme une station de travail d’un nouveau genre ? Personne parmi les quatre grands acteurs du marché ne se sent particulièrement menacé. Microsoft lui-même ne positionne pas vraiment cet appareil sur le segment des workstations, préférant parler d’une nouvelle catégorie de produits. Mais il ne faut pas oublier ce deuxième marché émergent, ces power users qui abandonnent le PC classique au profit de machines plus performantes. Dans sa configuration la plus haut de gamme, « la Surface Studio est susceptible de séduire ce nouveau public », concède Guillaume Lambert, chez HP France, « ce qui confirme notre décision de travailler sur de nouveaux formats de sorte à ne pas obliger l’utilisateur à faire le choix soit de la performance, soit de la mobilité, soit du design. » De même, chez Fujitsu, Georg Bogendörfer confirme considérer Microsoft comme un concurrent « puisqu’ils s’adressent à un marché que nous adressons également ». Pour autant, Quentin Hilbert préfère parler de complémentarité plutôt que d’opposition, considérant qu’un parc n’a pas forcément à être homogène et peut aussi bien compter des workstations dédiées à la performance pure et des machines plus « design » telles que la Surface Studio.

Si la gamme GeForce évoque surtout le marché grand public, la Nvidia GTX 980M n’a rien à envier aux GPU Maxwell d’entrée de gamme équipant certaines stations de travail.

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