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AMAZON : Le plus grand bazar du monde… et plus si affinités !

par La rédaction - Dossier publié par le magazine L'Informaticien le 01/12/2012

Jeffrey Preston, dit « Jeff » Bezos, 48 ans, est aujourd’hui à la tête d’une fortune estimée à 23 milliards de dollars selon Forbes, ce qui fait de lui la 26e fortune mondiale. Retour sur l’histoire d’une entreprise qui s’est retrouvée en Bourse deux ans seulement après sa création, a ensuite perdu 3 milliards de dollars et cumulait 2 milliards de dettes avant de retourner la situation et se positionner comme l’un des acteurs incontournables de l’Internet et des technologies de l’information.

La réussite ou l’échec tient à une foule de choses, notamment le talent, la persévérance, la chance et aussi la capacité à ne pas toujours s’entêter. Jeff Bezos déclarait d’ailleurs : « Le problème, quand on invente, c’est que cela oblige à être à la fois têtu et flexible, plus ou moins simultanément. Bien sûr, le plus dur est de savoir quand on doit être quoi. » Aussi, dans cet ordre d’idée, il nous paraît évident qu’Amazon n’aurait pas rencontré un aussi grand succès si l’entreprise avait conservé son nom original, trouvaille du fondateur, à savoir Cadabra. Amateur de magie, le patron voulait ainsi reprendre la formule magique « Abracadabra », mais son raccourci rappelait furieusement « cadavre », du moins en anglais.

Après six mois d’efforts des collaborateurs, Bezos accepta finalement Amazon qui, outre le fait de commencer par la lettre A et se trouver ainsi en tête des annuaires, correspondait mieux à l’idée générale du plus grand site d’e-commerce du monde, en référence au plus grand fleuve de la Planète. Bezos souhaita cependant que l’entreprise soit présentée comme « amazon.com » et pas seulement Amazon, ce qui eut une importance déterminante, nous y reviendrons.

Premier contre-pied

Dans les années 90, comme d’ailleurs aujourd’hui, la plupart des entrepreneurs de l’Internet ne juraient que par la région de San Francisco. Aussi, Jeff Bezos surprit son monde en décidant de s’installer à Seattle, ce qui fit hésiter plusieurs collaborateurs. Pourquoi cette ville de l’État de Washington, dont les deux entreprises les plus connues sont Boeing et Microsoft ? La présence du numéro °1 mondial du logiciel est une première raison. En effet, l’entreprise de Redmond, et l’écosystème qu’elle a développé autour d’elle, signifie que la région regorge de talents dans le domaine de l’informatique et de la programmation, même si ce n’est pas autant que dans la Silicon Valley. La seconde raison est la proximité d’un très vaste entrepôt de stockage des livres, ce qui était le cas pour Ingram Book dans l’Oregon voisin. Parallèlement, Seattle est un noeud aérien important et il est donc facile d’expédier les colis. Enfin, l’État de Washington n’est pas très peuplé. Ceci est un critère majeur, dans la mesure où la loi américaine fait payer la TVA aux seuls habitants de l’État. Ainsi, tous les autres États américains achètent les livres vendus par Amazon hors taxes, ce qui donne à la librairie en ligne un avantage immédiat par rapport aux boutiques physiques locales à l’exception, nous l’avons vu, de l’État de Washington.

Jeff Bezos installa donc ses premiers locaux dans une maison de Bellevue, dans la banlieue de Seattle. Les deux premiers salariés furent Sheldon Kaphan et Paul Davis, un Britannique biologiste moléculaire et ingénieur en informatique. Rapidement, ils furent rejoints par la femme de Jeff qui prit en charge secrétariat et comptabilité, et ce, jusqu’en 1996.

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