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QUALCOMM : Le géant discret du chipset pour mobiles

par Emilien Ercolani - Dossier publié par le magazine L'Informaticien le 31/10/2012 Article Rating

Ses technologies sont intégrées dans de nombreux appareils et il est devenu numéro 1 sur bien des secteurs. Mais Qualcomm travaille toujours dans l’ombre de certains de ses concurrents plus médiatiques. Intelligent tout au long de son histoire, grâce à une savante anticipation, ce colosse qui n’a rien d’argile, entame une nouvelle phase de sa destinée, à bientôt 30 ans.


Aucune entreprise qui approche de la trentaine n’existe encore par pur hasard. C’est une évidence, et si certaines réussissent grâce à une renommée, à un marketing bien organisé, d’autres se font plus discrètes mais tout aussi efficaces. Qualcomm est de celles-là.

Connue pour ses SoC (System on a Chip) Snapdragon, ses modems intégrés ou même ses chipsets Atheros, Qualcomm est pourtant née d’une volonté tout autre. L’entreprise a vu le jour en 1985 en Californie du Sud, à La Jolla près de San Diego, sous l’impulsion de sept ingénieurs – quatre d’entre eux sont encore actifs, notamment en tant que conseillers –, parmi lesquels un certain Irwin M. Jacobs, dont le fils, Paul, est actuellement le PDG de l’entreprise. L’idée de départ était de proposer une plate-forme de communication pour les transports en camion. Une sorte de premier réseau M2M qui permettait alors aux chauffeurs d’être en connexion avec leur « base arrière », afin d’optimiser les déplacements. Le système, était baptisé OmniTRACS et fonctionnait sur une base satellitaire. Il est encore utilisé aujourd’hui, remis au goût des technologies du jour.

À l’époque, les télécommunications sont mauvaises. La technologie utilisée, l’AMPS (Advanced Mobile Phone System), qu’on pourrait appeler la « 1G », souffre de mille lacunes. Comme la FM, le signal se brouille souvent selon les zones ; les communications téléphoniques sont de piètre qualité, elles « sautent » lorsqu’on passe d’une cellule à l’autre. Rapidement, les ingénieurs de Qualcomm s’orientent vers une technologie de modulation plus évoluée, qui sera standardisée plus tard sous le nom de CDMA (Code Division Multiple Access), qui ouvre la voie à la « 2G ». Le nom de Qualcomm, pour « Quality Communications », prend alors tout son sens. En réalité, les ingénieurs de la start-up ont repris une technique utilisée pour les satellites, en la transposant pour les communications terrestres. Nous sommes en 1989 lorsque la première démonstration publique a lieu. Elle soulève beaucoup d’intérêt. Mais pour l’entreprise et ses sept pères fondateurs, la seule technologie ne suffit pas : il faut des stations de base, des terminaux mobiles, être capable de faire le « handover » (transfert) entre stations, etc. Qualcomm entre donc en phase « d’incubation » pendant plusieurs années, jusqu’en décembre 1991, où elle décide d’entrer en Bourse afin de lever des fonds supplémentaires. Opération réussie, et pari gagné puisque tout va s’accélérer à partir de cette date : l’écosystème se crée lentement, le CDMA est standardisé en juillet 1993 par la Telecommunication Industry Association, et en mars de la même année, le premier mobile multimode (compatible CDMA et AMPS) voit le jour. C’est le début de l’épopée, de la ruée vers les smartphones… L’histoire aurait été magnifique si, parallèlement, un certain AT&T n’était pas venu jouer les trouble-fêtes en proposant une technologie concurrente, appelée TDMA (Time Division Multiple Access). Mais finalement, malgré quelques soucis au démarrage, la technologie CDMA de Qualcomm l’emportera sur celle d’AT&T, qui finira – presque – aux oubliettes des telcos. Parallèlement, en Europe, c’est la technologie GSM qui se démocratise.

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