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IBM : Le creuset de l’informatique

par Bertrand Garé - Dossier publié par le magazine L'Informaticien le 01/04/2008 Article Rating

Dans son parcours plus que centenaire, IBM a le plus souvent été le creuset d’innovations qui ont révolutionné l’informatique et nos manières de travailler. Tout en étant sûr de sa force, IBM n’a jamais cessé d’évoluer pour être encore aujourd’hui le plus grand industriel du secteur.

Si les origines datent de la fin du XIXe siècle, les véritables débuts d’IBM remontent à 1911. Dès 1914 se crée la filiale française. Elle ne prendra le nom d’International Business Machine qu’en 1924. Jusque-là, l’entreprise s’est bornée à fournir de multiples matériels comme des pointeuses ou des machines comptables (tabulateurs, machine à écrire…). Il est vrai que les ordinateurs ne sont alors que dans les têtes de quelques visionnaires ! D’ailleurs, IBM n’est pas immédiatement sur ce terrain et, dans les années 30, regarde un peu de haut les premières expériences des laboratoires Bell ou de Hewlett et Packard. Car déjà l’entreprise est devenue un symbole en créant, en 1924, la première carte perforée, qui sera rapidement appelée la « carte IBM ». Les dirigeants de l’entreprise vont même jusqu’à déclarer en 1941 qu’il n’y a pas d’avenir pour l’informatique. Ce qui démontre la capacité d’adaptation de l’entreprise : une véritable marque de la culture d’IBM. D’ailleurs IBM ne s’en plaint pas et emploie 11 000 salariés en 1939.
Ce n’est qu’après la Deuxième Guerre mondiale que la firme entre dans l’histoire, en s’installant sur un marché, dont elle a compris tardivement les possibilités, en créant le Mark 1, en 1944, un ordinateur pour calculs complexes !

Les différents logos de l’histoire d’IBM, ou d’ITR à IBM

   

   

L’âge d’or

De la fin des années 40 à quasiment la fin du siècle, IBM a connu un véritable âge d’or en participant à la plupart des grandes aventures de l’informatique, le plus souvent en introduisant d’incroyables nouveautés technologiques. Certaines sont même devenues indissociables du nom d’IBM, comme le mainframe, l’AS/400, le Fortran, le PC. En ce qui concerne ce dernier, la plupart des machines actuelles respectent encore les spécifications élaborées à l’époque par IBM.

Cette période propulsera IBM vers un statut de compagnie multinationale. Si les concurrents passent, et souvent trépassent, IBM poursuit son chemin.

Il y a peu du Capitole à la roche Tarpéienne. Le début des années 90 se révèle catastrophique. J’ai encore le souvenir d’une interview d’Éric Auvray, aujourd’hui patron des services d’IBM France, à la fin des années 90, où il expliquait avec une véritable émotion comment l’entreprise était au bord du précipice avec du mal à payer les fins de mois, telle la première PME venue !


La réinvention d’IBM

Engluée dans les difficultés, l’entreprise n’a que le choix de changer son modèle. L’emploi à vie chez IBM a vécu, mais cela n’empêche pas une véritable fidélité des salariés à l’entreprise, voire une immense fierté d’appartenir à ce mastodonte. Il suffit de voir comment IBM est mis en exergue dans la carrière des « ex-IBMers » !


La révolution passe par l’arrivée à la tête de l’entreprise de Lou Gerstner, considéré comme le patron de la dernière chance. Après les coupes claires d’usage, il arrive à insuffler un nouvel élan au géant, en lui faisant prendre le virage vers la fourniture de services et en remusclant le catalogue du constructeur avec de solides acquisitions dans le secteur logiciel. Lotus, Tivoli, Rational et bien d’autres vont rejoindre le giron d’Armonk (siège social d’IBM, près de New-York) pour redevenir le numéro un de l’infrastructure informatique d’entreprise.


De cette crise, IBM a beaucoup appris, en particulier de ne pas se reposer sur ses lauriers. L’entreprise est ainsi passée du « Think », de Thomas Watson, patron emblématique d’IBM à ses débuts, à une culture d’amélioration en continu. Le mouvement perpétuel en sorte ! 

Surnom Big Blue

Le surnom d’IBM a une origine mystérieuse et il existe de multiples versions pour expliquer « Big Blue ». La plus répandue est que ce surnom vient du costume bleu foncé qui a été longtemps « l’uniforme » obligatoire des salariés d’IBM. Une autre version, moins sympathique, affirme que ce surnom vient de Big Brother, et que Big Blue n’est que le reflet de la place incontournable prise par l’entreprise dans l’informatique. Toujours est-il que Big Blue est resté alors que ce surnom était accolé au premier PC d’IBM, le 5150 !

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