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PALM : Un pionnier des assistants personnels, en reconstruction

par - Dossier publié par le magazine L'Informaticien le 01/05/2008

Palm est aujourd’hui une marque connue et reconnue. Nul besoin d’étude de notoriété pour le prouver : ceux qui ont vécu l’informatique du milieu des années 90 ne peuvent pas l’avoir oublié. Il fallait avoir quelque chose de visionnaire, il y a plus de 12 ans, pour savoir que les assistants personnels, PDA, smartphones allaient devenir des objets de tous les jours. Palm l’avait compris bien avant l’heure.

C’est lui l’instigateur des objets qui nous accompagnent aujourd’hui, communément appelés mobile, smartphones, PDA et même tout simplement Palm pour désigner un quelconque portable ! Un peu comme pour « Frigidaire », le nom de la société américaine est souvent associé à toute une gamme de téléphones. Même les plus jeunes utilisateurs connaissent Palm, et son fidèle OS qui a, en partie, fait sa renommée. 

Palm : des fusions/acquisitions chaotiques !

L’histoire de la société a été parsemée d’acquisitions, fusions, création de filiales et autres scissions qui en font une entreprise au passé plus que chaotique ! Dans les faits, Jeff Hawkins et Donna Dunbinsky créent Palm Computing en 1992, développent les premiers produits qui ne pourront pas sortir à cause du manque de technologies de l’époque. Les années passent et Palm Computing est racheté par US Robotics pour 44 milliards de dollars. En 1997, 3Com rachète US Robotics, et décide de conserver l’activité de Palm Computing en tant que filiale du groupe. Jeff Hawkins et Donna Dunbinsky décident de quitter la société en 1998, suite à des désaccords, et fondent, avec Ed Colligan, ancien directeur marketing de Palm, la société HandSpring. Palm, quant à lui, se divise en deux entités en 2003 : PalmOne, pour la construction des PDA, et PalmSource, qui s’occupe de développer le système d’exploitation, et qui est racheté en 2005 par la société Access.

Une montée en puissance 

Mais avant d’arriver à ce point de reconnaissance, Palm a dû batailler, s’imposer et surtout – base de son succès –, innover. Car c’est bien là que tout a commencé : qu’est-ce qui tiendrait dans ma poche, qui pourrait embarquer toutes mes données, qui me permettrait de réunir tout mon carnet d’adresses, prendre des notes, gérer mes rendez-vous… Une sorte de tout en un – ce n’est pas un shampooing ! –, que l’on appellerait assistant personnel, et dont je pourrais me servir en le tenant dans la main ? J’ai trouvé, on l’appelle Palm puisqu’il tient justement dans la « paume » (traduction de l’anglais palm). Voilà le cheminement qu’a parcouru Jeff Hawkins, notamment à l’origine de Palm Computing, créé en 1992, et son associée Donna Dunbinsky, en pensant au premier concept baptisé « Touchdown ». L’ordinateur de poche fait son bonhomme de chemin et le premier modèle est commercialisé en mars 1996.


À partir de là, tout était réuni. Jeff Hawkins avait décrit les grandes lignes et sorti de son imagination les premiers modèles. Tout est combiné, les choses tournent vite à la réussite, et le Touchdown, rebaptisé Pilot1000, puis PalmPilot, suite à une plainte d’une entreprise française, connaît un joli succès avec 350 000 exemplaires vendus à la fin 1996, et plus d’un million après 18 mois. La machine est lancée. Faisant un véritable tabac à l’époque, Palm s’appuiera donc sur ces succès pour continuer sur sa lancée. Son créneau : numériser toutes les informations clés pour un besoin ponctuel ou fréquent. Ni plus ni moins. Les ambitions de l’Américain étaient dès lors déjà clairement affichées. 


Alors que les années passent, les nouveautés s’enchaînent et la communauté de développeurs s’élargit chaque mois pour Palm OS (2 000 en mars 1997, 65 000 en avril 2000, 100 000 en septembre 2000, 140 000 en janvier 2001…) et permet de proposer de nombreux sharewares et freewares. 


Jusqu’en 2002, tout va bien pour Palm, le succès ne le quitte pas un seul instant, et il en vient même à devenir le numéro 1 incontesté du secteur. Début 1999, la société détient 73 % de part du marché américain, 68 % du marché mondial. L’année 2000 marque également la cotation de Palm au Nasdaq. 


"La philosophie et l’envie qui ont motivé les fondateurs de Palm ne les ont jamais quittés. Aujourd’hui encore, les enjeux sont les mêmes : innover et faciliter la vie de tous les jours avec des machines complètes, intuitives… En somme, répondre à une attente en constante évolution du fait des technologies associées."

Changement d’horizon

Palm est un leader, c’est un Palm OS. Particularité de ce dernier : il sera décliné en deux versions, l’une avec clavier, l’autre avec Graffiti (voir encadré) pour l’écriture au stylet. Et marquera le début de la « success story » Treo…  Et Palm débarque ainsi sur le marché des smartphones. Peu de temps après, la saga continue, avec le Treo 270, premier modèle de la gamme à disposer d’un écran en couleur ! Celui-ci sera suivi de près par son grand frère, le Treo 300, notamment conçu pour tirer parti au maximum du réseau de l’opérateur américain Sprint. 


Plus tard, Palm se différencie et cherche nettement à créer une rupture avec les précédents modèles. Voici donc qu’on nous présente le Treo 600, véritable amélioration par rapport à ses petits frères, dû notamment à son « form factor », ou son ergonomie, résolument novatrice. Le concept Palm n’a jusqu’alors jamais été aussi bien représenté. Sorti à la fin 2003, celui-ci profite d’une prise en main excellente, que le constructeur conservera, jusqu’à aujourd’hui encore. 


Ses grands successeurs s’appelleront Treo 650 et Treo 700, évolutions du Treo 600. Jusqu’au Treo 750, qui lui aussi, rompt avec le style, les fonctionnalités et notamment l’OS (voir encadré). 



2007 : Palm sent le vent souffler dans son sens et présente alors son nouveau concept baptisé Centro. Voulant aborder un nouveau public, Palm se réinvente pour convaincre des utilisateurs encore frileux, loin de toutes ces technologies mobiles. Un public qui cherche un téléphone complet, simple et intuitif. Ce qu’il a quasi-parfaitement réalisé avec ce terminal qui se vend comme des petits pains actuellement, aux États-Unis comme en France. 


La culture  de la différenciation

Palm a montré qu’il savait se réinventer et faire face à une concurrence toujours plus dense. Depuis sa création, l’entreprise n’a pas changé de direction : différenciation et innovation. 
Depuis son arrivée chez Palm, Pascal Lagadec, directeur des ventes pour toute la région EMEA, conserve cette philosophie qu’ont insufflé les créateurs à l’entreprise : savoir créer l’original, se démarquer de la concurrence, tout en restant novateur. « Nous avons conservé cette volonté de simplifier les choses pour l’utilisateur. Nous avions identifié il y a longtemps les besoins en situation de mobilité, avec un véritable engouement pour toute la richesse que procure Internet de nos jours. Notre légitimité est sur l’utilisation beaucoup plus fréquente de ces sphères mobiles », nous explique-t-il. 

Palm a connu quelques passages à vide à certaines périodes, en grande partie à cause de la déferlante des produits des différents concurrents, la société est aujourd’hui obligée de se recentrer. Et donc de rester dans son optique d’originalité qu’elle conserve depuis 1996. « Notre stratégie est toujours d’essayer de nous différencier, tant au niveau de notre plate-forme qu’au niveau de l’ergonomie des terminaux », confie Pascal Lagadec. 




Objectif : nouveau public

Cette stratégie de différenciation s’exprime plus que clairement à travers le dernier-né de chez Palm : le Centro. Rien à voir, ou presque, avec ses petits frères. Centro est un mobile qui ne s’adresse pas au même public. 

Précision

Dans la précipitation du bouclage de notre dernière Saga, nous avons écorché le prénom du PDG France d’IBM. Il fallait lire Daniel et non Dominique. De plus une erreur de note nous a fait largement écourter l’ancienneté de Daniel Chaffray chez IBM qui s’élève à 17 ans.
Avec nos plus sincères excuses… 

La stratégie OS de Palm : la fonction Graffiti

Vous l’aurez compris, Palm a non seulement bâti sa réputation sur l’innovation dans ses mobiles, mais également avec son système d’exploitation associé : Palm OS. Longtemps, le constructeur a cherché à proposer quelque chose de simple avec cet avant-goût d’intuitivité et de simplicité que recherchent la plupart des consommateurs. L’OS équipera les assistants personnels et autres smartphones Treo jusqu’à l’année 2006, date de sortie du Treo 750v, sorti en partenariat unique avec l’opérateur Vodafone (SFR), équipé de Windows Mobile dans sa version 5.0. Cette stratégie a été élaborée uniquement dans le but d’attirer de nouveaux consommateurs sur Palm, mais déjà habitué à l’environnement de Microsoft sur portable. 



Mais si Palm a aussi bien réussi, c’est grâce à ses innovations, et notamment la fonction Graffiti : un logiciel de reconnaissance d’écriture, novateur à l’époque, qui interprétait les lettres écrites en majuscules dans la zone de saisie avec un stylet. Les utilisateurs devaient alors apprendre à se servir du logiciel, qui reconnaissait les lettres d’une manière… significative ! 


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