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EMC : Du mini au Péta, l’histoire d’une réussite !

par Bertrand Garé - Dossier publié par le magazine L'Informaticien le 01/03/2009 Article Rating

EMC est certainement l’une des plus grandes réussites de l’industrie informatique. Pourtant l’entreprise reste souvent méconnue sous bien des aspects. Retour sur une envolée magistrale s’appuyant sur une culture spécifique forte.

En 1979, l’entreprise de Dick Egan et Roger Marino, les E et M d’EMC, à Newton dans le Massachussetts ne paie pas de mine. Elle revend des meubles de bureau et des produits électroniques. Rapidement, elle se convertit à la fourniture de mise à niveau des mémoires pour les mini-ordinateurs qui ont fait leur apparition peu de temps avant. Dès l’année suivante, l’entreprise se lance dans la commercialisation de sous-systèmes de stockage pour les minis et mainframes. Cette conversion provient de Dick Egan qui insuffle dans l’entreprise une culture du client. Il explique : « Les avis de nos clients nous conduit. Leurs problèmes sont notre inspiration. »
Pour répondre à ces problèmes, il engage les plus brillants dans le domaine, tout en associant des débutants avec des talents confirmés. Perçant rapidement l’entreprise n’étale cependant pas et reste très « frugal ». En 1981, il lance son premier produit maison, une mémoire 64 kilobit pour les minis de Prime Computers, un fabricant de minis disparus en 1992.
Pendant des années, EMC croît à un rythme régulier, et comme toute entreprise qui connaît quelques difficultés et qui doit maintenir sa croissance, il entre en Bourse en 1986 pour trouver de l’argent frais. Coté au NASDAQ, l’opération lui apporte 33 millions de dollars de réserve.
Deux ans plus tard, EMC entre par la grande porte sur le NYSE (New York Stock Exchange) après huit ans de rentabilité ! C’est aussi à ce moment que l‘entreprise commence ses opérations internationales avec l’ouverture du centre de Cork en Irlande.

La création d’une industrie

La décennie 90 va être la période d’un véritable décollage pour EMC, qui le mènera vers les sommets. En 1990, l’entreprise commercialise le Symmetrix, premier système de stockage intelligent de données à base de grappes de petits disques et de mémoire cache, destiné au marché des mainframes. Le virage vers le stockage de données entrepris l’année précédente se confire par la suite, et la stratégie définie en 1989 continue de dominer encore aujourd’hui. Elle consiste à offrir un stockage indépendant des plateformes matériels et de s’engager vers les environnements ouverts qui s’annoncent. Le serveur Symmetrix va révolutionner, au sens propre du terme, le stockage dans les centres de données. Parallèlement, EMC continue d’étoffer sa gamme pour les minis.
1995 est une sorte de consécration. EMC devance pour la première fois IBM sur le stockage mainframe. En juin, le lancement de la gamme Symmetrix 3000 est le début de la grande aventure sur les systèmes ouverts avec l’annonce d’une plateforme pour les serveurs Unix. La plupart des éditeurs de bases de données s’allient à EMC. Dès 1997, il devient le premier acteur sur les environnements ouverts (Unix, Microsoft), et les revenus provenant de ce marché dépassent pour la première fois ceux des mainframes. En véritable pionnier, EMC est le premier à se lancer dans les approches NAS et SAN à partir de 1996.

Les années du logiciel

Le progrès technique engendre une baisse  tendancielle du prix du matériel et du support de stockage, en particulier les disques. EMC a très vite anticipé cette tendance. La véritable intelligence du stockage se trouve dans le logiciel. SRDF a été le premier pas et EMC se lance dès 1998 dans le secteur. Le chiffre d’affaires de la branche logicielle se monte alors à 445 millions de dollars. La même année, EMC ouvre une usine à Franklin.1999 est aussi à marquer d’une pierre blanche. Data General et Clariion rejoignent EMC. Avec ces acquisitions, EMC s’ouvre à un marché plus large encore et se positionne vers le segment du midmarket. Joe Tucci succède à Michael Ruettgers qui remodèle EMC pour en faire la multinationale actuelle et qui approfondit la stratégie d’EMC vers le stockage ouvert et en réseau, en le complétant par des acquisitions qui vont déterminer la stratégie logicielle. Sous sa houlette, l’entreprise fera plus que doubler son chiffre d’affaires.

Le début du nouveau millénaire est marqué par la signature d’un contrat important, et qui fera date, avec Dell. Les deux géants s’allient sur la conception et le design d’offres de serveurs de stockage, en particulier sur la gamme Clariion. Le succès ne se dément pas avec près de 60 000 serveurs déployés à ce jour. Ce partenariat a été prorogé jusqu’en 2013 très récemment. Grâce à cela, EMC s’ouvre encore plus le chemin du marché vers les PME, tout en s ‘appuyant sur le modèle de distribution de Dell.

Une cascade d’acquisitions

Legato, Documentum, VMware, RSA, Dantz, Captiva, RSA, Avamar, Mozy, Iomega… La liste n’est pas exhaustive. Les années 2000 ont été une moisson exceptionnelle de technologies et d’acquisitions pour EMC. Elles couvrent tous les aspects de sa stratégie de proposition d’une offre globale autour de la sécurité et du cycle de vie de l’information dans l’entreprise, quelle que soit la taille de cette dernière. Ces différentes acquisitions ont changé le profil d’EMC. La structure de revenu en est la première preuve, avec désormais une part quasi-égale entre le matériel et le logiciel. Les services restent encore un peu à la traîne mais sont un investissement récent de l’entreprise. Ils sont avec le logiciel les principaux axes de croissance.
Avec Mozy, EMC décline cette proposition sur le mode du service en ligne. L’avenir d’EMC sera-t-il en ligne ou dans le nuage Internet ?
Cette page de l’histoire d’EMC est encore à écrire !

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