X

MANDRIVA : La meilleure des Red Hat !

par Bertrand Garé - Dossier publié par le magazine L'Informaticien le 01/04/2009 Article Rating

Fork de Red Hat, Mandrake puis Mandriva a été (est ?) emblématique de la montée en puissance de l’open source en France. En ce sens, cette entreprise a une place un peu à part. Retour sur une histoire tumultueuse. Il était une fois…

 L’improbable connaît parfois des concrétisations étonnantes. La création de Mandrake, qui deviendra Mandriva, en est un exemple. En novembre 1997, l’un des futurs fondateurs, Gaël Duval, décide de créer une distribution de Linux plus conviviale en y intégrant une nouvelle interface tout juste sortie des limbes, l’environnement KDE. En s’appuyant sur les briques déjà existantes, en l’occurrence la version 5.1 de la distribution Red Hat, le travail avance vite. Dès juillet 1998, une version est prête qui tient sur un CD-ROM. Gaël Duval souhaitait cependant trouver des moyens de distribuer sa version sur des sites accueillants pour le proposer au monde entier. D’abord en téléchargement sur le site FTP de l’université de Strasbourg, puis annoncée sur le site Slashdot.org, le succès est rapide et certaines entreprises se mettent à revendre le produit repackagé, principalement aux USA.

Le deuxième acte s’ouvre. En contact sur des forums et des listes de diffusion du Net balbutiant, Gaël Duval, Frédéric Bastok, ingénieur dans le BTP, et Jacques Le Marois, consultant chez Andersen Consulting, décident de fonder une entreprise pour développer la commercialisation de ce produit. Particularité, les trois hommes ne se sont toujours pas rencontrés physiquement. Mandrake est certainement une des premières entreprises « full Web », même dans la rencontre de ses fondateurs ! Le premier salarié est embauché en décembre 1998.

Des débuts difficiles

Les premiers employés sont dédiés au support des clients et rapidement les fondateurs envisagent l’internationalisation de leur logiciel. Une version anglaise est mise en œuvre. Le succès est au rendez-vous avec le décollage du produit aux USA grâce à la distribution par McMillan et par Kasper.
Cela attise aussi les jalousies. Bob Young, le patron de Red Hat, proclame en mai 1999 : « Mandrake n’existera bientôt plus ! » Visionnaire ? Partiellement, l’entreprise ne disparaîtra pas, seul son nom changera.
En juillet de la même année, l’entreprise réussit une première levée de fonds auprès d’AXA. A la fin de l’année, elle compte 30 salariés.

Le virage des années 2000

Dès l’année suivante de nouveaux investisseurs entrent dans le capital et visent un développement rapide de l’entreprise. Avec les 120 millions de francs levés, l’entreprise se développe à marche forcée et compte 120 salariés de plus de 20 nationalités différentes. Le management est mis dans les mains de « professionnels » venant des États-Unis par les investisseurs. Ils semblent surtout des spécialistes du « Burning Rate » ! L’année suivante Mandrake entre en bourse sur le marché Euronext mais les difficultés commencent à poindre. Les Américains sont remerciés, et l’entreprise entame un retour aux sources avec la reprise en main par les fondateurs. Les produits Mandrake Expert et Mandrake Club font leur apparition. Cependant l’éclatement de la bulle et les difficultés de Linux à s’imposer ne favorisent pas la bonne santé de l’entreprise. Mise en règlement judiciaire, Mandrake poursuit son activité avec la contrainte d’une période d’observation.

En 2004, elle trouve de nouveaux investisseurs et sort du plan d’observation pour revenir à une exploitation « normale ». L’entreprise en profite pour acheter Edge IT, une SSII spécialisée dans le support. Une version Corporate Server vient renforcer la ligne produit, et la société entre dans un consortium autour du ministère la Défense français afin de fournir une version de Linux durci pour les environnements militaires s’appuyant sur la sécurisation EAL 5.

Mandrake devient Mandriva

En 2005, Mandrake acquiert Conectiva, le distributeur d’une distribution Linux au Brésil. La société change son nom pour devenir Mandriva ; au passage, ce changement de nom règle un litige avec Hearst publications et King Features Syndicate, propriétaire de la marque Mandrake le magicien.

L’année suivante voit la création de Mandriva One et de la signature d’un partenariat important avec HP sur l’Amérique latine. Mandriva devient ainsi le partenaire privilégié du constructeur sur la région. Quelques semaines plus tard, Mandriva Flash apparaît et devient la première distribution Linux portable sur USB. 2007 voit une nouvelle levée de fonds de 3 millions d’euros et l’acquisition de Linbox. Cependant la position de l’entreprise reste fragile et la situation se détériore jusqu’à une reprise en main fin 2008. Le reste de l’histoire de Mandriva reste encore à écrire. 

14,88 milliards de dollars, c’est le CA annuel record (2008), en hausse de 12 % par rapport à 2007. EMC est présent dans 80 pays, et emploie plus de 33 000 employés dans le monde. 1.7 milliard dollars d’investissement en R&D représente en 2007 à 1,7 milliards de dollars.

 

 

Page 1 de 3 Page suivante

Noter ce dossier (de 1 = Nul à 5 = Excellent) Valider


Autres dossiers Logiciel