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VMWARE : Une réussite loin d’être virtuelle

par La rédaction - Dossier publié par le magazine L'Informaticien le 01/12/2010 Article Rating
Le campus de VMware à Palo AltoLe campus de VMware à Palo Alto

Parmi les grands noms qui ont bâti l’informatique d’aujourd’hui, il est difficile de ne pas mettre en avant VMware. Même si cette entreprise est toute jeune, comparativement aux autres géants de l’informatique, elle a cependant déjà révolutionné à sa manière le secteur IT !


L’histoire de VMware commence il y a bien longtemps sur le campus de Berkeley ou se lient d’amitié des étudiants du nom de Diane Green, Mendel Rosenblum, Edward Wang. Elle se poursuit à Stanford. Les rejoignent Edouard Bugnion et Scott Devine (ce dernier figure toujours dans les effectifs de VMware).
Si Diane Green a travaillé dans plusieurs entreprises du secteur de l’informatique (Tandem, SGI, Sybase, VXtreme), ses proches sont plutôt des chercheurs. Ils interviennent d’ailleurs sur différents programmes qui n’ont qu’un lointain rapport avec ce qui fera le succès de VMware, la virtualisation.

Le berceau de Stanford

Tout débute dans une équipe de recherche à l’Université de Stanford. Mendel Rosenblum et ses coéquipiers travaillent en fait sur Simos, le simulateur d’un système d’exploitation, et sur une sonde pour comprendre ce qui se passe sur les environnements x86. Pourquoi ces recherches ? La virtualisation est une technologie ancienne qui a son origine dans les environnements mainframe. À la fi n des années 80, la technologie de virtualisation est de moins en moins utilisée. Les architectures client/serveur et x86 ont pris la main. Cependant, ce dernier environnement connaît de nombreuses limites. Les recherches de l’équipe de Rosenblum se focalisent sur les moyens de contourner les difficultés de ces environnements. Cette sonde analysait les appels processeurs, mémoires et les entrées/sorties. L’utilisation de la virtualisation sur l’environnement était bloquée par des instructions des processeurs (17 au total) qui créaient des incidents et empêchaient tout simplement de virtualiser.
Le principal apport de la recherche menée a été de trouver un moyen de traduire ces instructions en des commandes exécutables pour permettre d’utiliser la virtualisation comme dans un mainframe. VMware était né ! L’importance du projet n’empêchait pas l’autodérision puisqu’il se nommait « DISCO ». Rappelons qu’à la fin des années 90, la vague de la musique disco était retombée et était plutôt assimilée à la ringardise, tout comme la virtualisation ou les mainframes !

Les autres acquisitions de VMware

 • Akimbi
• Determina
• Dunes
• Propero
• Sciant
• B-Hive
• Blue Lane
• Foedus
• Kapsean
• Thinstall
• Trango Virtual Processor
• SpringSource
• Zimbra
• Integrien
• Tricypher


Les premières années

 En 1998, Diane Green, son compagnon Mendel Rosenblum, Edouard Wang, Edouard Bugnion et Scott Devine s’unissent et fondent VMware. L’entreprise travaille en mode discret pendant quelques mois. Les rapports entre les fondateurs sont parfois un peu vifs et feront dire à Edouard Bugnion : « Nous n’étions jamais d’accord avec Diane Green, mais nous constations au bout de six mois, elle avait raison ! »
Avec son parcours dans de nombreuses sociétés, Diane Green a conduit l’entreprise avec fermeté. Mendel Rosenblum était le véritable gourou technique avec des keynotes qui laissaient parfois pantois les observateurs devant le niveau de ses interventions. Cette culture du débat, alliée à une capacité d’innovation exceptionnelle, a profondément marqué l’entreprise et fait partie intégrante de sa culture. Lors du DemoFall de 1999, l’entreprise se dévoile au marché et présente son premier produit, VMware Workstation 1.0 pour Linux et Windows. Cette sortie intéresse les acteurs de l’industrie mais n’apporte pas immédiatement la fortune aux fondateurs de l’entreprise. Si cette dernière n’est pas établie dans un garage, les bureaux, situés non loin de l’université de Standford, sont un peu miteux.
La situation n’est pas exceptionnellement brillante, mais de gros acteurs croient beaucoup dans le projet. Compaq, IBM, Dell aident la jeune entreprise sous différentes formes : prêt de machines, de ressources... Intel se raccroche ensuite aux wagons. En 2001, les trois premiers précités et HP rejoignent le programme partenaires de VMware. La même année voit la sortie du produit aujourd’hui phare de l’éditeur, ESX, et de son pendant, GSX. La reconnaissance est d’ailleurs là avec la création d’un partenariat avec la NSA américaine pour explorer les voies vers une informatique avancée.
La montée en puissance s’amorce et l’entreprise rencontre plus qu’un succès d’estime. Sa notoriété s’étend. Dès l’année suivante, elle compte plus de un million d’utilisateurs enregistrés.
2003 est un tournant pour VMware, avec l’extension du portefeuille produits et l’arrivée de vMotion, un logiciel qui permet de transférer les machines virtuelles d’une machine physique à une autre, et VM Converter. Les développements produits continuent sur l’année suivante avec le support du 64 bits, la VMtechnology Network, et une interface ouverte pour les environnements virtuels. C’est l’étape de la reconnaissance et déjà de la maturité. Le premier VMWorld se tient cette année-là et accueille 1 400 personnes.

paul-maritzPaul Maritz,
un ancien top manager de Microsoft


Le CEO actuel de VMware est originaire de Rhodésie, désormais le Zimbabwe. Il est diplômé de mathématiques et d’informatique des universités du Cap et de la province du Natal. Il est entré chez EMC après le rachat de Pi, dont il était le président et fondateur. Auparavant, Paul Maritz avait passé 14 ans chez Microsoft, où il faisait partie du Comité exécutif, les cinq personnes qui gèrent l’ensemble du groupe.

Avant cela, il avait occupé un poste de développeur chez Intel. Il est personnellement engagé dans des associations en rapport avec la protection de la nature et des projets de développement dans les pays pauvres par le micro-crédit.



Dans le giron d’EMC

 La même année, EMC achète l’entreprise pour 625 millions de dollars. La nouvelle faite couler beaucoup d’encre et tout le monde se demande ce que va pouvoir faire EMC de VMware. Il n’y aura pas de réponse précise à cette question ! Si VMware s’appuie totalement sur EMC, elle conserve une indépendance (de façade ?) organisationnelle et une R&D également indépendante. Sylvain Siou, depuis cette époque chez VMware, ajoute : « EMC a servi de porte-avions pour la start-up qui fonctionnait en mode de développement organique. » Accessoirement, les échanges étaient plus importants qu’on ne l’imaginait avec l’intégration des technologies DRS et de hautes disponibilités qui proviennent de l’acquisition de Legato, tombée dans la besace d’EMC quelque temps plus tôt.
Les rapports avec la maison mère sont plus des rapports de « vassalité » et non d’une annexion totale, même si Joe Tucci, le CEO d’EMC, est le patron du board de VMware. L’entreprise peut tout de même s’appuyer sur une force de frappe bien plus importante et le rythme s’accélère par la suite. Les premières acquisitions réalisées dénotent de ce changement de culture. Dès 2005, AOG, spécialiste de la gestion des capacités, tombe dans l’escarcelle de VMware. Ce sera la première d’une longue série d’acquisitions.
Si, au début, le succès de VMware a un peu énervé, en particulier les constructeurs, ils ont vite compris l’intérêt qu’ils pouvaient tirer de la technologie qui leur faisait vendre certes moins de machines, mais plus grosses, et sur lesquelles ils réalisent plus de marge. 2007 représente une étape importante avec l’introduction en Bourse de l’entreprise. Cisco et Intel prennent des parts dans VMware. Au passage, ces deux entreprises ont réalisé une bonne affaire ! Ces liens capitalistiques renforcent les partenariats technologiques. Par exemple, en 2009, Cisco et VMware signent un partenariat autour de l’initiative Unifi ed Computing et de Nexus, un produit développé par… Ed Bugnion, entre-temps passé chez Cisco !

diane-green
Diane Green a mené
l’entreprise vers les sommets
avant d’être débarquée en 2008.


Direction le nuage

En 2008, un autre virage est pris. Après des résultats en demi-teinte, Diane Green est éjectée de l’entreprise. On parle aussi de graves désaccords avec Joe Tucci sur la conduite même de l’entreprise. Aujourd’hui, elle se consacre à sa famille et à ses enfants mais garde un oeil sur les hautes technologies et leurs applications dans l’éducation, comme elle l’a déclaré au DemoFall 2009, dont elle était l’invitée. Elle est remplacée par Paul Maritz, un ancien de chez EMC, en charge de la division Cloud et des services. Cette arrivée a été vue comme une reprise en main par EMC. Elle a surtout engagé résolument VMware dans le monde de l’informatique en nuage, qui sous-tend désormais l’ensemble de la stratégie de l’entreprise. Les dernières acquisitions, comme Zimbra, montrent d’ailleurs une orientation différente pour VMware, qui va vers le monde applicatif.
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