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WINDOWS : 25 ans déjà, du PC au HPC !

par Bertrand Garé - Dossier publié par le magazine L'Informaticien le 01/01/2011 Article Rating
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La Saga est notre rubrique qui veut rendre hommage aux technologies et aux hommes qui ont fait l’informatique. D’hier, d’aujourd’hui… de demain. Dans ce cadre, nous ne pouvions pas faire l’impasse sur les 25 ans de Windows, dont les débuts remontent à novembre 1985 et qui devait véritablement changer notre vie, que ce soit dans notre salon ou à notre bureau. Retour sur une aventure formidable qui a fait de Microsoft un géant du logiciel.


Albuquerque, 1975. Bill Gates et son copain de Harvard Paul Allen viennent de fonder une petite entreprise de logiciel, pour écrire des programmes pour un tout nouveau micro-ordinateur, l’Altair 8 800. Le premier produit développé est l’Altair Basic, un langage en basic pour ces ordinateurs. À l’époque, l’entreprise se nomme Micro-soft, devient Micro Soft, puis ce sera Microsoft. Les premiers revenus se montent cette année-là à un peu plus de 16 000 dollars. Ce sera le plus faible chiffre d’affaires de toute l’histoire de la compagnie. Ces premières armes permettent à l’entreprise d’être contactée, puis de développer le système d’exploitation pour le très secret PC d’IBM, en 1980, lequel sera rendu public en 1981.

Entre temps, un autre camarade de Harvard, Steve Ballmer, les rejoindra pour s’occuper de faire tourner la boutique. Le nom du projet ? Chess ! Son appellation finale sera PC-Dos, un nom qui reprend la marque MS-Dos. En réalité, ce produit ne sera pas vraiment développé par Microsoft, mais repris à une autre entreprise, Seattle Computer, le lendemain de la signature du contrat avec IBM. Seattle Computer avait appelé son produit QDos, pour Quick and Dirty Operating system… et il devait en rester quelque chose dans les premières versions ! Ce système était largement fondé sur CP/M en provenance de Digital Research. De manière amusante, IBM s’était d’abord tourné vers cette entreprise pour son OS, mais les négociations avaient échoué. Enfin, l’aventure était lancée vers ce qui changera complètement la manière de concevoir les systèmes d’exploitation pour les PC.

Vers Windows 1.0

Les années suivantes, Microsoft travaillera sur un nouveau système d’exploitation. Son nom de code est Interface Manager, qui sera considéré pendant longtemps comme le nom final. Windows s’imposera plus tard, car rendant mieux compte des « boîtes » qui apparaissent à l’écran et qui est la principale caractéristique du programme. Le système est annoncé en 1983, mais les sceptiques lui accolent l’image de vaporware. Le 20 novembre 1985, le système sort enfin dans le grand public.
Désormais, au lieu de taper les lignes de commandes DOS, il suffit de pointer et de cliquer avec une souris pour naviguer dans les écrans et les « fenêtres » ! La plupart des éléments qui feront l’ergonomie des systèmes Windows sont déjà quasiment tous là : les boîtes de dialogues, les menus déroulants, les icones.

Le programme intègre ainsi de nombreuses fonctions comme la gestion de fi chiers, Paint, un traitement de texte (Writer), Notepad, une calculette, un calendrier et une horloge qui vous permettent de gérer votre activité au quotidien. Ah !, n’oublions pas le principal : le jeu de Reversi qui fera beaucoup d’adeptes de Microsoft de par sa présence sur la machine !

Techniquement, le système demandait de bonnes ressources avec un minimum de mémoire, soit 256 Ko, deux disques fl oppy et un adaptateur graphique. Disque dur et 512 Ko de mémoire sont requis pour une utilisation de DOS 3.0 et au-dessus pour permettre le multitâche. L’accueil est plutôt bon, mais ce n’est pas la ruée, du fait que le système doit fonctionner au-dessus de DOS et que peu d’applications sont écrites sur cet environnement. Une leçon que retiendra Microsoft.

Deux ans plus tard, en décembre 1987, Microsoft lance la nouvelle version de son système d’exploitation. Développée pour les processeurs 286 d’Intel, la version profite de meilleures performances et d’une capacité mémoire accrue. La principale nouveauté provient de la possibilité de chevauchage des fenêtres, associée au DDE (Data Dynamic Exchange), qui permet de partager et de mettre à jour les données en temps réel. Ainsi, dans une feuille Excel, les données modifi ées sont immédiatement mises à jour dans une autre feuille Excel.

L'arrivée de Word et d'Excel

 Le système est toujours aussi gourmand et une version suivante, la 2.11, demandera même pour la première fois que le système soit installé sur le disque dur et non plus sur des disquettes. De plus en plus d’applications sont désormais écrites pour le système. Excel et Word font leur apparition et Pagemaker, à l’époque dans le giron d’Aldus, porte son outil de mise en page sur Microsoft, alors qu’il n’existait que sur MacIntosh. Relation de cause à effet, mais Apple trouve que le produit ressemble beaucoup au sien en mars 1988 et poursuit Microsoft pour atteinte à ses copyrights sur les éléments d’interface utilisateur. Le conflit durera plusieurs années et se soldera par la victoire de Microsoft. D’ailleurs Microsoft sera plutôt beau joueur et lorsque qu’Apple connaîtra des difficultés à la fin des années 90, Microsoft investira 150 millions de dollars dans des actions sans droit de vote. Dans le deal, Apple devra continuer de supporter Internet Explorer comme navigateur par défaut et Microsoft continuer à développer des versions pour Mac OS de sa suite Office. Aujourd’hui, Internet Explorer ayant disparu du monde Apple, Microsoft n’est plus obligé de développer une version de sa suite pour Mac OS X… mais continue à le faire !

V3 et le virage NT

La version 3 du système, sortie en 1990, sera le premier très grand succès de Microsoft avec 10 millions de copies vendues en deux ans ! Des chiffres qui paraîtraient minables aujourd’hui ! Le système connaît cependant d’importantes améliorations en s’appuyant sur les processeurs 386. L’utilisation de la mémoire virtuelle améliore le rendu graphique, les icones sont mieux dessinées et le système supporte 16 couleurs. Le système est doté de plus d’outils de gestion d’imprimantes, de fi chiers et des programmes. Mais la véritable révolution vient de SDK qui permet aux développeurs de se concentrer sur l’écriture de programmes pour le système et non plus sur une multitude de drivers.
Enfin la version 3.11 apportera les liaisons peer to peer dans les groupes de travail et le support du réseau local en s’appuyant sur le standard de l’époque, Netware. Cette intégration des éléments de réseau fera beaucoup de mal à de nombreux acteurs du marché qui se retrouveront du jour au lendemain sans marché, car vendant des fonctions totalement intégrées au système Windows. Cette version marquera aussi le virage vers les années client/serveur. Ah oui !, le plus important : le Démineur et le Solitaire apparaissent à l’occasion de cette version. Il fut dès lors impossible de désigner Windows comme un outil de pure productivité…
En cette époque lointaine, Microsoft pense déjà aux générations futures de son système d’exploitation et développe à partir d’une feuille quasi blanche le système NT qui sortira en 1993. Le but de ce projet est de développer un OS pour les applications d’entreprise. Conçu en 32 bits nativement, le système se veut plus stable et plus fiable. Il se déclinera en plusieurs versions avant de passer à la numérotation par année à partir de l’an 2000. Il sera aussi l’OS fondateur de la branche serveur de Microsoft, dont on connaît la destinée dans les entreprises. Les serveurs se déclineront désormais du plus petit au plus grand, avec une version HPC qui s’appuie sur la version cluster des serveurs hauts de gamme d’entreprise, avec des aménagements pour répondre aux besoins spécifiques du calcul scientifique.

Le virage Internet

Le 24 août 1995 est une date mythique pour les utilisateurs de Windows. Elle marque le lancement de Windows 95, qui fut une véritable bombe. Appuyé par un budget marketing de 300 millions de dollars, incluant les droits du célèbre Start Me Up, des Rolling Stones, le système fera un véritable tabac. Il s’en vendra 7 millions de copies en cinq semaines. Avec cette version, Microsoft réalise sa conversion à Internet. À l’époque, on blâmait déjà l’éditeur pour son retard dans le domaine. Avec Windows 95, il mettait les bouchées doubles. Outre l’accès à Internet et les possibilités de communication, le système compte de nombreuses nouveautés comme l’apparition du menu de démarrage, la barre des tâches et la possibilité de régler les fenêtres ou de les fermer en cliquant sur la petite croix à droite en haut ! Le support des fichiers passe à plus de huit caractères. Et des fonctions plug & play simplifi ent l’installation des périphériques. Enfin… pas toujours. Comme le système ne fonctionnait pas à coup sûr, certains l’ont appelé plus tard le système « Plug & Pray » ! 


Il combine DOS et Windows. Désormais le système inclut les deux et il suffi t d’installer Windows 95. Le système était par ailleurs reconnu pour sa grande stabilité et a converti bon nombre d’utilisateurs. Internet Explorer, sorti durant l’été de la même année, était le complément naturel de cette nouvelle version. Jeune comparativement à d’autres navigateurs, il s’imposera pendant de longues années avant de se voir voler la vedette par de nouveaux navigateurs, comme Firefox.

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