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GitHub by Microsoft
Alain Clapaud / lundi 24 septembre 2018 / Thèmes: Dossier, Dev

GitHub by Microsoft

Coup de tonnerre dans la sphère Dev

Près de 70 millions de projets open source hébergés par Microsoft ! L’acquisition de GitHub a soulevé une levée de boucliers dans les communautés open-source, avec le risque de voir le repository déserté par bon nombre de développeurs. Iront-ils jusqu’au bout ?

4 juin 2018, la nouvelle est officielle : Microsoft va réaliser l’acquisition de GitHub, le plus gros repository applicatif de la place. La nouvelle a eu l’effet d’une traînée de poudre dans les forums et les réseaux sociaux, beaucoup de contributeurs se sentant trahis par cette reddition du site d’hébergement de projet open source à l’ennemi de toujours, Microsoft.

Le montant de l’acquisition, 7,5 milliards de dollars, ne laisse pourtant pas de doute quant aux intentions de Satya Nadella, c’est bien cette communauté de 28 millions de développeurs que Microsoft vise avec cette acquisition. Le communiqué officiel publié par Redmond se veut rassurant pour les développeurs, tout comme le billet publié par Satya Nadella lui-même : « Nous nous engageons à être les gardiens de la communauté GitHub, qui conservera son éthique de développeur d’abord, fonctionnera de manière indépendante et restera une plate-forme ouverte. Nous sommes toujours à l’écoute des commentaires des développeurs et nous investissons à la fois dans les fondamentaux et les nouvelles capacités. »

 

Le fondateur de Xamarin à la tête de la plate-forme

Ironie de l’histoire, GitHub avait été créé en 2008 afin d’exploiter le logiciel de gestion de versions Git, initialement développé par un certain Linus Torvalds, le père de Linux. À l’issue de la transaction, c’est-à-dire en fin d’année, GitHub rejoindra la division « Intelligence Cloud » de Microsoft. La direction ne sera plus assurée par l’emblématique Chris Wanstrath, placardisé en tant que Microsoft Technical Fellow, mais par Nat Friedman, fondateur de Xamarin, une nomination qui devrait calmer les esprits.

Passées les premières réactions épidermiques, quelques voix se sont élevées pour supporter cette acquisition. C’est notamment le cas de Jim Zemlin, directeur exécutif de la fondation Linux qui, dans un billet très argumenté, souligne : « Microsoft a les moyens et l’expertise pour améliorer GitHub. Ils ont engagé Nat Friedman en tant que PDG de GitHub, quelqu’un que je connais depuis des années et qui est respecté dans la communauté open source depuis une vingtaine d’années. Nat est clair que Microsoft fait ce qu’ils disent : “ Je ne demande pas votre confiance, mais je m’engage à la mériter. J’ai hâte d’aider à rendre encore plus grande la plate-forme et la communauté GitHub qui est spéciale pour nous tous. » Je crois qu’il le pense vraiment. »


CHRIS WANSTRATH CO-FONDATEUR  DE GITHUB

 

« Quand GitHub a été lancé pour la première fois il y a dix ans, je n’aurais jamais pu imaginer ce titre. Git était un outil puissant mais de niche, le Cloud n’étaient que des nuages dans le ciel,  et Microsoft était une société très différente. Les gens pensaient que l’Open Source et le business se mélangeaient comme l’essence et l’eau. Nous n’étions pas d’accord. En tant que développeurs,  nous savions qu’il s’agissait d’une fausse dichotomie,  nous utilisions avec succès des logiciels libres dans un contexte commercial depuis longtemps. Ce dont nous avions vraiment besoin, c’était d’un moyen plus facile de travailler avec les autres, que le code soit public, privé ou quelque chose entre les deux. »

GitHub, une start-up financée à 100 % par du capital risque

Si certains se sont offusqués de cette mainmise de Microsoft sur GitHub, la plate-forme n’avait pourtant rien d’une association 1901. Celle-ci était financée à hauteur de 350 millions de dollars par Sequoia Capital et Andreessen Horowitz, les fonds les plus célèbres de la Silicon Valley. Pour atteindre les 28 millions de développeurs, 85 millions de repositories et 1,5 million d’entreprises clientes, l’histoire de GitHub ne fut pas un long fleuve tranquille. Initialement développé en Ruby on Rails et Erlang par Chris Wanstrath, PJ Hyett et Tom Preston-Werner, le service a ouvert en avril 2008. Parmi les dates clés qui ont vu GitHub s’affirmer comme le repository n°1 au monde, figure le lancement de Node.js en 2009 puis celle du bitcoin sur la plate-forme en 2010. Il lui faudra attendre 2011 pour atteindre son premier million d’utilisateurs. En 2014, Microsoft, déjà, choisissait GitHub afin de publier le code open source de .NET et .NET Foundation et, comme on le souligna alors chez GitHub, avec plusieurs milliers d’ingénieurs, Microsoft est peu à peu devenu l’un des gros contributeurs sur la plate-forme. Autre acteur IT de poids qui s’est appuyé sur GitHub pour open-sourcer une solution, Apple qui publiait son langage Swift le 3 décembre 2015. Plus anecdotique, en juillet 2016, la NASA publiait le code source d’Apollo 11, un code historique.

Beaucoup plus significatif fut le premier pull request de l’équipe de développement du langage Python le 10 février 2017, ou encore la publication de TensorFlow, le framework de Deep Learning de Google, un projet qui immédiatement va devenir l’un des plus « forké » de la plateforme, signe qu’il est aujourd’hui l’un des plus utilisé par les développeurs dans leurs projets d’IA. Moins reluisante, la sortie d’Uber de GitHub en 2018. Le champion américain du VTC avait malencontreusement laissé dans son code source les login/mot de passe d’un bucket AWS S3 contenant les coordonnées personnelles de 57 millions de ses chauffeurs et clients. Suite à cet incident, Uber a décidé de resserrer les boulons de sa cybersécurité et fermé son Compte GitHub. L’équipe de GitHub a eu quelques soucis de sécurité en 2016 lorsque des utilisateurs avaient été contraints de réinitialiser leurs mots de passe suite à une première attaque, puis en 2018 alors qu’une faille est découverte sans qu’aucun vol de données n’ait été déploré. En dépit de ces quelques aléas, dix ans après sa création, la plate-forme affichait 27 millions de développeurs et 85 millions de projets.

 

CHRIS WANSTRATH, PDG DE GITHUB (À G.), SATYA NADELLA, PDG DE MICROSOFT ET NAT FRIEDMAN, VICE-PRÉSIDENT (À D.) DE L’ACTIVITÉ « DEVELOPER SERVICES » DE MICROSOFT QUI VA ASSURER LA DIRECTION DE GITHUB.

Objectif secondaire : ramener les entreprises vers Visual Studio

Si Microsoft risque d’avoir du mal à convaincre les indépendants de rester sur la plate-forme, l’Américain aura sans doute moins de mal avec des interlocuteurs qu’il connaît bien, les entreprises. Beaucoup d’entreprises sont allée vers l’Open Source notamment dans la mise en place de leur plate-forme d’intégration continue et GitHub pourrait bien être le Cheval de Troie pour renouer le dialogue avec leurs développeurs et accessoirement ramener quelques entreprises dans le giron Visual Studio.

Avec 1,5 million d’entreprises clientes, GitHub annonce avoir séduit 52 % du Fortune 50 avec son offre GitHub Enterprise et 45 % du Fortune 100. Statistique délivrée par GitHub en 2017 qui va à l’encontre des idées reçues, seulement 22 % des entreprises qui ont souscrit à l’offre GitHub Entreprises sont des éditeurs de logiciels ou des entreprises de l’économie internet. 13 % sont des entreprises du secteur de la finance, 10 % des services aux entreprises, 7 % des industriels. Au total, la plate-forme héberge 67 millions de repositories.

 


SATYA NADELLA, PDG DE MICROSOFT

 

« Microsoft est une société “ developer-first ”, et en unissant nos forces avec GitHub, nous renforçons notre engagement en faveur de la liberté, de l’ouverture et de l’innovation. Nous reconnaissons la responsabilité communautaire que nous assumons avec cet accord et nous ferons de notre mieux pour donner à chaque développeur les moyens de construire, d’innover et de résoudre les défis les plus urgents du monde. »

Les investisseurs cherchaient une sortie, Microsoft leur offre une belle plus-value

En 2014, Tom Preston-Werner doit quitter la direction de l’entreprise, accusé de discrimination par une développeuse chez GitHub. Si l’enquête interne innocente alors le co-fondateur, celui-ci doit laisser les commandes à Chris Wanstrath. Celui-ci va mener GitHub jusqu’à 200 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2017 mais les investisseurs cherchent alors un CEO plus expérimenté afin de préparer GitHub à une éventuelle IPO (entrée en Bourse) sur le modèle de celle d’Atlassian en 2015. Finalement, l’acquisition par Microsoft place Nat Friedman, co-fondateur de Xamarin, à la tête de GitHub. Chris Wanstrath explique la situation : « Nous étions à la recherche d’un nouveau PDG depuis un certain temps et nous avons trouvé en Microsoft et Nat un partenaire qui, selon nous, renforcera et développera la communauté et l’entreprise GitHub au cours des prochaines années. Nat a une tonne d’expérience avec les logiciels et la communauté des logiciels libres, ayant co-fondé Xamarin et travaillé sur de nombreux projets open source au fil des ans. Il est la personne parfaite pour aider GitHub à grandir et continuer à rendre la vie meilleure pour les développeurs. »

 

VSCODE EST FOURNI SOUS LICENCE LIBRE MIT SUR GITHUB ET LE RACHAT DE CE DERNIER POURRAIT ÊTRE L’OCCASION POUR MICROSOFT D’ATTIRER LES DÉVELOPPEURS VERS VISUAL STUDIO.

Si tout semble en place pour que Microsoft recueille à la fois les fruits de la croissance de GitHub et accessoirement ramener à lui des entreprises qui s’étaient tournées vers l’Open Source, Nat Friedman doit rapidement mater la fronde de développeurs qui clament vouloir quitter en masse le repository frappé du sceau Microsoft. Car si GitHub s’est imposé comme la référence grâce à sa réputation de « service cool », de nombreuses alternatives s’offrent aux développeurs. Ainsi GitLab annonçait avoir enregistré plus de 100 000 imports de repositories depuis GitHub immédiatement après l’annonce de l’acquisition. Ce mouvement va-t-il encore s’amplifier ?

 

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Tags:devops

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