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Alain Clapaud / lundi 16 septembre 2019 / Thèmes: Dossier

ERP

Dernier bastion du « on-premise »

Déployés à prix d’or dans les années 1990/2000, les grands ERP semblaient un îlot de stabilité dans des systèmes d’information bousculés par la transformation digitale. Pourtant, la migration vers le Cloud semble inéluctable. Les éditeurs sont prêts, les DSI aussi. Il reste sans doute à convaincre les directions générales.

Une enquête menée par CSA auprès de deux cents entreprises montre que si la très grande majorité des ERP sont déployés en on-premise, c’est le Cloud sous toutes ses formes IaaS, PaaS et SaaS qui est le modèle le plus étudié pour les nouveaux déploiements.

Application Ô combien critique pour le fonctionnement des entreprises, l’ERP est solidement installé dans le datacenters des entreprises ou, au pire, chez des infogérants. Pourtant les montées de versions difficiles, le besoin de renouveler régulièrement de coûteuses infrastructures techniques commencent à faire tousser les DSI alors que leurs applications de CRM, de Marketing Automation ou de RH, souscrites en mode SaaS ne font plus parler d’elles. Une enquête CSA de 2018 montre que si le on-premise reste le modèle dominant (60 % des déploiements), les projets de nouveaux déploiements vont clairement vers le Cloud, qu’il s’agisse d’instances IaaS, de PaaS ou de SaaS. 

 

La sensibilité et la sécurité des données 

Le géant allemand du logiciel a mis en place l’offre HANA Enterprise Cloud (HEC) voici quatre ans, une offre qui permettait aux clients SAP de repositionner leurs licences SAP sur un PaaS, ou de passer au mode locatif : « Il s’agissait pour nous d’un scénario de transition, afin de permettre à nos clients de faire un “lift & shift” de leur ERP vers le Cloud, mais désormais la priorité est donnée à S4HANA public Cloud qui est une solution native », explique Orlando Appell, directeur des services SAP France. La marque de luxe Burberry est la première grande entreprise à avoir adopté cette approche HEC pour pousser son ERP vers le Cloud. Plusieurs scénarios de migration sont alors possibles : certaines entreprises peuvent faire le choix de repartir de zéro, partir dans une approche Greenfield afin de tirer parti des nouveaux processus implémentés sur S4HANA et ne redévelopper qu’un faible nombre de spécifiques. L’autre approche consiste à repartir de l’existant. Le responsable SAP souligne qu’actuellement beaucoup de clients optent pour le Greenfield, notamment pour des logiques de filiales, de nouveau secteur ou de lancement d’activité et les clients tels que Intersport ou Group MOM – Materne Mont Blanc qui sont passés sous S4HANA, mais sur des architectures hybrides et non full-cloud.

Oracle veut bousculer SAP à l’occasion des migrations cloud

SAP défend ses positions, mais il est un éditeur qui rêve de le faire tomber de son trône de fer : c’est Oracle. L’objectif de Larry Ellison est de faire d’Oracle le n°1 de l’ERP, « c’est son prochain défi avec la base de données autonome », confie Karine Picard, VP Applications d’Oracle EMEA, qui détaille la stratégie du Californien : « Pour le volet applicatifs, notre stratégie est clairement d’aller vers le Cloud, nous avons 25 000 clients dans le Cloud public et 90 % de nos nouveaux clients optent pour le Cloud. » Désormais l’éditeur est dans une stratégie Cloudfirst dans le développement de ses applications, voire Cloud-only : « Pour le volet CRM avec Siebel, nous avons plus de 70 % de notre base installée qui est passée dans le Cloud. Les nouvelles applications CRM sont directement créées dans le Cloud, notamment pour les volets marketing, données, donc ce n’est plus de la migration. Côté RH, ce qui est le recrutement n’a pas de sens d’être on-premise. Pour les applications marketing, service, recrutement pour lesquelles on est à la deuxième génération du Cloud. »

Pour faciliter la migration vers son ERP Cloud, Unit4 propose une migration à tarif fixe avec trois forfaits pour 20, 40 et 75 jours ouvrés.

Tous les éditeurs ont entrepris la démarche de cloudifier leur portefeuille d’ERP et le Lyonnais Cegid a fait du Cloud le pivot de sa stratégie de reconquête de ce marché. L’éditeur dispose de trois offres à son catalogue XRP. L’entrée de gamme, Cegid XRP Sprint est disponible en on-premise et en Saas. « Nous privilégions le Saas pour ce marché où nous comptons environ 6000 clients », explique Laurent Leenhardt, en charge de la division ERP de Cegid, « Nous voulons les voir aller vers le Saas et migrer vers cette offre XRP Sprint dans la continuité de notre gamme Y2. » Pour les entreprises de taille plus importante, Cegid propose XRP Ultimate, offre issue de l’acquisition de Qualiac en 2017. « Notre choix assumé est de ne proposer l’offre qu’en SaaS. Paradoxalement, sur ce haut du marché, le passage au Cloud est moins au cœur des préoccupations, qu’il s’agisse des clients Qualiac ou de nos prospects. Il s’agit surtout d’offrir une ergonomie bien plus simple pour répondre à la grande hétérogénéité des utilisateurs d’ERP dans l’entreprise. » L’objectif de l’éditeur est de faire basculer ses clients XRP Ultimate en Saas à l’horizon 2020/21. Enfin, avec sa nouvelle offre XRP Flex, l’éditeur va plus loin dans la démarche puisqu’il s’agit d’une plate-forme cloud baptisée Acumatica sur laquelle des partenaires et éditeurs tiers vont pouvoir proposer des extensions à l’ERP.

Les PME, une cible de choix pour le SaaS

Grand rival du Français, Sage poursuit le même objectif de faire basculer ses clients dans le Cloud avec une double approche de solutions proposées à la fois en mode hosté ou en vrai Cloud. « Même si notre base installée est encore très largement on-premise », explique Céline Bayle, Director Enterprise Market Solutions de Sage France, « les taux de croissance actuels des solutions cloud oscillent entre 20 et 40 %, selon le segment de marché. Bien évidemment, l’adoption du Cloud est très variable d’une entreprise à l’autre, notamment lorsqu’elle a effectué une grosse customisation sur son ERP, elle va avoir bien plus de mal à migrer vers le Cloud. »

Tous les secteurs d’activité sont désormais touchés à des degrés divers par cette lame de fond du Cloud. Même l’industrie, secteur réputé pour sa prudence vis-à-vis de l’ouverture de son système d’information, s’intéresse au Cloud. « Depuis dix ans maintenant, nos solutions Sylob 5 et Sylob 9 sont nativement dans le Cloud car développée sur technologies web. Nous les proposions en formule hébergée, sous forme de VM dédiées. Depuis cette année, nous avons modernisé nos plates-formes et proposons notre gamme sur le Cloud public », explique Fabrice Cayre, chef de produit chez Sylob.

Si les objectifs de migration fixé par les éditeurs, compris entre 2020 et 2025 semblent quelque peu optimistes, nul doute que les ERP vont, tout comme les applications de CRM et RH l’ont déjà fait, prendre le chemin du Cloud.


« Notre objectif est de migrer tous nos clients dans le Cloud d’ici à 2025 »

Orlando Appell, directeur des services SAP France

« La totalité de nos offres est amenée à être proposées dans le Cloud et actuellement nous devons en être à 80 % environ. Nous menons sans équivoque une stratégie de cloudification de tout notre portefeuille. Nous avons commencé par les acquisitions de SuccessFactors, d’Ariba avant de mener ce travail sur nos produits internes et S4HANA est aujourd’hui le parangon de l’ERP cloud.
Nous avons entre 40 et 50 projets S4HANA en portefeuille actuellement et nous devrions participer à 100 ou 150 projets de migrations au cours de cette année. Notre programme interne, baptisé MOVE, vise à pousser tous nos clients à migrer vers le Cloud avant 2025 sur S4HANA avec notre aide et celle de nos partenaires, selon leur choix.
»


« Tous nos applicatifs ont migré vers le Cloud sous deux formes de déploiement »

Céline Bayle, directrice Enterprise Market Solutions de Sage France

« Pour nous, le Cloud est un véritable “ enabler ” pour l’innovation. C’est un moyen de pousser les nouveaux usages, les nouvelles technologies auprès de nos clients. Nous proposons des solutions depuis les start-up jusqu’aux ETI mais dans cette marche vers le Cloud, nous ne voulons pas contraindre les entreprises à un Big Bang. C’est la raison pour laquelle tous nos applicatifs ont migré vers le Cloud sous deux formes de déploiement : soit sous une forme hostée, une approche qui offre à l’entreprise le plus de possibilité en termes de personnalisation ; soit sous forme de Saas public. »


« Migrer vers le Cloud  doit s’inscrire dans une trajectoire »

Sylvain Moussé, CTO de Cegid

« Pour leurs ERP, les entreprises préféraient généralement les offres de services managés de sociétés de services et d’opérateurs lorsqu’elles souhaitaient externaliser les infrastructures techniques, plutôt que d’opter pour le Cloud public. Migrer son ERP pour aller vers le Cloud s’inscrit plutôt dans la trajectoire de digitalisation des entreprises. Si une entreprise fait le choix de la digitalisation, alors le changement d’ERP s’inscrira dans cette stratégie de transformation. Aller dans le Cloud n’est pas le déclencheur mais c’est la stratégie de transformation qui imposera le changement du backbone ERP. »


« Les DSI sont convaincus qu’il faut aller vers le Cloud »

Fabrice Cayre, chef de produit chez Sylob

« Environ 25 % de nos clients souhaitent s’affranchir d’infrastructures pour leur ERP et nous sollicitent pour bénéficier de l’hébergement de leurs VM dans le Cloud. Cette proportion était assez stable dans le temps, et reste encore sur cette dynamique pour l’instant. En revanche, avec le lancement de notre offre AWS, les ateliers menés avec nos clients ont montré des signaux très positifs auprès des DSI et DG de PME. Les DSI sont absolument convaincus aujourd’hui qu’il faut aller vers le Cloud et doivent désormais convaincre leurs dirigeants. Certains sont prêts à y aller dès que possible, d’autres restent beaucoup plus réticents à porter leur ERP dans le Cloud. »


« Cela n’a pas été simple d’être les premiers à déployer NetSuite en France »

Xavier Borel, chef de projet chez Quadran / Direct Energie

« Notre problématique de départ était d’assurer la gestion de nos 250 sociétés à l’époque, un outil qui était à l’origine monobase, mono-société, puis de croître sur les différents pays où nous souhaitions aller et d’être simple d’utilisation. Gérer 250 sociétés, c’est un véritable enjeu notamment avec des clôtures mensuelles qui doivent prendre de moins en moins de temps, avec de plus en plus d’utilisateurs et de plus en plus de sociétés. Cela n’a pas été simple d’être les premiers en France à signer pour NetSuite, être les bêta-testeurs de Netsuite sur beaucoup de solutions au niveau compta/finances, on a avancé sur de multiples sujets et on a constaté que c’est un outil formidable et que les utilisateurs adhèrent aujourd’hui à l’outil. »

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