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Christophe Guillemin / jeudi 19 décembre 2019 / Thèmes: Formation, Transformation numérique, Dossier, Emploi

Epitech Digital

Cinq ans pour former de véritables profils "Tech Biz"

Ils restent les "oiseaux rares" des recrutements IT et les entreprises en cours de digitalisation se les arrachent. Ce sont les profils hybrides, alliant compétences techniques et business, capables de discuter aussi bien avec le DSI que le DAF. La nouvelle école Epitech Digital propose de former des bacheliers pour devenir ces futurs piliers de la transformation digitale. Un cursus qui pourrait s’ouvrir prochainement à la formation continue.

Former les experts de la transformation digitale, avec une double casquette : informatique et business. Telle est l’ambition d’Epitech Digital, nouvelle école du groupe Ionis (Epita, Epitech, Ipsa, ISEG…) qui ouvrira ses portes en septembre 2020. « On nous a souvent dit que l’informatique c’était fini et que nous entrions désormais dans l’ère du digital. Je me suis battu contre cette idée », confie Emmanuel Carli, directeur général d’Epitech. « Car sans informatique, il n’y a pas de digital. Mais pour mener à bien des projets de transformation numérique, il faut aller au-delà de l’informatique et aussi prendre en compte les besoins et enjeux business. C’est à ce double champ de compétences que nous entendons former les étudiants d’Epitech Digital ».

Techiciser ou businessiser ?

L’idée de départ de cette nouvelle école vient de la demande du marché. « Les profils ayant des connaissances techniques et business sont les plus recherchés aujourd’hui », poursuit le directeur. C’est notamment le cas auprès des ESN. Avec la digitalisation des entreprises, les entreprises de services numériques recherchent des profils complémentaires afin de former des équipes pluridisciplinaires. Ceux possédant plusieurs casquettes, en maîtrisant à la fois l’IT et le commerce, sont au cœur de leurs stratégies de recrutement.

 

« Nous donnons aux étudiants les connaissances de base et les lançons rapidement sur des projets concrets de transformation digitale inspirés de cas réels en entreprise. Ils apprennent ainsi en faisant, selon le principe de la pédagogie active ».

« C’est très recherché, mais ce type de profil reste l’oiseau rare », nous confiait récemment Colette Moran, responsable recrutement chez CGI France (lire L’Informaticien n°181 d’octobre 2019). C’est donc face à un déficit de profils à double compétence qu’Ionis a décidé de lancer Epitech Digital sur un marché de la formation qui reste encore à construire. « Il y a bien des formations qui vont "techiciser" un peu les profils commerciaux ou "businessiser" un peu les informaticiens. Mais ce n’est pas une réponse satisfaisante. Nous proposons d’acquérir des compétences de haut niveau dans les deux domaines », assure Emmanuel Carli.

Pour cela, le cursus d’Epitech Digital n’a rien d’un bootcamp. Il s’agit d’une formation longue, d’une durée de cinq ans. « Vous ne pouvez pas former à ce type d’expertise en quelques semaines ». Elle s’adresse aux bacheliers issus de toutes les filières et pas seulement les filières scientifiques générales, mais également technologiques ou professionnelles. « Le plus important est l’intérêt pour l’informatique et pour la transformation digitale des entreprises. La sélection se fait essentiellement sur entretien où nous portons une attention particulière à la curiosité du candidat, à sa volonté de travailler en équipe et à sa maîtrise de l’anglais. Il doit pouvoir travailler dans cette langue, car le cursus est en anglais et un semestre entier se déroule à l’international ».

Un apprentissage en mode projets agile

La pédagogie de l’école s’appuiera sur « un apprentissage pragmatique, actif et collaboratif, expérimenté avec succès par Epitech depuis 20 ans ». Les étudiants ne vont donc pas suivre de cours théoriques en amphithéâtres. L’enseignement de l’école est orienté vers la pratique, avec une succession de projets à mener seul ou en petits groupes. « Nous leur donnons les connaissances de base et les lançons surtout rapidement sur des projets concrets de transformation digitale inspirés de cas réels en entreprise. Ils apprennent ainsi en faisant, selon le principe de la pédagogie active ».

Concrètement, les étudiants travaillent sur des projets de quelques jours en début de cursus. En avançant dans leur formation, les projets se complexifient et peuvent durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. « Ils apprennent ainsi l’ingénierie de projets, qui sera une compétence clé de leur futur poste ».

Durant les deux premières années du cursus, les étudiants seront formés aux enjeux des différents métiers de l’entreprise, du commerce au marketing, en passant par la production industrielle, la logistique, la comptabilité ou même les RH. Pour chacun de ces métiers, les principales solutions digitales du marché leur seront présentées, avec leurs forces et leurs faiblesses. « Nous allons par exemple évoquer le marketing digital, la dématérialisation des factures, la numérisation de la chaîne logistique, le pilotage global des processus de l’entreprise via les ERP… » Les enjeux des différents secteurs économiques seront également traités avec des thématiques comme l’industrie du futur, l’uberisation des transports ou encore le modèle des banques et assurances en ligne.

Travailler sur de véritables use-cases

Côté technique, les étudiants vont devoir « pratiquer » les solutions. « Nous allons par exemple leur apprendre à coder en C, en Java ou en Elixir, avec des cycles de 15 jours par technologie. L’objectif n’est pas d’en faire des codeurs chevronnés, mais de savoir de quoi ils parlent quand ils vont conseiller des entreprises sur les solutions à mettre en oeuvre ».

La fin de la deuxième année marquera un tournant dans le cursus. Des entreprises partenaires de l’école accueilleront les étudiants en stage sur une durée de 6 mois. Ces échanges avec le secteur privé vont encore se renforcer durant la troisième année. Les étudiants vont alors travailler sur de véritables "use-cases". « Ils vont être face à des entreprises. Ils vont devoir les écouter, définir avec eux leurs besoins, mettre en place les grands axes du projet de transformation digital et les conseiller sur les solutions techniques à adopter ».

Les six derniers mois de la troisième année, les étudiants vont poursuivre leur formation à l’international dans un des campus Epitech (lire encadré). « Ils vont notamment travailler sur le même use-case. Mais dans un autre pays que la France. L’idée est de leur montrer que les solutions peuvent être différentes d’un pays à l’autre et qu’il faut tenir des spécificités locales, notamment légales. »

Enfin, la quatrième et la cinquième année, la formation prendra la forme d’une professionnalisation en entreprise. L’étudiant travaillera en rythme alterné dans une entreprise partenaire de l’école. Ce sera pour lui l’occasion de travailler sur un projet d’accompagnement de la transformation digitale sur une durée de deux ans.

En 2020, Epitech Digital formera environ 200 étudiants répartis sur cinq campus : Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Nantes.

Conseiller aussi bien le DSI que le DAF

À l’issue de ces cinq années de formation, les étudiants présenteront leur dernier projet devant un jury de professionnels, au cours de l’événement "Epitech Experience" qui attire investisseurs, entreprises et institutionnels. Ils seront alors en mesure de décrocher un titre d’"Expert en Management des Systèmes d’Information", avec une certification professionnelle de niveau 1 en France et de niveau 7 en Europe. Selon l’école, leur employabilité est quasi-garantie. « Environ 60 % des étudiants d’Epitech signent un contrat avant même la fin de leur formation et nous avons 100 % d’employabilité à l’issue du cursus », assure Emmanuel Carli. Les étudiants formés par Epitech Digital pourront briguer à terme des postes tels que Business Analyst Junior, un des métiers pivots dans les projets de transformation digitale. « L’objectif est qu’ils puissent parler avec toutes les équipes concernées, du DSI au DAF, en comprenant leurs besoins, les contraintes et leur langage. Ils feront ainsi le lien entre les différentes directions et seront également force de proposition sur les solutions pouvant être mises en oeuvre », conclut-il.

Comme pour les autres écoles du groupe, Epitech Digital pourrait évoluer dans le futur vers la formation continue. Le cursus initial pourrait ainsi être décliné pour les entreprises souhaitant développer les compétences de leurs collaborateurs dans le domaine de la transformation digitale, qu’ils aient un profil plutôt business ou plutôt IT. Epitech Digital accueillera ses premières promotions en septembre 2020 à Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Nantes. Chaque promotion devrait former environ 200 étudiants. Le coût de cette formation est d’environ 40 000 euros sur cinq ans, avec des possibilités de financement.


Ionis : le groupe aux 25 écoles

Créé il y a 30 ans, le groupe Ionis s’est imposé comme un poids lourd de l’enseignement supérieur privé en France. Il propose aujourd’hui 25 écoles rassemblant plus de 28 500 étudiants et 80 000 « anciens » dans des domaines aussi variés que le commerce, l’ingénierie, l’informatique, la biologie, l’aéronautique, la gestion, la finance, le marketing, la communication ou la création. Sur un marché de la formation très concurrentiel, le groupe met en avant son importante couverture géographique en France avec des campus dans 13 villes. Depuis 2017, le groupe développe une présence à l’international avec de campus à Barcelone, Berlin, Bruxelles, Genève et New York. Ionis met également en avant ses pratiques pédagogiques. Elles sont basées presque exclusivement sur les projets, avec de nombreuses immersions en entreprise via un réseau de plus de 3 000 sociétés partenaires, dont Airbus, Bouygues, Altran, Docapost ou Sopra Steria. Pour 2019/2020, Ionis entend poursuivre son expansion à l’international et se positionner sur de nouveaux domaines à forte demande. Outre la transformation numérique, le groupe débute une formation autour des métiers de l’"e-sport" et du jeu vidéo. À la rentrée 2019, son école "XP" a ainsi accueilli une première promotion de 200 étudiants sur les campus de Paris, Lille et Lyon.

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