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Devenir “Growth hacker”
Christophe Guillemin / lundi 25 novembre 2019 / Thèmes: Dossier, Bootcamp, Emploi

Devenir “Growth hacker”

En trois mois… et gratuitement !

Comment réorienter sa carrière d’informaticien vers le secteur à forte croissance de l’e-marketing ? La Rocket School propose une formation accélérée de douze semaines, suivie par une ou deux années en alternance en entreprise. À la clé : une embauche garantie, principalement dans une start-up, au poste très prisé de “ pirate de la croissance ”.

La Rocket School prépare des diplômes Bac +3 et Bac +5 et a reçu le label de Grande école du numérique du ministère de l’Économie et des Finances.

Les métiers du marketing et de la communication s’ouvrent aux informaticiens. À mesure que les techniques d’e-marketing gagnent en complexité, les compétences IT sont de plus en plus recherchées sur ce secteur en constante évolution. Désormais, un informaticien peut tout à fait envisager d’orienter sa carrière vers le marketing digital, en misant sur une double compétence : le développement et la communication. Or, des formations courtes permettent de franchir le cap.

C’est le cas à la Rocket School, école numérique fondée en 2018, qui connaît un succès grandissant.

Après avoir formé, depuis un an, une centaine d’étudiants à Paris, l’école ouvre son premier campus régional au mois de novembre. La Rocket School Lyon va ainsi accueillir sa première promotion d’une trentaine d’étudiants. Pour 2020, d’autres implantations sont prévues, notamment sur l’Île de la Réunion. La Rocket School propose deux formations : l’une orientée Business Development, plutôt réservée à des profils commerciaux, et un cursus Growth Hacking, accessible aux informaticiens.

Qu’est-ce que le Growth Hacking ? Née en 2010 aux États-Unis, cette approche du marketing digital est basée sur un ensemble de techniques dont l’objectif est d’accélérer la croissance de l’entreprise, en général une start-up. Un Growth Hacker ou “ pirate de la croissance ”, va notamment travailler sur l’acquisition rapide de nouveaux prospects et leur conversion en clients.

 

« Il peut scraper – récupérer sur le Web – une liste de prospects depuis un site d’événements, comme un salon professionnel, en développant un script spécifique. Le Growth Hacker va ensuite construire une campagne d’e-mailing personnalisée, par exemple en exploitant des API de Google Maps pour localiser les messages, afin qu’ils aient le maximum d’impact », explique Cyril Pierre de Geyer, co-fondateur de Rocket School et ancien directeur général adjoint d’Epitech.

Au quotidien, le Growth Hacker va surtout tester différents moyens pour dénicher des prospects, les convertir en clients, les fidéliser… en cherchant d’abord « ce qui marche » sur un périmètre réduit avant de lancer une campagne de plus grande ampleur. Dans une start-up, il mènera lui-même la campagne définitive. Dans une entreprise de taille plus importante, il transmettra sa découverte aux équipes marketing traditionnelles qui se chargeront de mener la campagne. « Le Growth Hacker est en embuscade. Il va là où le marketing classique ne va pas. Avec parfois des techniques qui peuvent paraître un peu borderline, mais toujours dans la légalité, en respectant notamment le RGPD », poursuit Cyril Pierre de Geyer.

Il n’est pas nécessaire de disposer de compétences techniques de très haut niveau pour devenir Growth Hacker, précise-t-on à la Rocket School. Il faut surtout être inventif et malin. « Les bidouilleurs, les geeks, les codeurs du dimanche sont les bienvenus. Ce qui fait la différence, c’est surtout la personnalité et les “ soft skills ” du candidat », souligne le responsable.

La Rocket School a été co-fondée par Cyril Pierre de Geyer – prénommé Cyril – professeur affilié à HEC Paris, ancien directeur général adjoint d’Epitech, entrepreneur et business angel.

Pas de sélection sur diplômes

Une des spécificités de cette école est de ne pas sélectionner les candidats sur leurs diplômes ou leur CV. Ils vont d’abord passer un test de personnalité, via la plate-forme en ligne Assesfirst, spécialisée dans les tests d’évaluation pour le recrutement professionnel. Trois tests, d’une durée totale de 45 minutes, doivent permettre d’identifier les talents des candidats, leurs comportements en situation professionnelle et leur capacité à apprendre et à progresser. Sur cette base, la Rocket School sélectionne les profils en adéquation avec un poste d’e-marketing. Seulement 10% des candidats passent cette étape. Ils sont ensuite contactés par téléphone puis reçus en entretien physique. Sur environ 2 000 candidats inscrits en ligne, une trentaine intègre finalement l’école.

La Rocket School entend faire une grande place aux femmes dans l’univers IT. L’école va féminiser sa direction et engager des actions de communication auprès des femmes pour leur présenter les métiers du numérique.

94 % des candidats trouvent un emploi

La formation au Growth Hacking débute par douze mois d’enseignement accéléré à l’école, selon le principe du bootcamp. « C’est très intensif. Il y a sept heures de cours par jour, avec très peu de théorie et beaucoup de pratique ; plus du travail à la maison. Donc c’est une formation à temps plein pendant trois mois », prévient Cyril Pierre de Geyer. L’enseignement porte notamment sur la rédaction de textes à des fins promotionnelles (copywriting), la gestion et la diffusion de campagnes d’e-mailing, l’acquisition de trafic web et le référencement, le pitch produit ou la création d’une page de présentation d’un produit (Landing page). Les étudiants exploitent notamment les solutions Zapier (automatisation d’actions entre différentes applis web), Facebook Ads et Google Ads (diffusion des campagnes publicitaires sur réseau social), ainsi que Mailchimp, Autopilot et Sendinblue (e-mailing). Le cursus à la Rocket School intègre aussi une session d’une semaine consacrée aux bases du codage informatique, réalisée au sein de l’École 42. Il s’agit notamment d’acquérir les rudiments du langage Python et du scraping de pages web. Une première immersion dans le monde professionnel est également prévue avec deux stages de trois semaines dans des jeunes pousses de l’incubateur HEC de la Station F, le célèbre campus de start-up parisien. « L’objectif est, qu’à la fin de ces trois mois de formation, le candidat soit opérationnel, dès son premier jour en entreprise », précise Cyril Pierre de Geyer. Après le bootcamp, l’étudiant enchaîne avec une formation en alternance dans une des 150 entreprises partenaires de la Rocket School. Il s’agit très majoritairement de start-ups, comme Aircall, Sensio, Platform.sh, mais également de plus gros acteurs comme BlaBlaCar, la Société Générale ou Samsung. Selon le projet du candidat, l’alternance peut durer un ou deux ans, afin de décrocher un diplôme de type bachelor (bac +3) ou master (bac +5). Ce diplôme, dont l’intitulé est Responsable d’acquisition numérique, est reconnu par l’État. L’école bénéficie d’ailleurs du label de Grande école du numérique (GEN) du ministère de l’Économie et des Finances.

À l’issue du cursus, l’étudiant est embauché dans la quasi-totalité des cas. L’école affiche en effet un taux de recrutement de 94 %. Les 6 % restant correspondent à des abandons ou de rares exclusions pour manque d’assiduité.

Notons enfin qu’il s’agit d’une formation gratuite pour les candidats. La Rocket School est en effet financée par Pôle Emploi ainsi que les OPCA (Organisme paritaire collecteur agréé). « L’objectif de l’école est sociétal, plus que financier. Notre volonté est d’être le trait d’union entre des talents bruts qui s’ignorent et des entreprises qui ont besoin de nouvelles compétences pour se développer », conclut Cyril Pierre de Geyer.


« La garantie de trouver un emploi est très motivante »

Georges Dan-Joseph, futur Growth Hacker

À 26 ans, Georges Dan-Joseph est un ancien militaire qui termine tout juste le bootcamp de la Rocket School. Sa passion pour l’informatique remonte à l’enfance. « J’étais le Geek de la famille, à qui on demandait des conseils sur quoi acheter ou comment fonctionne tel ou tel logiciel. » Deux ans avant le bac, il décide d’arrêter l’école et, après quelques petits boulots, s’engage dans l’armée de Terre. À la fin de son contrat, il revient à sa première passion. « J’étais bien décidé à me lancer dans la programmation informatique. J’ai alors tenté ma chance à l’École 42. Le parcours de sélection a été très intéressant, mais je n’ai hélas pas été retenu. Je me suis tourné vers un bootcamp, “ The Hacking

Project ”, pour apprendre à coder. » Après cette formation, Georges s’installe en tant que développeur freelance et décroche un premier contrat. « J’ai développé un site web pour un loueur de voitures. Ils étaient satisfaits du résultat, mais m’ont demandé des conseils sur l’acquisition de clients. J’ai alors compris qu’il serait pertinent de compléter mes compétences en développement web par des connaissances en marketing. » C’est dans cette optique qu’il a rejoint la Rocket School. « C’est intensif. Il faut mettre sa vie entre parenthèses pendant trois mois et ne faire que ça ! Mais l’ambiance est excellente et les intervenants très compétents. » L’ancien militaire va maintenant suivre la formation en alternance dans une start-up dédiée au financement participatif. « La garantie de trouver un emploi à l’issue de la formation est très motivante. On sait que nos efforts seront payants », conclut-il.

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