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Comment le backup se réinvente
Bertrand Garé / mardi 12 septembre 2017 / Thèmes: Dossier

Comment le backup se réinvente

Les approches de Cohesity, Veeam, Rubrik, Arcserve et Acronis

Avec la croissance du volume des données dans les entreprises et les nouvelles technologies comme le Cloud ou la virtualisation, les architectures classiques de sauvegarde des données montrent leurs limites. Elles répètent un vieux modèle en silo et en îlots de protection de données. De nouveaux acteurs essaient de renouveler le modèle pour assurer un backup plus adapté aux nouvelles contraintes des entreprises. Article paru dans le n°159 de L'Informaticien.

Le volume de données que les entreprises doivent sauvegarder augmente d’année en année. La moyenne s’établit aux alentours d’un pétaoctet par entreprise aujourd’hui ; et ce n’est que le début ! La montée en puissance du modèle digital dans les entreprises pousse à une augmentation encore plus forte à l’avenir. La virtualisation a fait entrer dans les entreprises des outils le plus souvent dédiés à ces environnements pour le backup des données sur les machines virtuelles. Les produits classiques n’étaient pas –­en tout cas dans les débuts­– adaptés à ces nouveaux environnements. Les environnements de backup se sont donc empilés tout en créant des silos ou des îlots technologiques sans liens entre eux.

Le backup devient alors complexe et le plus souvent inefficace du fait des nombreuses sources de données à sauvegarder. À la fin, les entreprises ne reconnaissent plus leurs petits avec le phénomène de dark data, ou l’ensemble des données que l’entreprise conserve sans pour autant les utiliser à quoi que ce soit, et les coûts une fois de plus s’envolent sans aucun intérêt métier pour l’entreprise.

Au fil du temps les opérations de restauration des données deviennent de plus en plus longues et en complet décalage avec les besoins des services informatiques et métier des entreprises. Pis, le coût de maintien en condition opérationnelle de ces différents systèmes devient insupportable. Les systèmes ont de plus de difficultés à évoluer du fait de leur conception sous forme d’appliances et leur modèle « scale up », par ajout de matériel pour répondre aux besoins de capacités ou de performances. Mohit Aron, fondateur et CEO de Cohesity, décrit le phénomène d’une simple phrase : « Le modèle du backup est cassé et il faut réinventer autre chose. » Dans le même temps, la valeur des données est devenue plus importante avec les possibilités qu’offrent les outils analytiques et les systèmes d’enregistrement comme les logiciels de gestion de la relation client ou les ERP (Entreprise Resources Planning). Il n’est plus possible aujourd’hui de supprimer les données comme auparavant. La gestion du cycle de vie de la donnée, tout du moins sa gestion dans le temps, est devenue un impératif catégorique pour les entreprises afi n de les utiliser le plus possible pour leur métier mais aussi pour respecter les réglementations de plus en plus contraignantes autour de la rétention des données.

 

L'architecture de la solution de Cohesity.

COHESITY redéfinit le stockage secondaire

De nouveaux acteurs d’horizons très différents proposent de nouvelles approches de la sauvegarde visant à résoudre les problèmes que rencontrent les entreprises dans le domaine. Mohit Aron, le CEO de Cohesity, ne doute de rien et se donne pour mission de redéfinir le stockage secondaire (backup, archivage…) qu’il trouve fragmenté et inefficace. Il propose de simplifier l’état actuel du stockage secondaire en consolidant sur sa plate-forme qui repose sur une infrastructure hyper convergente nativement conçue pour intégrer le Cloud, tout cela en réduisant les coûts de près de 50 %. La solution peut être déployée sur un serveur x86 de commodité ou dans une machine virtuelle comme des serveurs UCS de Cisco. La protection des données est assurée par la technologie brevetée Snap Tree, un snapshot utilisant la redirection distribuée pour les écritures (DROW Distributed Redirect on Write) où les changements sont automatiquement redirigés vers de nouveaux blocs. Cette solution évite d’avoir à reprendre une cascade de snapshots lors d’une opération de restauration et d’obtenir ainsi de meilleures performances. Une des solutions à suivre du fait de l’attraction qu’elle connaît aux États-Unis.

 

Un écran de la sauvegarde d'une machine virtuelle dans Veeam.

VEEAM assure la disponibilité des données

Ne dites plus sauvegarde, ou backup, mais disponibilité des données ! Dans le contexte de la transformation numérique des entreprises, le concept basique de backup est un peu dépassé et Veeam veut offrir une plateforme autorisant une disponibilité permanente des données. Au coeur de la plate-forme : la Veeam Availability Suite qui évolue. Elle intègre des fonctions de protection continue des données (CDP). Les partenaires de l’éditeur peuvent utiliser cette fonction pour étendre leur service par Veeam Cloud Connect pour avoir comme stockage cible un environnement cloud. Pour rappel, Cloud Connect utilise l’API de vSphere pour filtrer les I/O et offrir une réplication continue des données vers des Clouds privés ou managés. Veeam Cloud Connect se dote également d’une intégration avec vCloudDirector de VMware pour simplifier la configuration des containers de ressources en cas de reprise sur désastre par vCloud pour accéder aux consoles des réplicas des machines virtuelles par les fonctions natives de vDirector. La version étend le support et l’intégration de vRealize Log Insights. Autre amélioration, la suite supporte de plus les serveurs physiques et les NAS ainsi que nativement la plupart des stockages objets s’appuyant sur l’API S3/Swift. Les partenaires de Veeam proposant des services en ligne peuvent compléter leur portefeuille de services avec « Tape as a service for Veeam Cloud Connect Backup ». Par un partenariat avec Starwind et sa technologie de bande virtuelle, Veeam propose une solution de remplacement des librairies de bandes sur S3 et Glacier d’AWS. Les intégrations avec AWS se font plus présentes avec la mise à disposition de Veeam Availability for AWS, une solution sans agent de protection des données d’applications AWS ainsi que pour la migration et la gestion des données dans un environnement multi cloud. Les sauvegardes et les restaurations se réalisent sur des instances EC2.

 

L'idée de fond avec Rubrik est de ramener de la simplicité dans la gestion des données.

RUBRIK consolide l’ensemble des fonctions

Rubrik commence à se faire un nom, même en Europe où la base clients s’étoffe régulièrement. L’entreprise est d’ailleurs largement soutenue par plusieurs VC, dont Khosla Ventures, et plusieurs personnalités sont à son board comme John Thompson, le chairman de Microsoft, ou Dheeraj Pandey, le CEO et fondateur de Nutanix ! L’entreprise a déjà levé 112­millions de dollars à ce jour. L’entreprise se place directement face à EMC, Veeam ou Commvault. Là encore, la solution vise à simplifier la gestion et la protection des données en consolidant l’ensemble des fonctions nécessaires dans une seule plate-forme logicielle et une architecture la plus simple possible pour protéger les environnements physiques et virtuels dans l’entreprise avec une gestion automatique des réplications, de rétentions longues ou de recherches dans le Cloud public. Différents cas clients présentés lors de cette visite ont permis de voir que la solution permettait de supprimer de nombreux équipements en consolidant sur Rubrik comme les baies de backup ou de bandes. Une appliance dans chaque site, les fonctions du logiciel et d’automatisation suffi sent pour arriver à ce but ; la solution la plus simple, mais aussi la plus classique de notre visite, et qui connaît de ce fait une visibilité importante. La dernière version de la solution de l’éditeur, la 4.0 au nom de code Alta, ajoute des services d’instanciations de services cloud comme celui d’AWS. L’idée de fond de la solution est de ramener de la simplicité dans la gestion des données et de la sauvegarde de celles-ci en proposant une solution permettant de casser les silos en étant capable de sauvegarder les données de l’ensemble des sources de données –­blocs, fichiers et dans les environnements physiques, virtuels ou cloud.

ARCSERVE : intégration avec les grands Clouds publics

Chez Arcserve, un acteur historique du backup, la nouvelle version d’UDP se caractérise par une plus grande facilité d’intégration avec les grands environnements de Clouds publics et une simplification des différentes opérations dans des environnements hybrides. Il est maintenant possible de conserver des points de sauvegarde sur le Cloud d’Amazon par l’API­S3 et l’ordonnancement s’améliore avec une gestion granulaire des copies. La solution se positionne comme une alternative aux solutions actuelles de rétention longue sur bande. Avec EC2, il est possible désormais de sauvegarder une instance vers un partage NFS ou CIFS sur les environnements Linux ou vers un serveur local RPS dans Windows. Une fonction de stand-by virtuel, VSB (Virtual Stand-By), supporte la conversion de Points de Sauvegardes vers des machines virtuelles sur AWS EC2 et offre le plus haut niveau de possibilité en reposant sur le Cloud public en transférant les sauvegardes locales vers AWS EC2 facilement et rapidement. Le Cloud d’AWS devient ainsi un tiers de stockage à part entière et peut devenir le tiers pour mettre en oeuvre un PRA (Plan de Reprise d’Activité). La version est compatible avec Windows Server 2016 et vSphere­6.5 ainsi qu’avec différentes distributions Linux. Le logiciel est aussi compatible avec toutes les solutions NAS et la gestion a été simplifiée depuis l’interface d’UDP. Les snapshots hardware peuvent être orchestrés comme sources de sauvegardes. Il est de plus possible de sauvegarder des environnements Office­365 depuis le Cloud sur un serveur local. Des fonctions de tests permettent aux utilisateurs de voir l’état des Points de Récupérations en reposant sur l’automatisation de tests non-intrusifs. Les fonctions de reporting se sont sophistiquées et fournissent des résultats plus détaillés permettant des prises d’action automatiques. La déduplication est incluse. Elle est globale et à la source.

ACRONIS : des points de restauration de 15 secondes

Acronis apporte sa différence avec l’intégration des technologies de blockchain pour assurer l’intégrité des données sauvegardées. Autre axe de différenciation des solutions d’Acronis, la performance. L’éditeur se veut le plus rapide du marché et pas Un écran de la sauvegarde d’une machine virtuelle dans Veeam. seulement à l’ouest du Pecos ! il souhaite obtenir des points de restauration de 15­secondes. L’éditeur a renforcé la sécurité de la solution avec des outils de protection contre les rançongiciels. Enfin, Acronis vise la simplicité avec la possibilité de faire une sauvegarde en 3­clics par une interface centralisée sur plus d’une vingtaine d’environnements physiques, virtuels ou clouds.

À travers ces différentes solutions, une sorte d’état de l’art du backup nouveau se dessine avec, en toile de fond, la simplicité par une administration ouverte et centralisée sur les différents environnements présents dans l’entreprise, une évolutivité avec du « scale out » avec des possibilités de débordement ou de complément dans le Cloud. Tout cela se combine avec des performances de haut niveau pour réduire les temps de restauration et de sauvegarde malgré l’utilisation de matériels de commodité x86. Ces approches visent surtout à contenir les coûts et les solutions présentées dans l’article mettent toutes en avant les baisses drastiques dans les environnements de sauvegarde avec des coûts totaux de possession bien inférieurs aux solutions classiques de backup.

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