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Loïc Duval / mardi 13 mars 2018 / Thèmes: Dossier

Ce qu’il va falloir surveiller chez Microsoft en 2018

Sous l’impulsion de Satya Nadella, Microsoft a retrouvé du dynamisme et profondément transformé ses business. Les défis de la mobilité et du cloud sont pourtant toujours aussi critiques pour son avenir. Et la roadmap de l’entreprise pour 2018 s’avère bien chargée…

L'un des grands défis de Microsoft en 2018 sera de se faire une place dans le Quantum Computing.

Rester pertinent dans un univers qui a profondément été transformé par le Cloud et la mobilité… Les défis qui attendent Microsoft en 2018 ne diffèrent guère, en fin de compte, de ceux des dernières années. Et si, avec Azure et Office 365, Microsoft a sans conteste réussi son virage cloud, celui de la mobilité reste un cuisant échec qui met en péril l’avenir même de Windows. 2017 a vu l’arrivée de Windows 10 S pour contenir la progression des Chromebooks, mais surtout pour préparer, petit à petit, un monde Windows centré sur les applications universelles UWP et le Windows Store.

2018 verra la multiplication des PC « Always Connected » principalement à base de processeurs ARM qui, eux aussi, feront la part belle au Windows Store tout en proposant une autonomie encore jamais vue sur PC et dépassant allègrement les 20 heures de travail consécutives. Ces efforts visent à moderniser l’image du PC et de Windows. Mais ils ne masquent pas le fait que 2017 aura surtout vu l’abandon des smartphones Lumia et l’implémentation de technologies « Continue on PC » sous Android et iOS pour tenter de rapprocher Windows 10 de ces environnements mobiles concurrents.

Reste que, de l’aveu même de Satya Nadella, Microsoft n’en a pas terminé avec l’univers des smartphones et de l’ultra-mobilité, et veut encore tenter de nouvelles choses…

L’ère du cross-platform

Après avoir un temps envisagé d’insuffler une compatibilité Android au cœur de Windows 10 mobile (projet Astoria), l’éditeur a préféré opter pour une politique à plus long terme : faire de Windows 10 la plate-forme de développement universelle pour le Cloud et la mobilité. Un effort qui s’est traduit d’une part par l’apparition des Bash Ubuntu, Fedora, OpenSuse et Suse LES au cœur de Windows 10 (via la couche Windows Subsystem for Linux) et d’autre part par l’absorption de Xamarin pour faire de Visual Studio l’outil de développement des applications mobiles cross plates-formes. Des initiatives qui s’accompagnent aussi de l’arrivée de Visual Studio pour Mac, et du développement en Open Source de .NET Core (dotnet.github.io), ASP.NET, PowerShell, VisualStudio Code, etc. En un peu plus d’un an, Microsoft a donc placé toutes les briques nécessaires pour permettre aux développeurs .NET de créer indifféremment des applications Windows 10 UWP, Android et iOS. Même les concepts visuels « Fluent Design » de Windows 10 commencent à émerger dans les applications mobiles iOS et Android créées avec les outils de développement de Microsoft. L’objectif en 2018 est pour l’éditeur de peaufiner cette vision cross plateforme afin de l’imposer à davantage de développeurs mobiles Google & Apple, une tâche qui n’est pas simple et un challenge loin d’être remporté.

Progressive Web Apps

Parallèlement à cet effort, Microsoft devrait aussi concrétiser dans le courant de l’année 2018 – a priori avec Windows 10 Redstone 4 – le support des Progressive Web Apps (PWA). Rappelons qu’une PWA est une application créée avec les technologies traditionnelles du Web (HTML, JavaScript, CSS) et s’exécutant comme une app native sans tout l’attirail visuel du navigateur. Les PWA s’adaptent aux différentes tailles d’écrans et formats de terminaux, supportent les notifications et l’Action Center, et s’exécutent même hors connexion. Initiées par Google, elles ne sont pour l’instant supportées que par Chrome. Microsoft a annoncé son intention non seulement de supporter les concepts PWA dans Edge, mais également de participer activement à leur formalisation et à leur enrichissement. Il est d’ailleurs amusant de voir comment les visions de ces deux entreprises se sont rapprochées : Google parlait de « Streaming Apps » pour Android avant de pseudo-formaliser PWA, et dans le même temps Microsoft lançait le concept de « Hosted Web Apps » pour publier les Web Apps sous forme d’Apps UWP, du PWA avant l’heure. Dès 2018, les PWA pourront donc s’exécuter sous Windows 10 comme une App native – en tirant profit des notifications par exemple – et se diffuser via le Windows Store. Ce support pourrait enfin permettre à Windows de combler son fameux manque d’apps « modernes ». Car les développeurs semblent de plus en plus adhérer à ce nouveau format. Twitter, Trello, Slack, et d’autres l’ont déjà adopté. D’autant que Google pousse aussi activement vers cette migration : l’éditeur est en passe de retirer le support des « Chrome Apps » sur les versions Windows, Mac et Linux de son navigateur et encourage désormais les développeurs d’apps pour ChromeBooks à opter pour PWA au lieu de s’appuyer sur les API Chrome Apps. De son côté, Microsoft exploite déjà l’approche PWA avec son app Flow (galaxie Office 365) et a révélé qu’en 2018, la version Windows de Microsoft Teams diffusée via le Windows Store serait, elle aussi, une PWA !

Le mystère Andromeda OS

Tout ceci nous amène à ce qui est sans aucun doute le secret le mieux gardé de Microsoft. Vous ne trouverez personne chez l’éditeur, même sous le sceau de l’anonymat, pour s’exprimer sur le sujet. Pourtant, à Redmond, le projet accapare un nombre important d’ingénieurs. Ce que l’on sait du système, c’est qu’il concrétise plus de dix ans d’effort de détricotage des couches de Windows. Ces efforts ont déjà donné « OneCore », la version actuelle sur laquelle s’appuie Windows 10 et Windows 10 mobile, mais aussi Windows Server Core et Windows Nano Server. Car, malgré les efforts d’unification, Windows 10 Mobile reste dans les faits une version différente de Windows 10 Desktop. Si l’on en croit les indiscrétions récoltées par les généralement-très-bien-informés Paul Thurott et Mary-Jo Foley, Microsoft veut, avec « Andromeda OS », déboucher sur un Windows « Core OS » (WCOS) minimaliste, modulaire, et unique, doté d’un nouveau Bureau/Shell, dénommé CShell, capable de s’adapter à tous les formats d’appareil. Toujours selon eux, le projet Andromeda OS devrait animer une nouvelle génération d’appareils mobiles à mi-chemin entre le smartphone et le PC ultramobile : le projet « Andromeda / Surface Phone », que certaines rumeurs décrivent comme un smartphone à double écran capable d’exécuter les applications PC. Au-delà, Andromeda OS devrait permettre à Microsoft et aux constructeurs d’imaginer n’importe quel type d’appareils sans avoir à produire une version spéciale de Windows à chaque fois – alors que Windows 10 a dû être décliné en variantes IoT, mobile, Xbox, Surface Hub et Hololens. Pour l’instant, Andromeda OS soulève beaucoup de questions sans réponse : L’OS est-il « Windows 10 Redstone 5 » ou un projet différent ? Son aspect modulaire lui permet-il de transposer l’essentiel de son interface utilisateur sous Android ou un autre OS ? Fait-il la part belle à UWP, aux PWA ou à autre chose ? Son UX est-elle simplement l’aboutissement de ce que Microsoft cherchait à faire avec Continuum ou une totale refonte des concepts de bureau et d’écran d’accueil ? Il faudra probablement attendre la fin 2018 pour obtenir les premiers éléments de réponse.

Comme en 2016 et 2017, Windows 10 devrait encore bénéficier de deux mises à jour majeures en 2018. La première, Redstone 4, est attendue dès le mois de mars (build 1803) et devrait apporter de nombreuses nouveautés ergonomiques. La seconde semble planifiée pour le mois de septembre. 

Quantum Computing

Comme si redonner de la pertinence à Windows et s’assurer un avenir dans la mobilité n’était pas suffisant, l’autre grand défi de Microsoft en 2018 sera de se faire une place dans le Quantum Computing. L’éditeur a investi des sommes pharaoniques en recherche fondamentale sur ce thème. Pourtant, son nom est encore trop rarement cité dans les articles portant sur le sujet, les regards étant surtout tournés vers IBM, Google et Atos. Mais, avec son approche topographique originale, Microsoft pourrait en fin de compte bien disposer de la technologie la plus prometteuse, à même d’offrir dans un avenir proche quelque 100 Qubits de calcul. Microsoft croit fermement au potentiel de l’informatique quantique, mais sait aussi à quel point cette technologie est si contre-intuitive, impliquant une pensée si différente de l’informatique classique, qu’il faut dès maintenant former les futurs développeurs « quantiques » avant même la disponibilité des ordinateurs. C’est pourquoi l’éditeur a lancé, à la fin 2017, son Microsoft Quantum Development Kit qui comporte un nouveau langage de développement (Q#) pour manipuler qubits et portes quantiques, un ensemble de librairies « quantiques » pré-créées par Microsoft et surtout deux simulateurs : le premier permet d’émuler un ordinateur quantique de 30 qubits sur un PC local (16 Go de RAM nécessaire pour 30 qubits) et le second fonctionne sous Azure pour vous permettre de dépasser les 30 qubits. Pour info, émuler un ordinateur 40 Qubits nécessite 16 To de RAM ! Pour en savoir plus : www. microsoft.com/quantumdevkit. Bien sûr, les défis de la firme de Redmond ne se limitent pas à ces chantiers phares. Ils s’étendent aussi à Azure qui doit continuer d’évoluer au même rythme rapide pour continuer de se rapprocher des parts de marché d’AWS, tout en contrant les velléités de Google Cloud et IBM Bluemix. Le succès du Cloud Microsoft passe notamment par l’expansion des Datacenters français qui viennent juste de démarrer et par une large diffusion d’Azure Stack, brique essentielle pour imposer Azure en Cloud Privé et concrétiser les scénarios hybrides promis de longue date. L’IoT, l’IA, l’informatique ambiante (notamment via Cortana) sont autant d’autres domaines ultra-concurrentiels et porteurs que l’entreprise, créée par Bill Gates il y a 43 ans, ne peut se permettre d’ignorer et sur lesquels elle devra batailler ferme en 2018.

 


Teams, incontournable…

Lancé en 2017 et plutôt bien accueilli par les entreprises, Teams devrait s’imposer en 2018 comme l’une des pierres angulaires de la stratégie Office 365 des entreprises, imposant sa vision du tchat comme outil premier de collaboration. D’autant que Teams remplacera progressivement Skype for Business, intégrant petit à petit toutes les fonctionnalités de ce dernier. Surtout, Microsoft a pensé Teams comme une plate-forme extensible. Éditeurs et entreprises peuvent y greffer non seulement leurs propres extensions, mais aussi leurs propres BOT pour enrichir les discussions. Autant d’opportunité pour les développeurs qui cherchent de nouvelles pistes de services à proposer aux entreprises.

 


La réalité virtuelle doit faire ses preuves

2018 sera probablement une année clé pour la réalité virtuelle sous Windows et pour les casques Windows Mixed Reality sortis en fin d’année 2017. Au-delà des « early-adopters », Microsoft va devoir convaincre un plus large public de l’intérêt de ces expériences immersives, ce qui passe d’abord par convaincre les développeurs. En théorie, les usages de ces casques sont aussi bien grand-public que professionnels. De quoi s’ouvrir un vaste marché. Mais si rien ne bouge en 2018 et si les ventes ne décollent pas, c’est toute la stratégie Hololens/Mixed Reality de Microsoft qui en pâtira.

 


Windows 10, la suite

Comme en 2016 et 2017, Windows 10 devrait encore bénéficier de deux mises à jour majeures en 2018. La première, Redstone 4, est attendue dès le mois de mars (build 1803) et devrait apporter de nombreuses nouveautés ergonomiques. La seconde semble planifiée pour le mois de septembre

 


Quel avenir pour les Surfaces ?

La gamme Surface a-t-elle un avenir ? La question a été plusieurs fois posée en 2017 par certains observateurs et par des concurrents inquiets du succès de la Surface Pro. Avec ses Surface Books, Surface Laptops et Surface Studio, Microsoft a montré au marché qu’il était possible de réinventer le PC et de redynamiser en partie ledit marché. La concurrence a fini par recevoir le message et elle contre-attaque. Il faudra en 2018 surveiller la capacité de Microsoft à continuer de surprendre et d’inventer avec ses Surfaces…

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