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NO SQL : L'AVENIR DES SGBD ?

déc. 13 2011

Pilier des infrastructures applicatives depuis plus de dix ans, SQL connaît ses limites avec l’émergence du modèle distribué en nuage et l’impatience des utilisateurs d’Internet. Au-delà de 4 secondes, l’internaute est déjà parti surfer sur un autre site avec autant de manques à gagner si vous êtes un marchand du Net. Créé pour structurer les données, SQL est aussi désarmé face à l’explosion du trafic de données non ou semi structurées. Pour remédier à ces lacunes, des éditeurs ont imaginé de nouvelles solutions en prenant le contre-pied de SQL et en refusant de structurer totalement la base. Ce mouvement, le No SQL, connaît déjà ses dissidents qui souhaitent combiner le meilleur des deux mondes. S’ils sont également «NO » SQL, ceux-ci s’accordent plus précisément sur le slogan « Not Only » SQL. Tour d’horizon et enjeux autour de ces technologies.

 

Plus qu’une technologie, No SQL est devenu un phénomène. En l’espace de seulement quelques années, une simple plate-forme destinée à corriger certaines lacunes de SQL est devenue une application qui anime le marché avec une communauté de plus en plus importante d’entreprises nouvelles capables d’attirer des capitaux de plus en plus imposants. Le pourquoi du comment – et le combien ! – sur ce marché en devenir.
Qu’est-ce qui a bien pu pousser Don Rippert, CTO d’Accenture, à devenir après 30 ans de bons et loyaux services le CEO de Basho, petite start-up dans le domaine des bases de données No SQL ?

Si l’intéressé a mis le fun en avant, il a aussi sa petite idée en tête : faire partie de la prochaine révolution des systèmes IT. Dans son rôle de CTO chez Accenture, il traitait quotidiennement pour les clients des sujets en rapport avec le Big Data et les bases No SQL. Quand l’occasion s’est présentée il est monté dans le bateau d’une entreprise du secteur. Il est persuadé que les entreprises vont bientôt adopter ce type de technologie en masse pour faire face à l’explosion des données non structurées qu’elles auront à gérer dans un proche avenir. Pour mémoire, IDC prévoit que ce seront 1,8 Zettaoctet qui seront stockées durant cette année. Don Rippert estime que No SQL est la réponse à environ 40 % des business cases du moment dans les entreprises. 

Autre exemple : 10gen, une société de services spécialisée dans le support de la base MongoDB, une autre base de données No SQL, vient de lever 20 M$ auprès de très sérieux business angels. Si beaucoup de start-up s’affichent dans le secteur, il n’y aura certainement pas de la place pour tout le monde. Et chacun de prendre dès que possible position sur le marché. Celui-ci pourrait connaître une vague importante de consolidation. Les grands acteurs du marché devraient rapidement remplir leur caddy pour prendre leurs marques sur le secteur et se partager une part de ce gâteau que tous espèrent juteux. On pourrait à l’envie allonger la liste des bénéficiaires d’investissements en millions de dollars dans ce domaine : Riptano, Membase, Clustrix, Couchbase… 

Un marché en devenir

Les chiffres n’expliquent cependant pas vraiment un tel engouement. En 2015, le marché des bases de données No SQL va s’étalonner à 1,8 milliard de dollars, soit à peu près autant que le marché du CRM Social. La croissance moyenne pondérée sur la période 2011-2015 va être de 32 % selon une analyse récente du cabinet Research Media. Durant la même période, le No SQL va générer 5,6 Mrds $ de revenu. Souvent issues de la mouvance des logiciels libres, les bases No SQL connaissent un fort développement du fait de leur utilisation dans des secteurs très porteurs comme les réseaux sociaux ou l’informatique en nuage. Bref dans tous les environnements où le traitement de vastes volumes de données est nécessaire. 

C’est de plus un marché intensif en services qui demande des spécialistes d’environnement complexe avec une forte connotation métier et à forte valeur ajoutée. Si elles ne sont pas la panacée universelle, les bases No SQL sont un bon complément sur certaines tâches aux bases relationnelles existantes et pourraient à terme ébranler l’oligopole actuel autour d’Oracle, IBM et Microsoft. D’ailleurs ces grands acteurs de la base de données suivent le phénomène comme le lait sur le feu et n’hésitent pas à franchir le pas en se dotant eux-mêmes d’outils de ce genre. 

Oracle vient ainsi d’ajouter à son catalogue une base No SQL qui combine les avantages des technologies clés/valeurs des bases No SQL et la stabilité apportée par le standard ACID (Atomic, Consistent, Isolated, Durable Transactions) dans les bases SQL. La base n’est pas complètement ACID mais certaines avancées techniques embarquées permettent de s’en approcher...

(Début de l'article paru dans le magazine L'Informaticien n°97)


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