X

Google est politiquement neutre assure Sundar Pichai devant le Congrès

Le patron de Google Sundar Pichai a vigoureusement rejeté mardi devant le Congrès américain les accusations, portées par le président Donald Trump en personne, de "partialité" du géant de l'internet au détriment des républicains.

Le PDG de Google Sundar Pichai arrive au Congrès américain, à Washington, le 11 décembre 2018

"Nous n'avons pas trouvé de preuve de ces accusations", a-t-il martelé, s'appuyant sur une enquête menée de "façon indépendante" qu'il est prêt à remettre aux élus américains.

Interrogé par la commission judiciaire de la Chambre des représentants, Sundar Pichai s'est constamment érigé contre l'idée que son groupe puisse être "politiquement biaisé", répétant à de nombreuses reprises que Google "ne mettait pas en avant des informations" privilégiant un groupe, une idée. Google "fabrique ses produits de manière neutre", a-t-il insisté.

Au représentant républicain du Texas Lamar Smith, qui a affirmé avec virulence qu'il était "irréfutable" que les recherches sur Google étaient biaisées, le patron a répondu calmement: "fournir des informations de grande qualité et fiables est notre credo".

L'entreprise ne vend pas les milliards de données de ses utilisateurs, a poursuivi M. Pichai, costume et lunettes sombres, tout en reconnaissant que le fait que Google connaisse les préférences de ses consommateurs dans les moindres détails pouvait poser problème. 

Pour autant, le géant de l'internet met, selon lui, un point d'honneur à respecter la vie privée et à assurer la sécurité informatique. "Nous offrons différents contrôles pour la géolocalisation par exemple. Nous rappelons que les utilisateurs peuvent surveiller le respect de leur vie privée", a-t-il expliqué.

Google "pourrait faire davantage" en éduquant mieux ses utilisateurs, a-t-il néanmoins concédé.

Le dirigeant, qui a rappelé ses origines indiennes et avoir rejoint le géant californien il y a 15 ans, a souligné que Google était déterminé à travailler avec le gouvernement américain "pour garder le pays en sécurité".

"Nous nous efforçons de nous assurer de l'intégrité de nos produits et nous avons mis en place un certain nombre de garde-fous pour nous assurer qu'ils continuent à respecter nos critères", a-t-il dit.

"Je dirige cette entreprise sans biais politique et veille à ce que nos produits continuent de fonctionner pareillement", a-t-il assuré.

Le site américain d'extrême droite Breitbart avait diffusé en septembre une vidéo interne à Google où l'on pouvait voir plusieurs de ses dirigeants, ainsi que des employés, regretter amèrement l'élection du républicain Donald Trump en 2016.

L'hôte de la Maison Blanche n'a, lui, jamais caché sa défiance vis-à-vis des groupes technologiques, qui ont pour beaucoup historiquement plutôt affiché des sympathies démocrates.

Il a ainsi multiplié ses attaques, accusant notamment Google de censurer les voix conservatrices et de favoriser les articles provenant de médias classés à gauche dans ses résultats de recherche.

Manipulation de l'opinion

Bob Goodlatte, le président républicain de la commission, a lui souligné l'importance de restaurer la confiance des Américains dans une entreprise qui est "le plus grand collecteur de données que l'histoire ait jamais connu", à travers des milliards de recherches quotidiennes, de quoi faire "rougir la NSA" (National Security Agency, l'agence de renseignement électronique).

Google doit, selon lui, s'assurer que ces données ne sont pas utilisées contre ses utilisateurs. "Nous voulons plus de transparence", a-t-il demandé.

L'entreprise californienne s'est régulièrement retrouvée ces derniers mois sous le feu des critiques du président et de certains élus dénonçant, sans preuves à l'appui, la "partialité" des géants du web. 

Il y a peu d'indices suggérant que Google, pour des raisons politiques, fausse les résultats de recherche, selon des spécialistes des technologies. 

Le groupe est aussi fréquemment montré du doigt sur les sujets de la sécurité informatique et de sa domination du marché des moteurs de recherche sur internet. 

"La protection de la vie privée et de la sécurité de nos utilisateurs est depuis longtemps une partie essentielle de notre mission", a rétorqué Sundar Pichai.  

M. Pichai a aussi défendu un projet de moteur de recherche en Chine respectant les règles de censure imposées par Pékin à ses internautes, très critiqué, y compris en interne.

"Notre coeur de métier est de fournir un accès à l'information (...), un droit humain important", a-t-il argué.

Dans un communiqué mardi, l'influent sénateur républicain Marco Rubio a exhorté Sundar Pichai à abandonner ce projet, estimant que si ce moteur de recherche, baptisé Dragonfly, venait à voir le jour, l'entreprise deviendrait une "associée des oppresseurs du peuple chinois plutôt que de ceux qui sont oppressés".

Source : AFP - Delphine TOUITOU


Inscription gratuite à la newsletter de L'Informaticien.


Noter cet article (de 1 = Nul à 5 = Excellent) Valider
Autres infos Sécurité, Tendances

100 milliards !

100 milliards !

Des responsables de l’UE ont profité de la nouvelle Commission Européenne pour demander la création d’un fonds d’investissement de 100 milliards d’euros pour financer les pépites de la tech et...

Externaliser (ou pas) son «SOC» ?

Externaliser (ou pas) son «SOC» ?

Devant le renforcement de la réglementation… devant aussi la recrudescence des cyberattaques… de plus en plus d’entreprises songent à se doter d’un centre d’opérations de...

Devenir “Growth hacker”

Devenir “Growth hacker”

Comment réorienter sa carrière d’informaticien vers le secteur à forte croissance de l’e-marketing ? La Rocket School propose une formation accélérée de douze semaines, suivie par une ou deux...

RSS
Afficher tous les dossiers

VILLE NUMÉRIQUE : la transfo d'Issy-les-Moulineaux - Comment le Stockage s'unifie - Brexit : quelles conséquences pour l'industrie numérique ? - Google a-t-il vraiment atteint la suprématie quantique ? - La cyberprotection des sites industriels en question - PowerShell DSC - Epitech Digital...

 

CYBERSÉCURITÉ : Faut-il externaliser son SOC - Datacenters : des certifications pour y voir plus clair - Organisez vos workflows avec GitHub Actions - Transfo : pour l'agriculture, la rentabilité avant tout ! - Que deviennent les DataLabs ? - Emploi : la transformation numérique bouscule les recrutements des ESN...

 

TRANSFO NUMÉRIQUE : Schumpeter ou Solow ?... Destruction créatrice ou réorganisation ? - Cybersécurité : le modèle Zero trust - Les recettes tech de Meero - Devops : l'open source entre dans la normalité - Processeurs : AMD se détache ! - Infrastructure as Code : l'IAC avec Terraform - Emploi : Que valent les plates-formes pour freelances ?...

 

Afficher tous les derniers numéros
Les entreprises et les organismes publics se focalisent aujourd’hui sur la transformation numérique. En conséquence, les DevOps et l’agilité sont au premier plan des discussions autour des stratégies informatiques. Pour offrir ces deux avantages, les entreprises travaillent de plus en plus avec les fournisseurs de services de cloud public et développent désormais des clouds sur site à partir d’une infrastructure qui répond à trois exigences de base:
1. Agilité sans friction des ressources physiques
2. Systèmes de contrôle optimisant l'utilisation des ressources physiques et offrant un retour sur investissement maximal
3. Intégration des divers composants de l'infrastructure pour un provisionnement et une gestion des ressources automatisés.


Pour fonctionner, votre entreprise doit pouvoir compter sur une solution de sauvegarde efficace, essentielle dans un monde marqué par une croissance exponentielle des données. Vous devez à la fois accélérer vos sauvegardes et pouvoir y accéder plus rapidement pour satisfaire les exigences actuelles de continuité d’activité, disponibilité, protection des données et conformité réglementaire. Dans cette ère de croissance effrénée, les cibles sur bande hors site et autres approches traditionnelles sont simplement dépassées.


L’Intelligence Artificielle promet de révolutionner la perception de la cybersécurité au coeur des entreprises, mais pas uniquement. Ce changement de paradigme engage, en effet, une redéfinition complète des règles du jeu pour les DSI et les RSSI, ainsi que l’ensemble des acteurs de la sécurité.


Lorsque l'on déploie des postes de travail, ils ont généralement tous la même configuration matérielle et logicielle (avec certaines spécificités selon les services). Mais on ne peut pas toujours tout prévoir et il arrive par exemple que de nouveaux programmes doivent être installés ou n’aient pas été prévus. L’accumulation de logiciels « lourds » est susceptible de provoquer des lenteurs significatives sur un PC allant jusqu’à l’extinction nette de l’application. Ce livre blanc explique comment optimiser les performances au travers de 5 conseils rapides à mettre en place.


Ce guide est conçu pour aider les entreprises à évaluer les solutions de sécurité des terminaux. Il peut être utilisé par les membres de l'équipe de réponse aux incidents et des opérations de sécurité travaillant avec des outils de sécurité des points finaux sur une base quotidienne. Il peut également être utilisé par les responsables informatiques, les professionnels de la sécurité, les responsables de la conformité et d’autres personnes pour évaluer leurs performances. les capacités de l’entreprise en matière de cybersécurité, identifier les lacunes dans la sécurité des terminaux et sélectionner les bons produits pour combler ces lacunes.


Tous les Livres Blancs
Derniers commentaires
L'accusateur d'Elon Musk, Vernon Unsworth, arrive au tribunal fédéral de Los Angeles le 3 décembre 2019 Le spéléologue britannique qui poursuit devant un tribunal de Los Angeles Elon Musk pour diffamation a réclamé vendredi 190 millions de dollars d'indemnités pour un tweet dans lequel le patron de Tesla l'avait insulté de "mec pédo" ("pedo guy"). [Lire la dépêche...]

Alexander Nix, ancien dirigeant de la firme Cambridge Analytica, le 6 juin 2018 à LondresLes autorités américaines ont déclaré mercredi que la firme britannique Cambridge Analytica, connue pour le scandale de détournement massif de données d'utilisateurs de Facebook, a trompé les utilisateurs du réseau social sur sa façon de collecter et de traiter leurs informations personnelles. [Lire la dépêche...]

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Elysée, le 5 décembre 2019La proposition américaine d'une "solution optionnelle" pour la taxation du numérique est "inacceptable", a tranché vendredi le ministre français des Finances Bruno Le Maire, appelant les États-Unis, qui menacent Paris de sanctions douanières, à reprendre "de bonne foi" les discussions à l'OCDE. [Lire la dépêche...]

Baptiste Robert, hacker qui revendique une Baptiste Robert, 30 ans, est un hacker renommé à l'international. Depuis Toulouse où il vit, il débusque des failles jusque dans la messagerie sécurisée du gouvernement français ou une application du Vatican, une "action politique d'intérêt général", plaide-t-il. [Lire la dépêche...]

Près de 6.000 agressions sexuelles ont été signalées à Uber aux Etats-Unis en 2017 et 2018 Uber a révélé que près de 6.000 agressions sexuelles ont été rapportées par des utilisateurs ou des conducteurs de son service, ainsi que des tiers, aux Etats-Unis en 2017 et 2018, dans un rapport sur la sécurité publié jeudi. [Lire la dépêche...]

Avis de recherche publié par le FBI concernant Maxime Yakoubets, le dirigeant présumé du groupe de pirates informatiques Evil Corp, le 5 décembre 2019 à Washington
D'un clic, ils ont infecté des centaines d'ordinateurs dans le monde, accumulant plus de 100 millions de dollars en une décennie: deux hackers russes, accusés d'être à la tête d'un groupe de pirates informatiques lié aux services de renseignement du Kremlin, ont été inculpés aux Etats-Unis. [Lire la dépêche...]

Photo fournie par le média Noticias RCN du lieu à Bogota où un ingénieur français de Thales a été tué, le 2 décembre 2019La famille de l'ingénieur français du groupe Thales assassiné lundi soir en pleine rue dans un quartier huppé de Bogota par un "tueur à gages" est "très très remontée contre Thales", a indiqué jeudi le maire de la localité où vit la famille, près de Toulouse.  [Lire la dépêche...]

Huawei annule le lancement à Taïwan de son dernier smartphone et d'une montre connectée après que Taipei eut suspendu las vente de trois produits du géant chinois, qui présentaient dans les réglages l'île comme étant Huawei a annulé le lancement à Taïwan de son smartphone dernier cri et d'une montre connectée après que Taipei eut suspendu les ventes de trois produits du géant chinois des télécommunications qui présentaient dans leurs réglages l'île comme étant "Taïwan, Chine". [Lire la dépêche...]

Toutes les dépêches AFP
AgendaIT

CES

CES CES

L'International Consumer Electronics Show (International CES) se tient du 7 au 10 janvier 2020 à Las Vegas (LVCC, Westgate, Renaissance, Sands/Venetian,...). C'est le plus grand salon mondial professionnel dédié aux technologies grand public : 3900 exposants et 170000 visiteurs attendus. Thématique principale : The global stage for innovation. Organisé par la CTA (Consumer Technology Association).

AFCDP

L'Association Française des Correspondants à la protection des Données à caractère Personnel (AFCDP) organise la 14ème université des DPO (Data Protection Officers) le 14 janvier 2020

à Paris Maison de la Mutualité. Organisée par l'AFCDP.

FIC

FIC FIC
Ayant pour thème cette année "Replacer l'humain au coeur de la cybersécurité", le Forum International de la Cybersécurité occupe les 28, 29 et 30 janvier 2020 le Grand Palais de Lille. Organisé par la Région Hauts-de-France et Euratechnologies, la Gendarmerie Nationale et CEIS.

BIG DATA

Conférences et exposition sur le Big Data les 9 et 10 mars 2020 à Paris, Palais des Congrès de la Porte Maillot. Organisé par Corp Agency.

RSS
Voir tout l'AgendaIT