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Internet des objets : la revanche du bricks & mortar ?


L'Internet des objets est un élément important de ce que chacun qualifie de révolution industrielle numérique. Jusqu’à présent les observateurs se sont concentrés sur les capacités de calcul des flux de données issues des capteurs et autres objets connectés ou du stockage de ces données, faisant la part belle aux AWS, Google et autres acteurs géants de l’informatique. Pourtant le savoir industriel et les capteurs proviennent d’acteurs différents qui pourraient bien s’imposer comme les leaders de demain.

L’Internet des objets ou Internet of Things (IoT) étonne par la démesure des chiffres et des espoirs mis dans cette nouvelle technologie. Selon les estimations près de 50 milliards d’objets devraient rejoindre les réseaux IP.

Le cabinet Gartner voit un marché de 30 milliards de dollars en 2019 autour des capteurs et des services qui y seront associés. Rien que le déploiement des capteurs devrait générer 6,7 milliards de dollars la même année. Pour beaucoup, l’Internet des objets est donc vu comme un nouvel Eldorado. Éditeurs, industriels, équipementiers réseau, opérateurs télécom, tous se précipitent sur cet immense gâteau pour en prendre une part, si possible importante.

Jusqu’à présent, les observateurs, journalistes, analystes n’ont d’yeux que pour ceux qui ont la puissance de calcul et de stockage L pour traiter le flux provenant des capteurs et réaliser les analyses issues des données produites. Et de mettre en avant Amazon, Google e tutti quanti…

Une manne pour les acteurs informatiques ?

C’est oublier un peu vite comment se construit la chaîne de valeur autour de l’Internet des objets. Elle se construit d’abord par la création d’un capteur ou d’un appareil et d’un service associé à cet équipement. Il faut ensuite transporter ce flux d’informations, les stocker et les analyser afin de tirer de la valeur des données ainsi traitées.

Si les acteurs du marché précités sont sur la fin de cette chaîne, ils ne maîtrisent pas forcément le début de la chaîne. Ainsi, même l’exemple de l’Apple Watch ne montre pas une réelle originalité sur les services et les applications associées à cet équipement. D’autres acteurs sont déjà sur les mêmes créneaux. De plus, ils n’occupent que le terrain du « dernier kilomètre », celui qui rejoint l’utilisateur final mais pas tout le travail en amont. Si beaucoup voient dans les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) les acteurs dominants dans ce domaine, ils oublient trop vite, à mon avis, les géants industriels qui, eux, ont les moyens de dominer l’ensemble de cette chaîne, du capteur aux traitements et aux services associés du fait de leur expérience business et métier dans les applications. Ils répondent de plus aux vraies questions qui se posent encore autour de l’Internet des objets.

Les questions en suspens autour de l’IoT

Car si l’enthousiasme prédomine sur l’Internet des objets, beaucoup de questions se posent encore. La première, et la plus importante, concerne les standards qui seront choisis sur ces nouvelles plates-formes. Il en est de même pour les systèmes d’exploitations embarqués. Dans le secteur ont voit déjà quasiment le trop plein. Lepton, Riot, VxWorks, TinyOS, FreeRTos, Contiki, QNX, Tizen poussent déjà leurs feux. L’écosystème applicatif naissant est cependant restreint. Sur ces systèmes existent peu d’applications. Sur les standards, la guerre sera rude et il suffit de voir déjà les discussions au niveau européen pour se convaincre que la définition des standards ne sera pas chose facile.

Si des tests sont en cours comme un grid à l’échelle d’une zone d’activité à Toulouse sur un réseau Scada, personne n’est capable de dire aujourd’hui comment ces solutions vont pouvoir évoluer à une échelle plus grande d’une ville, d’un pays. Cette élasticité globale des réseaux de l’Internet des objets doit encore faire ses preuves.

De plus, les cas d’usages et les priorités peuvent varier selon les pays ou les zones suivant leur développement antérieur. Autre point, les questions de sécurité et de confidentialité ne sont pas résolues sur ces nouveaux environnements. C’est comme toujours un peu le point faible des nouvelles technologies.

Les industriels, les mieux placés ?

Pour répondre à ces différentes questions et souvent les seuls présents sur l’ensemble de cette chaîne de valeur, les industriels peuvent avoir les moyens de reprendre la main face aux Gafa et récupérer le terrain qu’ils ont concédé à ceux-ci. Ainsi Hitachi, un conglomérat qui fabrique à peu près tout ce qui peut se fabriquer…, détient la puissance informatique nécessaire pour proposer des services dans à peu près tous les domaines. Santé, sécurité publique, énergie, travaux publics… Siemens est dans le même cas et a une expérience dans de nombreux secteurs. Rappelons pour mémoire les investissements gigantesques que réalisent actuellement General Electric dans le secteur. Cisco, Qualcomm, mais aussi Michelin, et les fournisseurs d’énergie, sont sur les rangs avec souvent des moyens qui leur permettent de tenir leur rang dans la compétition face à de simples fournisseurs de puissance informatique. Même les pouvoirs publics participent à la danse. L’Allemagne développe un plan « Industry 4.0 » voulant faire de ce pays un des plus avancés dans le secteur grâce à l’Internet des objets. Le gouvernement français a intégré lui aussi la problématique dans ses différents plans d’avenir.

Au passage on peut rappeler que, dans le domaine, notre pays n’est pas si mal placé avec de grands industriels et un grand spécialiste des capteurs, STMicroelectronics. Tout le monde s’accorde à dire que l’Internet des objets va changer le jeu industriel. Il pourrait marquer aussi le retour en force des grands industriels, la revanche des tenants du bricks & mortar. Vous savez…, ceux voués à une mort certaine du fait de la création d’Internet ! ✖

Cet article a été publié dans le numéro de juin 2015 de L'Informaticien (n°136).



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