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Du Cloud privé au Cloud public... Dans le sens de l'histoire



Aujourd’hui vu comme un des grands axes de la transformation numérique des entreprises, le Cloud est une construction encore très neuve, ses fondations ne remontant qu’aux années 90. Plus il vieillit et plus la question se pose : pourquoi les entreprises ne vont-elles pas directement dans les Clouds publics mis à leur disposition sur le marché ? Sans compter qu’aux États-Unis, cette question n’est même plus vraiment un débat, mais vue juste comme une évolution vers une industrialisation de la manière de consommer la puissance informatique.

Rappelez-vous ; au début des années 2000, HP lançait un service mobile, Bazaar. L’idée était de fournir des services IT comme on fournit de l’électricité ou de l’eau, à la demande et aussi simplement que lorsque l’on appuie sur un interrupteur. Le concept même de Cloud était là. Il n’y avait pas encore la différenciation entre le « J’opère le service moi-même » et le « Je propose ce service sur ma propre infrastructure », par l’infrastructure d’un partenaire ou les deux. Dans cette idée fondamentale, pas de modèle privé ou hybride. Juste la possibilité de proposer l’informatique comme un service à la disposition de tous, entreprises comprises. Pour ces dernières, la compréhension de ce modèle ne s’est pas faite en un jour. Loin de là ! 

D’ailleurs, à l’époque, elles ont plutôt bien fait de ne pas se lancer dans ce modèle du fait de sa complexité mais aussi des impasses techniques des débuts autour de la bande passante, A de la virtualisation inexistante empêchant de monter à l’échelle des besoins. L’échec de ce qu’on appelait alors l’ASP (Application Service Provider) n’a été que la concrétisation de ce constat, non de l’erreur du concept. Échaudées, les entreprises ont donc regardé le Cloud avec suspicion quand la maturité technologique a permis une large virtualisation et des bandes passantes suffi santes sur les réseaux physiques (LAN, WAN, mobile 3G/4G, bientôt la 5G). Pour jouer la provocation, on peut même dire que les entreprises ont tout fait pour retarder le moment où elles passeraient sous ce modèle de services pour leurs utilisateurs. 

Privé ou hybride : de mauvaises excuses ?

Dans la maturation du modèle du Cloud, les entreprises ont toujours pris le parti de mettre en avant des arguments qui permettaient surtout de ne rien changer. Ce n’est que depuis quelques mois, avec la nécessité de montrer le caractère innovant du service informatique et de prouver son apport aux métiers de l’entreprise, que les SI se sont mis à bouger réellement. Des prémices étaient pourtant là avec la vague du SOA, assez vite enterrée. 

Depuis, on a vu le Cloud privé, c’est-à-dire utiliser les avantages des environnements cloud mais dans les propres centres de données de l’entreprise. Les chantiers mis en place n’ont la plupart du temps pas encore abouti malgré des moyens souvent importants. Les plus audacieux ont combiné Cloud privé et Cloud public pour des services qui ne leur posaient que des problèmes, comme la messagerie, gros consommateurs de ressources mais aussi services visibles au sujet desquels chaque incident faisait baisser la cote du service informatique auprès des utilisateurs. Puis, in fi ne, sont venus les combats d’arrière-garde sur la sécurité, la géolocalisation des données… La plupart du temps le passage au Cloud public permet d’élever le niveau de sécurité comparativement à celui qui est réel dans les entreprises. En fait, toutes ces discussions n’ont pour effet que de retarder l’inéluctable : le transfert des services informatiques dans des Clouds publics, pour revenir à la vision première de l’informatique à la demande, opérée par des acteurs ayant à la fois les ressources, les moyens et la technicité pour le faire à grande échelle. Vous associerez vous-même les noms capables de le faire. Pourtant, malgré toutes ces étapes, 34 % des services RH pensent ne pas être prêts pour cette transformation, 56 % des services fi nances des entreprises sont dans le même cas, bridés qu’ils sont par le passé de leur informatique empilant les couches technologiques, applicatives, les obligeant à maintenir l’existant et non à évoluer pour réellement se transformer et être prêt à entrer de plain pied dans l’économie numérique. 

Un passage inéluctable au Cloud public 

Si aujourd’hui les entreprises peuvent encore soulever quelques doutes sur les niveaux de services proposés par les offreurs de Cloud public, l’industrialisation des opérations qu’ils mènent va régler le problème à moyen terme. Le volume de données à gérer et à stocker va rapidement devenir insupportable, à la fois pour les budgets et les équipes présentes en entreprises, et n’auront comme seul recours que d’aller chez des prestataires qui auront à la fois la surface et les compétences pour gérer les données à ce type d’échelle. Pour suivre la course effrénée à la différenciation dans leur secteur d’activité, les entreprises devront concentrer leurs ressources sur  les applications et services qui vont clairement leur apporter un « plus » dans leurs affaires. Est-ce le cas de maintenir une infrastructure ou une plate-forme de développement d’application ? Déjà, pour beaucoup, elles utilisent des applications packagées et proposées en Cloud. Ce modèle d’ailleurs se généralise sur différents domaines, les RH, la gestion de la relation client, les achats, les analyses sur les données… 

Des conséquences sur l’industrie informatique et sur les entreprises 

Pour les entreprises, les effets de ce changement vont être visibles avec une « évolution » des effectifs. Pourquoi conserver une armée d’administrateurs système, alors que l’on opère plus ce système ? Pourquoi conserver des armées de développeurs pour des applications qui seront composées sur des platesformes extérieures par des utilisateurs métier qui n’auront que peu de sensibilité à l’informatique ? Ce virage social est donc à prendre en compte, il semble que les entreprises sont loin d’être prêtes. Pour l’industrie informatique, les conséquences seront tout aussi difficiles. Il est incroyable d’imaginer que des centaines ou des milliers d’acteurs proposent des services aux niveaux qu’attendent les entreprises. Après la guerre des prix actuelles que se livrent les acteurs de Cloud public, les niveaux de services seront les vrais différenciateurs. Comment les fournir à l’échelle suffisante ? Peu d’entreprises dans le monde sont capables d’une telle industrialisation. Déjà quelques noms se détachent : Amazon, Google, Microsoft, IBM, T-Systems, Fujitsu.

Cet article a été publié dans le numéro de janvier 2015 de L'Informaticien (n°131).


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