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Création musicale : et une taxe de plus, une ! Màj : la réaction de Fleur Pellerin

Pour endiguer le piratage, le président de la République a trouvé une solution fort originale et totalement adaptée par les temps qui courent : une taxe.

« Chassez le naturel, il revient au galop », dit la formule. Si on avait pu croire que le président de la République avait évolué dans sa réflexion à l’occasion de l’installation du Conseil National du Numérique au mois de mai dernier, les vieux réflexes semblent avoir repris le dessus. « Taxons, taxons. Qu’un FAI impur paye pour nos sillons » semble être la nouvelle devise de l’Elysée pour soutenir la création musicale. Bref, le Président qui ne voulait pas augmenter les impôts projette d’inventer une nouvelle taxe pour – devinez qui ? – ces odieux Fournisseurs d’Accès à Internet qui gagnent beaucoup d’argent et ne contribuent pas au bon fonctionnement des maisons de disques. Bouh, les vilains.

Le président de la République nous a sorti un nouveau chiffre de son chapeau. « Grâce à la loi Hadopi, le piratage par peer to peer, individuel, a reculé de 35%. Il y a 35% de piratage en moins, c’est donc que la bataille n’était pas perdue. ». D’où sort ce chiffre ? Personne ne le sait mais on est priés d’y croire. Cependant, M. Sarkozy veut aller plus loin en citant le streaming qui constituerait désormais le principal danger. « Sur les sites de streaming, l’idéologie du partage, c’est l’idéologie de l’argent. Je vole d’un côté et de je vends de l’autre ». Deezer, financé par Orange et par notre argent via le FSI, et les autres apprécieront.

D’après nos confrères du Monde,: « Une loi "anti-streaming" pourrait donc prendre deux formes : soit la création d'un nouveau délit permettant de condamner les titulaires d'un accès Internet ayant été utilisé pour consulter ces sites, sur le modèle de l'Hadopi 2 ; soit une forme de filtrage sur le modèle de ce qui existe actuellement pour les sites de jeux d'argent. »

Moi y-en-a vouloir des sous.

Parallèlement, Nicolas Sarkozy annonce la Création d’un Conseil national de la musique sur le modèle du Centre national du cinéma. Mais là où le bât blesse et donc là où les boucliers devraient se lever en masse c’est que l’inspection des finances vient de sortir un rapport d’une extrême sévérité quant au fonctionnement du CNC. La Tribune qui s’est procuré le rapport donne des exemples d’utilisation passablement douteuse. Le CNC aurait collecté 500 millions d’euros supplémentaires entre 2009 et 2011 par rapport à la base 2008. A un moment où on cherche des économies, on se demande si ce « machin » a encore une quelconque utilité puisque la conclusion est que la production française ne court pratiquement aucun risque puisque "Le CNC pratiquerait une politique de subventions confuses et trop généreuse, aboutissant à une situation dans laquelle la majorité des films sont intégralement financés avant même leur sortie en salle".

Si le futur Conseil National de la Musique part sur la même base, on a quelques raisons d’être inquiets. Dans le projet initial, ce conseil national de la musique serait financé par un prélèvement sur les abonnements à Internet afin de financer la création musicale et sa diversité. Imaginons, ou plutôt rêvons, que cette nouvelle taxe (si, si, c’est une taxe) ne soit pas payée par les FAI mais par les internautes. On aboutirait alors à ce que d’aucuns appellent la licence globale. Mais de cela, il est interdit de parler. Au nom d’intérêts certainement supérieurs.

Changer de paradigme

Avec cette nouvelle annonce, le président de la République prend une nouvelle fois la posture qui semble lui réussir du Président protecteur. Le monde de la Culture appréciera certainement cette nouvelle salve mais nous ne sommes pas certains que la démarche soit très productive. Car si le monde de la culture représente certainement un bon nombre d’électeurs, les internautes sont autrement plus nombreux et peut-être vont-ils finir lassés d’être considérés comme des affreux, des voleurs, des profiteurs.

Certes, il convient de penser à la propriété intellectuelle mais peut-être faut-il changer de paradigme comme Internet a changé globalement le paradigme de la « consommation » de musique et de films. Régler les questions du futur avec des solutions du passé n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera pas plus demain.

Que nos lecteurs excusent cette véhémence dont nous sommes peu coutumiers mais comme le chante Helmut Fritz : Ca m’énerve.

Lire page suivante la réaction de Fleur Pellerin (équipe de campagne de François Hollande).


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