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Des moteurs de recherche alternatifs à Google souhaitent plus de concurrence sur Android

Cinq moteurs de recherche alternatifs à Google ont demandé mardi à la Commission européenne d'organiser une réunion tripartite avec le géant américain pour le forcer à revoir les conditions de leur mise en concurrence dans son système d'exploitation mobile.

Cinq moteurs de recherche alternatifs à Google demandent à la Commission européenne d'organiser une réunion tripartite avec le géant américain pour le forcer à revoir les conditions de leur mise en concurrence dans son système d'exploitation mobile

L'américain DuckDuckGo, les français Lilo et Qwant, le tchèque Seznam et l'allemand Ecosia font état, dans une lettre adressée à la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager, de leur insatisfaction face au mécanisme d'enchères mis en place en 2019 par Google pour être proposé comme moteur de recherche par défaut lors de la configuration d'un nouveau téléphone ou d'une tablette vendus en Europe.

Pour sélectionner les trois concurrents qui seront proposés à ses côtés, Google organise des enchères trimestrielles par pays, lors desquelles les participants définissent le prix à payer à la firme américaine pour chaque utilisateur qui les sélectionnera.

"Le prix des enchères devient exponentiel et juste insupportable pour les moteurs de recherche alternatifs", a expliqué à l'AFP le PDG de Qwant Jean-Claude Ghinozzi.

Le montant à payer pour chaque utilisateur atteindrait selon lui plus d'un euro dans certains pays et empêcherait de ce fait la présence d'une option "alternative européenne crédible" dans la liste des moteurs proposés aux utilisateurs.

Selon Google, l'écran de choix a été élaboré en étroite collaboration avec la Commission européenne, à la suite de l'amende record de 4,34 milliards d'euros infligée au géant américain en juillet 2018. 

Il lui est reproché d'avoir avoir abusé de la position dominante d'Android afin d'asseoir l'hégémonie de son service de recherche en ligne, dans cette décision dont Google a fait appel.

"L'objectif (du dispositif) est de donner à tous les moteurs de recherche des chances égales de participer aux enchères, et non de donner un traitement spécial à certains concurrents", a répondu à l'AFP un porte-parole du groupe.

"Nous voulons une réglementation européenne qui garantisse que tous les acteurs, quelle que soit leur puissance de feu financière, aient la même visibilité sur tous les navigateurs et systèmes d'exploitation", a déclaré dans un communiqué le PDG d'Ecosia Christian Kroll.

Pour le quatrième trimestre 2020, les places pour les pays jugés les plus intéressants du point de vue du marché publicitaire sont occupées par les américains Bing (Microsoft), Info.com et PrivacyWall.

Qwant, Ecosia, Seznam et DuckDuckGo ne sont présents que pour de plus petits marchés, où les utilisateurs sont moins rentables, et Lilo a choisi de ne pas participer.

"Je ne vois dans l'écran de choix aucune option qui vienne défier le modèle de Google", ni d'information sur l'existence d'alternatives aux quatre choix, a regretté Sophie Bodin, la présidente du moteur "français et solidaire", interrogée par l'AFP.

Google domine le secteur de la recherche en Europe avec 93% des parts de marché en septembre, et 97% sur mobile, selon le site Statcounter.

Son modèle économique, basé sur une galaxie de services gratuits, la récolte des données des utilisateurs et la publicité, est également dans le viseur du département américain de la justice, qui a ouvert le 20 octobre une enquête pour abus de position dominante.

Source : AFP


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