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Brésil: Greenwald accusé "d'encourager" le piratage d'autorités

Le Parquet brésilien a requis mardi l'inculpation du journaliste d'investigation américain Glenn Greenwald, accusé "d'aider, encourager et orienter" un groupe de pirates informatiques qui lui a fourni des informations compromettantes pour le pouvoir.

Le journaliste américain Glenn Greenwald, qui a révélé mi-2019 le contenu de messages jetant un doute sur l'intégrité et l'impartialité du ministre de la Justice Sergio Moro et des procureurs chargés de l'enquête anticorruption

Sur son site The Intercept Brasil, Glenn Greenwald, qui réside au Brésil, avait révélé en juin 2019 le contenu de messages jetant un doute sur l'intégrité et l'impartialité du ministre de la Justice Sergio Moro et des procureurs chargés de l'enquête anticorruption "Lavage Express".

Le Parquet a annoncé mardi dans un communiqué l'inculpation du journaliste et de six hackers présumés qui lui auraient fourni ces informations.

Le Parquet affirme que Glenn Greenwald a non seulement rendu ces informations publiques mais qu'il aurait "donné aux hackers la marche à suivre pour rendre l'enquête plus difficile et réduire le risque qu'il soit lui-même tenu responsable pénalement".

Cette accusation est fondée, selon le Parquet, sur une conversation entre M. Greenwald et un des hackers, dont le contenu a été retrouvé sur un ordinateur saisi par la police.

Le journaliste aurait demandé à ce pirate informatique "d'effacer les messages qu'il lui a transmis pour éviter qu'il soit lié à l'obtention de données de façon illicite".

Glenn Greenwald a aussitôt dénoncé sur Twitter une "atteinte à la liberté de la presse et à la démocratie brésilienne", estimant qu'il s'agissait "manifestement de représailles de la part du gouvernement Bolsonaro". Il a ajouté qu'il refusait de "se laisser intimider par les abus de l'appareil d'Etat ou du gouvernement Bolsonaro".

Jair Bolsonaro, qui avait dit l'année dernière que l'Américain pourrait "être emprisonné" pour son article, a réagi avec ironie mardi. A un journaliste qui lui demandait si une inculpation ne pourrait pas être considérée comme une persécution de la presse, le président a répondu: "C'est la justice qui l'a inculpé. Tu ne crois pas en la justice ?"

Les messages révélés par The Intercept ont soulevé des soupçons de connivence entre Sergio Moro, alors juge en charge des affaires de "Lavage express", et les procureurs.

Le juge Moro avait notamment condamné en première instance pour corruption l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), qui a purgé un an et demi de réclusion avant d'être libéré en novembre pour des raisons de procédure.

Lula était donné favori pour l'élection présidentielle de 2018, à laquelle il n'a finalement pas pu participer, ayant été déclaré inéligible après avoir été condamné en appel.

Le vainqueur de ce scrutin, Jair Bolsonaro (extrême droite), a ensuite nommé M. Moro ministre de la Justice.

Connu pour avoir rendu publiques les révélations d'Edward Snowden sur l'agence américaine de renseignement NSA, Glenn Greenwald est marié à un député brésilien de gauche, David Miranda. 

Source : AFP


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