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Cryptage de données: des procureurs antiterroristes réclament l'accès aux contenus des messageries

Les procureurs antiterroristes de France, de Belgique, d'Espagne et du Maroc, "inquiets" de l'évolution de la menace, ont de nouveau réclamé l'accès au contenu des téléphones ou des messageries chiffrées "lorsque des vies sont en jeu, comme en matière de terrorisme", dans une déclaration commune publiée jeudi.

vue prise le 15 septembre 2016 à Paris de l'application Telegram messenger sur un smartphone

Les évolutions techniques et le cryptage des communications "fragilisent considérablement nos enquêtes, parfois au point de les rendre impossibles", s'alarment-ils dans une déclaration commune après deux jours de rencontres dans le cadre du "groupe quadripartite" mis en place en 2006.

A Malines, près de Bruxelles, ces travaux ont réuni du 4 ou 5 octobre le procureur de Paris François Molins, le procureur général de l'Audience nationale espagnole Miguel Ángel Carballo Cuervo, le procureur général du roi du Maroc Moulay Hassan Daki, et le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw.

Dans leur déclaration, reprenant en partie les termes de celle de l'an dernier, ils demandent que leurs "gouvernements consentent les investissements nécessaires pour permettre (aux) services de sécurité de suivre ces évolutions". Ils veulent également que "les autorités nationales et internationales se mobilisent et mettent les sociétés commerciales impliquées face à leurs responsabilités", autrement dit les fabricants d'appareils et les concepteurs d'applications.

Ils appellent de leurs vœux des législations qui "permettent à l'autorité judiciaire, moyennant de strictes garanties procédurales, d'avoir accès à ces données lorsque des vies sont en jeu, comme en matière de terrorisme".

"La menace est maintenant l’œuvre d'individus qui, sans s'être formés dans les camps d'entraînement des groupes terroristes, se radicalisent très rapidement avant de passer à l'acte de manière abrupte sur leur lieu habituel de vie", détaillent les magistrats, qui se disent "inquiets" de l'évolution de la menace. 

"Nous constatons également que la référence au groupe terroriste Daesh qu'ils expriment, apparaît souvent une revendication opportuniste, même si cela fait partie de leur stratégie", ajoutent-ils.

Pour ces magistrats, le retour des "nationaux (...) pose de nombreux problèmes de sécurité, de détection, mais également d'accompagnement chez nous des enfants qui ont grandi dans un contexte violent et totalitaire". "Il est impératif que les stratégies mises en place pour accompagner ces retours soient continuellement affinées en concertation avec toutes les autorités concernées", estiment-ils.

Les procureurs font enfin part de leur "inquiétude à propos des violations répétées du droit à la vie privée des victimes", compte tenu de "la publication d'images et d'informations les concernant dans les médias, sur les réseaux sociaux et autres supports.

Source : AFP

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