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Orange se fait un nom sur le marché de la cybersécurité

Entre consolidation d'activités existantes et acquisitions, l'opérateur Orange s'est fait une place sur le marché de la cybersécurité, dont il est devenu le numéro un français, avant de se développer en Europe.

L'opérateur Orange se fait une place sur le marché de la cybersécurité

Son dernier achat, finalisé en avril, a été la société de services parisienne Lexsi, renommée pour ses activités de "threat intelligence", sorte de contre-espionnage cyber visant à anticiper les menaces en gardant un oeil sur les activités des hackers.

Depuis janvier, les activités de l'opérateur national sont rassemblées au sein d'Orange Cyberdefense, une entité qui selon le plan stratégique du groupe a pour vocation d'être un acteur majeur en Europe, leader en France. Dans le cadre plus vaste d'une politique de diversification dans les services aux entreprises.

Lexsi appartenait à un fonds d'investissement, et la vente s'est faite sans état d'âme, explique-t-on parmi ses cadres.

Les quelque 200 employés de Lexsi doivent rejoindre le millier de salariés d'Orange Cyberdéfense au début 2017. En attendant leur intégration effective, ils portent déjà les couleurs de leur nouveau propriétaire aux Assises de la sécurité et des systèmes d'information, le salon de la cybersécurité qui se tient jusqu'à vendredi à Monaco.

"Notre objectif est d'être un acteur qui ait une couverture holistique de toutes les problématiques de cybersécurité, du conseil à la réaction", explique à l'AFP Michel Van Den Berghe, le directeur général d'Orange Cyberdefense.

- Centres de réaction rapide -

Lui-même est le fondateur d'Atheos, une société spécialisée dans la gestion des identités et la sécurité des systèmes d'information qu'il a revendue à Orange début 2014, avant de prendre en charge l'ensemble des activités de cybersécurité de l'opérateur.

"Ce qu'on veut faire d'Orange Cyberdefense, c'est vraiment un acteur français (...) pour aider nos clients à traiter l'ensemble des problématiques qu'ils pourraient avoir en matière de cybersécurité, en se positionnant sur une approche très industrialisée, et c'est ce qu'amènent aujourd'hui à Orange des sociétés comme Atheos et Lexsi", détaille le dirigeant.

Pour ce faire, Orange Cyberdefense dispose de son expérience auprès... d'Orange, puisque l'opérateur est lui-même une cible potentielle majeure. Le groupe est son premier client, apportant près de 20% de son chiffre d'affaires.

En outre, être un opérateur lui permet de détecter "les prémices des attaques quand elles sont encore au niveau du réseau, au tout début", remarque M. Van Den Berghe.

Orange Cyberdefense dispose désormais de six "SOC" (pour Security Operation Centre), dédiés à la gestion des éléments de sécurité des clients.

Au niveau opérationnel, deux "CyberSOC" --dont un à Rennes-- sont spécialisés dans la détection de la menace et la réaction aux incidents.

Pour poursuivre dans les acronymes barbares, l'acquisition de Lexsi lui apporte le premier CERT (Computer Emergency Response Team) privé d'Europe, un centre d'alerte spécialisé dans la réaction aux attaques et la cyber-intelligence, afin d'anticiper au mieux les menaces.

"Le CERT Lexsi restera comme marque, c'est une marque connue et ce serait dommage de la faire disparaître", note à ce propos Michel Van Den Berghe.

Orange Cyberdefense dispose enfin d'un "laboratoire d'épidémiologie", où sont analysés les virus des pirates.

"En France, on est bien armés", juge désormais Michel Van Den Berghe. Avec un chiffre d'affaires de 210 millions d'euros --hors Lexsi, qui pèse 24 millions--, il domine ses concurrents.

Pour la suite, Orange devrait poursuivre ses acquisitions.

"Je regarde les opportunités (...), surtout en Europe", indique M. Van Den Berghe, qui s'est fixé un objectif d'"une croissance à deux chiffres d'ici 2020". 

Source : AFP - Jean LIOU

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