En partant de l’idée que les outils de communication sont relativement compliqués à mettre en place pour les petites entreprises, Calexium a créé une appliance capable de simplifier les actions de marketing et la communication. Primé au Salon international des inventions de Genève, cette année, ce matériel qui se présente comme un serveur d’e-mails a attiré notre attention. Cette invention est-elle aussi prometteuse qu’elle le prétend ?
Principe de fonctionnement
Comme vous pouvez le voir sur l’illustration (page suivante), la fonction de serveur de messagerie de la MailFountain vous permet à la fois l’utilisation habituelle de vos comptes, mais aussi la gestion d’alias. Ainsi, un mail envoyé à l’adresse de support pourra parvenir à plusieurs techniciens, les factures et autres bons de commande seront, quant à eux, redirigés vers le service administratif et ainsi de suite. En plus de cela, il est possible de gérer plusieurs listes de diffusion afin de réaliser des campagnes de publicité, ou encore envoyer des newsletters.
Déballage
Le matériel prêté pour effectuer nos tests était le modèle d’entrée de gamme, le S100. A l’ouverture de la boîte, 5 éléments :
• la MailFountain S100 : de fabrication française, elle semble de bonne facture ;
• l’alimentation ;
• un câble réseau RJ45 de 2m ;
• la carte de garantie ;
• le mode d’emploi : d’apparence plutôt « légère », il contient malgré tout les informations de base avec illustrations à l’appui pour une installation rapide.
Installation
Pour être configurée correctement, la MailFountain nécessite deux choses, la connexion d’un poste de travail à celle-ci mais également la connexion à un modem (en direct ou par le réseau). Dès sa mise sous tension, l’appliance se révèle silencieuse. Le constructeur a en effet fait le choix de ne pas équiper le boîtier de ventilateur, la chaleur émise par le disque dur Hitachi de 3"5 est uniquement dissipée par les quelques trous dessinés sur son capot. Attention donc à ne pas laisser la MailFountain dans une salle serveur où la chaleur pourrait provoquer son dysfonctionnement.
Il suffit ensuite de lancer un navigateur internet et de se connecter à l’adresse http://mailfountain.local qui correspond à l’interface de gestion (bilingue français/ anglais) de l’appliance. Lors de votre première connexion, une procédure d’installation relativement simple à mettre en oeuvre vous guide pas-à-pas. Chaque étape est commentée et le manuel d’utilisation (au format PDF) est disponible à tout moment depuis l’interface. Point important ! Étant donné qu’il est vital pour une entreprise de disposer de son propre nom de domaine (et ainsi donner un aspect professionnel à vos adresses e-mails), la MailFountain propose, si vous n’en avez pas, la réservation de votre propre nom de domaine pour un an (renouvelable par la suite). Le cas échéant, il vous est possible d’intégrer votre nom de domaine existant simplement en communiquant à votre Registrar les paramètres DNS de l’appliance.
Enfin, une fois la configuration de base terminée, il vous est proposé de créer vos premières adresses mails, et cela de façon toujours aussi simple et intuitive. L’interface vous invite à entrer l’identifiant, le nom complet et le mot de passe désirés pour créer un nouveau compte e-mail.
Premières impressions
La MailFountain semble simple à mettre en place que vous aillez ou non des compétences en informatique. Il suffit d’une dizaine de minutes pour qu’elle soit fonctionnelle. Vous voici maintenant propriétaire d’un mini serveur dont les fonctions sont : serveur d’e-mails, serveur d’e-mailings et routeur.
Serveur d’e-mails
Son rôle est comme tout serveur de messagerie le transfert d’e-mails. Il est ainsi possible d’envoyer ou recevoir des mails, soit en utilisant un client mail, soit un webmail. La principale différence vient du fait que vous ne passez plus par votre fournisseur d’accès Internet (FAI), et donc vous n’êtes plus tributaire des limites d’envoi qu’il impose.
Inclus dans la MailFountain, le webmail (en version bêta) propose déjà les fonctions de base ainsi que l’ajout de comptes de messagerie externes, ce qui peut s’avérer intéressant. Nous regrettons cependant l’absence de certaines fonctions indispensables telles que l’ajout automatique de signature dans les emails, la possibilité de répondre à tous les destinataires d’un e-mail ou encore l’accès à l’annuaire lorsque l’on saisit l’adresse du destinataire.
Autre point à soulever, le disque dur est à la fois utilisé pour le stockage de vos mails et par le système « No limit ». De ce fait, la capacité de stockage (dans notre cas, 60 Go) est vite atteinte. Il s’avère alors rapidement nécessaire d’adopter une politique de rétention de vos mails dimensionnée à votre utilisation et de configurer votre client mail favori en conséquent. Rien de bien compliqué, mais il faut y penser.
Serveur d’e-mailings
Son rôle est l’envoi en grande quantité de mails à caractère soit publicitaire soit informatif, c’est le cas des newsletters par exemple. Pour cela, l’interface de la MailFountain propose un outil capable d’importer vos listes de contacts au format .csv, puis de créer ce que l’on appelle des campagnes. A chaque campagne correspond un contenu et une cible (la mailing-list). Une fois l’envoi de celle-ci effectué, il vous est possible de consulter un rapport afin de connaître les statistiques de réussite et, par la même, effectuer un nettoyage des adresses erronées ou obsolètes.
Un routeur assez basique
L’avantage de ce serveur d’e-mailing est qu’il est reconnu comme un véritable serveur mandataire et donc ne vous expose pas à un blacklistage (inscription sur une liste qui contient des identités indésirables, et qui par conséquent sont bloquées), ce qui est souvent le cas lorsque votre serveur est assimilé à un serveur de spams.
Le routeur, bien que basique, intègre de nombreuses fonctions. Ainsi, il est possible de configurer un serveur DHCP afin d’attribuer dynamiquement des adresses IP aux machines de votre réseau local, de paramétrer une DMZ et effectuer une redirection de ports afin de sécuriser les données qui transitent sur votre réseau, et bien sûr faire du NAT qui permet, entre autres, le partage de votre connexion Internet. Cependant, les réglages restent limités même si, a priori, il s’agit d’un choix des concepteurs afin de maintenir le produit simple à l’usage.
Le « No limit »…
Particularité et point fort de ce produit, la fonctionnalité « No limit ». En effet, les concepteurs sont partis d’une problématique : la limitation de taille des pièces jointes dans vos e-mails. Lors de l’envoi d’un mail, l’appliance détecte la limite de taille du destinataire. Désormais, lorsqu’un mail est trop volumineux, la MailFountain stocke automatiquement les pièces jointes sur son disque dur et signale au destinataire par un lien, le contenu à télécharger. Ainsi, votre seule limitation reste les 60 Go de stockage qu’offre le disque dur de l’appliance.
Demeure cependant un défaut, la gestion du disque. Il n’est pour le moment, ni possible de gérer le délai de purge du contenu (fixé par défaut à 15 jours), ni d’avoir des informations sur l’espace libre. Il faut également savoir que ce mode de fonctionnement nécessite certaines dispositions. Lorsque le destinataire du mail clique sur le lien de votre mail, il lance alors un transfert entre sa machine et votre MailFountain. La vitesse de transfert est alors dépendante de votre upload (débit montant de votre connexion à Internet). Autant dire qu’une ligne ADSL ne suffit pas pour de gros transferts. La majorité des entreprises devront alors opter non seulement pour une seconde ligne Internet (dédiée à cette utilisation), mais aussi s’assurer d’avoir un débit montant suffisant (dans ce cas, contactez votre FAI) ou pourquoi pas, si elles disposent des équipements qui le supportent, faire de la QoS (qui consiste à attribuer un certain quota de bande passante).
Toujours dans l’optique de rester un produit simple et donc ne nécessitant pas d’intervention particulière de l’utilisateur, la MailFountain effectue de façon automatique ses mises à jour. Il en est de même pour la maintenance. Si un problème venait à se présenter, le support de Calexium pourrait alors prendre la main grâce à un accès sécurisé par le port SSH.
TRÈS BON POTENTIEL
Le produit est encore jeune et demande quelques corrections mineures pour le parfaire, mais il demeure un produit assez complet et intéressant pour une petite structure qui ne peut s’appuyer que sur des compétences informatiques limitées.
Pour en savoir plus
L’Informaticien et le Competence Center, de Non Stop Systems, sont
partenaires pour la réalisation de tests de logiciels, de matériels ou de
services du marché. Si vous souhaitez obtenir davantage d’informations
sur ces tests, n’hésitez pas à contacter Non Stop Systems à cette adresse :
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