QNAP est une société taïwanaise, fondée en 2004, dont le but – comme tant d’autres ! – est de concevoir des équipements de stockage en ajoutant une interface logicielle qui apporte performance, fiabilité, souplesse et facilité d’utilisation. Ces produits se destinent aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises de type TPE/PME.
Mise en route
La documentation fournie est tout à fait suffisante pour la première installation du produit. Comme souvent, il faudra assigner au périphérique une adresse IP afin de correspondre avec votre adressage réseau. Rien de bien compliqué. Vous pouvez maintenant vous y connecter à partir de votre navigateur internet et accéder à la partie configuration des très nombreuses fonctionnalités. La configuration du RAID est proposée de base lors du premier lancement en RAID 5, à vous d’accepter ou non cette configuration. Elle nous a semblé la plus intéressante et nous avons donc accepté ce choix. Les possibilités de gestion du RAID sont examinées plus loin. En termes de choix de disque, vous pouvez intégrer aussi bien des 3,5” que des 2,5”.
Fonctionnalités
Nous commençons par énumérer une partie des fonctionnalités que l’on englobera dans la catégorie outils pour particuliers et ensuite nous focaliserons sur les parties plus dédiées aux professionnels. Même les particuliers ont des besoins, des envies à satisfaire vis-à-vis du stockage. QNAP y répond en proposant des outils comme une station multimédia pour lire et partager photos, vidéos, musiques. Vous aurez aussi accès à une station de téléchargement, un serveur de media UPnP, la gestion de clients iTunes.
À la frontière du monde professionnel, vous pouvez aussi gérer plusieurs webcams pour surveiller votre lieu de résidence ou votre local.
Parlons maintenant plus en détail des autres fonctions plus axées professionnelles, même si elles peuvent aussi intéresser nombre de particuliers avertis.
La partie administration
La connexion par un navigateur web peut évidemment se faire au choix de manière sécurisée par SSL en HTTPS ou en non sécurisé en simple HTTP. La partie réseau peut être affinée en choisissant ou non de configurer les deux interfaces réseau ensemble pour faire de la répartition de charge selon sept stratégies possibles. Ou alors décider de travailler sur deux sous réseaux différents pour, par exemple, gérer un lien local et l’autre pour une DMZ. Vous pouvez gérer aussi un DNS dynamique ou un adressage en IPv6.
Pour nos tests, nous avons configuré l’eth1 comme lien d’administration et lien de partage pour les fonctions NAS et l’eth2 pour créer un lien iSCSI pour la partie SAN. Vous pouvez agir sur certains paramètres du matériel, dont les seuils d’alerte de température et gérer les niveaux de sécurité pour tout ce qui est accès par le réseau au QNAP.
La remontée d’alerte est traitée par des logs locaux et aussi par des alertes par mails, SMS et en allant dans une autre rubrique par SNMP. Bref, tout ce qu’il faut, à part un outil de reporting qui manque un peu. L’administration va de pair avec le dossier Gestion qui reprend les informations système, l’état des services et un moniteur de ressources. La gestion de l’alimentation est elle aussi répartie entre le dossier Administration et Dispositif externe (pour la gestion d’un onduleur). Vous pouvez ainsi programmer des plages de temps d’activité ; le QNAP s’éteindra et se rallumera automatiquement, au pire il est gérable directement en mode Wake On Lan.
Petite fonction utile, vous pouvez activer une poubelle réseau pour que tous les éléments supprimés sur le NAS soient transférés vers cette corbeille. Dans une entreprise, il existe toujours des étourdis, cela évite de faire appel trop souvent à votre sauvegarde.
Le firmware peut être mis à jour très facilement. Si votre NAS a un accès à Internet il vous proposera automatiquement les mises à jour dès que ces dernières seront disponibles. Un reboot sera nécessaire. Bien évidemment vous pouvez sauvegarder votre configuration, la restaurer ou remettre à zéro le boîtier.
Gestion des disques
Passons rapidement sur la partie configuration du RAID, qui repose sur des assistants qui vous expliquent très bien les choses, notamment sur l’intérêt de tel ou tel niveau de RAID (volume seul, JBOD, 0, 1, 5, 6, Spare). Le point plus intéressant est la possibilité d’élargir à la volée la capacité de son RAID, ou encore de pouvoir, par exemple, migrer son RAID1 sur deux disques en RAID5 quand on décide d’ajouter un disque supplémentaire. Pour ceux qui gèrent des données sensibles, une option vous permet de crypter le système de fichiers utilisé par QNAP (Ext4).
Nous abordons maintenant une des parties, à notre sens, les plus intéressantes sur ce type de boîtier : sa capacité à transformer ce NAS en SAN iSCSI. En plus de partager toutes sortes de données en mode NAS, vous pouvez présenter de l’espace de stockage à des serveurs comme un vrai SAN. Il faut souligner que QNAP a reçu des certifications VMware Ready et Citrix Ready et la compatibilité est démontrée avec l’environnement Microsoft Hyper-V. Cela vous ouvre les portes de la mise en place, à moindres frais, d’une solution de virtualisation avec la possibilité de pouvoir faire migrer à chaud vos machines virtuelles d’un serveur de virtualisation à un autre. Tout en sachant que vous pouvez aller jusqu’à 6 To de stockage interne en RAID5 sur le modèle testé. Si cette capacité ne vous suffi t pas, il vous reste la possibilité de connecter jusqu’à huit disques virtuels en iSCSI, à partir d’autres SAN iSCSI existants, le QNAP servira ainsi de point central d’accès aux données. Cette fonction a néanmoins un sens limité, selon nous, du fait d’un engorgement possible au niveau bande passante iSCSI sur le QNAP si l’on étend trop ses capacités de volumétrie. La configuration, si l’on connaît le principe de fonctionnement de l’iSCSI, reste très simple et complète tout en passant par des assistants bien conçus. Ils gèrent l’allocation d’espace de stockage par volume en “Thin Provisioning”, vous pouvez donc allouer de l’espace virtuel à vos machines – plus que ce que vous avez de disponible physiquement. Simplement, c’est comme si vous faisiez du surbooking sur un avion, à la différence près que vous avez la possibilité d’allonger physiquement votre avion si le nombre maximal de sièges est atteint et en rajouter selon les besoins. Espérons que cela restera suffisamment clair pour des non initiés. La gestion du stockage devient ainsi plus efficace et plus flexible.
Gestion des droits d’accès
En effet, dans la gestion des droits d’accès, vous devez définir les utilisateurs et les groupes d’utilisateurs, mais la plupart du temps vous reposez sur un annuaire Active Directory. Il est donc nécessaire, au préalable, d’aller configurer dans les services réseaux la prise en compte de votre organisation. À ce titre, il est dommage d’écarter d’emblée les annuaires LDAP.
Bref, une fois les utilisateurs et groupes définis, vous pouvez configurer de nouveaux partages ou utiliser des partages existants. Ensuite, que du classique, définir un nom de partage, un chemin, les droits d’accès... Chaque partage est ensuite accessible aux ayants droit par tout utilisateur Windows, Apple, Linux via Samba. Le même partage peut être aussi actif pour des utilisateurs NFS, il suffi ra en premier lieu d’activer le service NFS et de revenir sur le partage, cliquer sur le bouton NFS du partage et configurer son type d’accès et éventuellement le filtrage par IP ou nom de domaine. Pour finir, un bouton WebDav permet là encore d’en définir les droits spécifiques. Encore dans les services réseau, vous pouvez activer et configurer l’accès aux partages par FTP pour les utilisateurs distants.
Autre fonction indispensable et présente, la gestion de quota, qui peut être activée pour tous les utilisateurs ou pour certains uniquement.
Dans le dossier Service réseau, vous trouverez la fonction Serveur Web pour vous permettre d’héberger votre ou vos sites web, vous pouvez gérer plusieurs hôtes virtuels. Vous pourrez en parallèle utiliser le serveur MySQL intégré et à configurer dans le dossier Applications. Il est même proposé d’installer le package phpMyAdmin pour la gestion de vos bases.
Attention, ce package, comme certains autres, sont accessibles à travers la fonction de Plugins QPKG du dossier Applications. Il vous faudra activer QPKG afin d’obtenir la liste des packages. Il suffi t ensuite cliquer sur le nom du package souhaité pour le télécharger. Une fois celui-ci téléchargé, allez dans l’onglet Installation du Plugins QPKG, indiquez ou se trouve le package et cliquez sur Installer. Pour information, par le même biais vous pouvez installer d’autres applications comme Mono, Vtiger CRM, GLPI, Tomcat, JRE, Python, Joomla… De quoi décupler l’intérêt de ce boîtier, tel un vrai couteau suisse personnalisable.
La fonction de réplication distante supporte des clouds comme Amazon S3.
Il faut bien définir les utilisateurs pour optimiser le partage de fichiers sur le Turbo NAS.
Sauvegarde et dispositif externe
Pour sauvegarder les données des postes sur le boîtier, pas de problème, il est compatible avec la plupart des logiciels de sauvegarde du marché, QNAP fournit en plus son propre outil pour Windows, Netbak Replicator et une prise en charge de Time Machine pour Apple.
Pour ceux qui veulent plutôt sauvegarder le contenu du NAS, ils ont le choix. Le plus simple reste de brancher du stockage externe, de configurer les procédures de sauvegarde dans la partie Dispositif externe du dossier Sauvegarde. Si vous avez un disque externe que vous souhaitez utiliser au cas par cas, branchez-le sur le port USB en façade, un bouton y est associé qui permettra, après sa configuration, de déclencher à la demande la sauvegarde préconfigurée.
Dernière option, très intéressante à notre avis, est de pouvoir répliquer les données du QNAP vers un autre QNAP ou tout autre type de stockage intégrant l’outil Rsync en mode serveur. Pour ce faire, allez dans la partie Réplication distante,renseignez les champs spécifi ques et configurez une ou plusieurs taches de réplication.
Pour ceux qui veulent être à la mode du Cloud, la réplication des données peut s’effectuer vers un espace de stockage Amazon S3 sur Internet, si vous y possédez déjà un compte. Dans ce dernier cas, il sera très important de synchroniser l’heure du QNAP sur un serveur de temps et donc entrer, dans les réglages de base, l’adresse d’un serveur NTP. L’avantage sera de pouvoir récupérer de n’importe où dans le monde son contenu pour ceux quine possèdent pas de site de secours. Pour résumer, au vu des tarifs, ce type de boîtier peut répondre à un nombre impressionnant de besoins tout en offrant un volume de stockage généreux.
MATÉRIEL TESTÉ
TurboNAS TS-459 Pro+
Il intègre, dans notre confi guration, 4 disques durs SATA de 1 To en 3,5 ”
Smart, avec un processeur dual core Intel Atom à 1,8 GHz et 1 Go de
mémoire, 2 ports GigaEthernet, 5 ports USB 2.0, 2 ports eSATA.
Pour en savoir plus
L’Informaticien et le Competence Center, de Non Stop Systems, sont
partenaires pour la réalisation de tests de logiciels, de matériels ou de
services du marché. Si vous souhaitez obtenir davantage d’informations
sur ces tests, n’hésitez pas à contacter Non Stop Systems à cette adresse :
ZI de la Madeleine, 27, rue de la Maison-Rouge, 77185 LOGNES
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