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SaaS passe bien !
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Introductionp.1p.2p.3
SaaS passe bien Par Bertrand Garé - Copyright L'Informaticien, tous droits réservés
Avatar de l’ASP (Application Service Provider, ou applications hébergées) d’antan, avec un vernis marketing signé Gartner, le « Software as a Service » (le logiciel sous forme de service) est devenu le nouveau modèle dans l’industrie du logiciel. Economiquement, il permet au client de réduire ses coûts de déploiement, en ne payant que l’usage du logiciel. Du côté des éditeurs, ceux-ci s’appuient désormais sur des revenus récurrents, apportant plus de visibilité, ce qui réconforte les actionnaires ! S’il s’inspire de l’ASP dans son business model, le SaaS intègre cependant différentes nouvelles technologies qui ont permis son essor, en passant principalement à une plate-forme multi-tenant. Désormais, il propose un large panel de fonctionnalités et ne reste pas cantonné aux applications de « commodités ».
ARCHITECTURE SaaS/ASP : c’est la même chose mais en différent !
Si pour l’utilisateur, SaaS ou ASP sont bonnet blanc et blanc bonnet, certaines différences technologiques différencient quand même les deux modèles. L’apport de technologies de pointe rend plus flexible et plus accessible le SaaS, avec pour objectif une personnalisation et une verticalisation accrue.
 Laurent Guiraud (directeur technique de Google France) : « Le SaaS a pour but de fournir une véritable plate-forme de services collaboratifs constitués d’applications différentes, pour fournir un ensemble dans un service global. » Il n’est pas évident de faire la distinction entre l’ASP et le SaaS. Il existe de subtiles différences qui tiennent à la fois aux technologies employées et à l’architecture de la solution. Il faut reconnaître cependant que, du côté client, la différence est totalement transparente, si ce n’est quand même d’avoir des écrans plus riches et plus personnalisables.
Le multi-tenant
La principale différence tient dans un seul mot : « multi-tenant ». L’ASP permettait à tout un chacun de se connecter à une application, tout comme le SaaS. En ASP, l’utilisateur ouvrait une instance de l’application qui lui était propre. Les nouvelles plates-formes SaaS n’en utilisent qu’une seule. Le multi-tenant sépare les instances logicielles du hardware en autorisant la partition virtuelle des données et des configurations. Chaque client peut donc utiliser une session personnalisée de l’application, voire de plusieurs applications regroupées dans un « service » packagé.
Laurent Guiraud, directeur technique de Google France explique : « le SaaS a pour but de fournir une véritable plate-forme de services collaboratifs constituée d’applications différentes, pour fournir un ensemble dans un service global. Le SaaS, ce n’est pas que la fourniture d’un traitement de texte en ligne ».
Guillaume Plouin, responsable de la veille technologique de SQLI, ajoute : « l’architecture est assez spécifique et se conçoit avec des centres de données à très haute disponibilité, avec une persistance pour un grand volume d’information. Cette architecture fait plus ou moins consensus : un centre de données s’appuyant sur des clusters ou du grid, avec des couches d’abstraction entre le physique et le logiciel par des langages de plus haut niveau. Au-dessus, fonctionnent des applications multi entreprises en mutualisant au maximum, avec une petite dose de personnalisation ».
Jean-Louis Baffier, directeur avant-vente pour Salesforce.com en France, précise : « il n’y a qu’une seule version du service en ligne, cela rend les choses plus simples et bien moins chères à gérer pour tout le monde. Chacun bénéficie du même niveau de service et de performance. »
Vers la portabilité
 Guillaume Plouin
(responsable de la veille technologique, SQLI) : « L’architecture est assez spécifique et se conçoit avec des centres de données à très haute disponibilité, avec une persistance pour un grand volume d’informations. » Si le modèle est assez nouveau, de nombreux documents expliquent comment mettre en œuvre de bonnes pratiques sur l’architecture. Il connaît par ailleurs une limite, l’interopérabilité. Chaque éditeur de SaaS développe son propre langage de requête, Apex chez Salesforce et SQL chez Microsoft. Les applications ne sont pas portables d’une plate-forme à l’autre pour l’instant. Il en est de même pour leur hébergement.
La politique des différents éditeurs est analogue à la logique d’Henri Ford, hébergez les données où vous voulez, tant que c’est chez nous ! Guillaume Plouin (SQLI) considère pourtant que la portabilité devrait venir assez rapidement avec la création de socles cohérents techniquement, ainsi qu’avec le support de plus de langages par les différentes plates-formes. En attendant, il reste une problématique d’intégration des solutions en SaaS avec l’existant en interne dans l’entreprise.
Une intégration problématique
La question la plus importante dans l’utilisation du SaaS reste l’intégration des applications en ligne avec les autres applications existantes en interne dans l’entreprise. Ce souci reste l’un des freins au déploiement important des solutions sous cette forme, avec la sécurité. Claude Cordier, en charge du marketing pour les solutions en ligne et de CRM chez Sage, en est conscient : « C’est un vrai problème pour le SaaS, à défaut de faire héberger l’ensemble du système d’information, car l’intégration reste un point compliqué. »
Laurent Guiraud (Google) explique : « L’idée est d’apporter à une application déportée des API avec un monde plus local. Celles-ci sont orientées services avec des points d’intégration vers des applications ou d’autres services. Le besoin est clair : obtenir une intégration légère et facile. »
Dans ce domaine, l’architecture REST est la dernière coqueluche des développeurs. S’appuyant sur TTP en combinant ses principales propriétés, REST permet une intégration d’une légèreté impressionnante, tout en restant dans la philosophie du Web et des architectures orientées services. D’ailleurs le SaaS ne peut pas se passer de cette composante (Service Oriented Architecture, ou SOA) pour se différencier de l’ASP plus classique que nous connaissons depuis le début des années 2000. Laurent Guiraud ajoute : « A terme, cette collaboration entre les services va devenir une commodité. » Claude Cordier renchérit : « SOA, et mise en composants des applications et de la sécurité, sont les piliers fondamentaux des solutions en SaaS. »
 L’architecture proposée par Webroot pour son offre en ligne.
 Cyril Simmonet (directeur Europe du Sud, Qualys) : «Il n’y a plus besoin de client riche dans le SaaS car tout est dans le navigateur. » Les ajouts d’outils de workflow et de gestion des processus vont rapidement compléter le dispositif, permettant d’utiliser encore plus finement l’interaction entre les applications en ligne et les applicatifs en interne. Comme toujours, l’avenir ne devrait pas aller vers un modèle exclusif tout SaaS mais vers un modèle hétérogène. Une solution qui pourrait donner raison à Microsoft avec son projet de SaaS permettant à ses clients de pouvoir combiner les deux mondes, en ligne et en interne.
Le modèle d’intégration s’enrichit de lui-même, grâce à la fourniture en ligne de bus de services d’intégration (Enterprise Service Bus, ou ESB) ! Ces xESB ou ESB étendus, comme MuleSource, s’apparentent de plus en plus à la prochaine étape du SaaS en fournissant une plate-forme d’application et d’intégration complète, avec des outils de développement. Le plus ambitieux dans le domaine est certainement Salesforce.com, qui en arrive presque à proposer une sorte de « système d’exploitation » sur Internet.
Une personnalisation
plus ou moins étendue
Jean-Pierre Corniou, patron d’EDS et ancienne figure charismatique du CIGREF, dans une tribune récente, expliquait que le SaaS visait à une « customisation de masse ». Il entendait par là que l’utilisateur avait la possibilité d’adapter la solution à son propre contexte.
Salesforce.com est un des pionniers dans ce domaine, avec des possibilités étendues de personnalisation et de verticalisation. Il vient d’y ajouter la possibilité de développer des applications totalement personnalisées avec force.com. Pour les autres, la personnalisation est plus restreinte et ressemble à ce que Salesforce.com propose depuis des années, comme la personnalisation des champs de la base de données ou des écrans.
Sage essaie d’aller plus loin en proposant des applications verticales dans certains secteurs, comme le transport ou la logistique. Il reste qu’il n’est pas possible de jouer avec le code de l’application d’origine et donc d’obtenir une adaptation complète. Cette option est d’ailleurs presque en contradiction avec le modèle SaaS : fournir une application unique à tous les clients pour mutualiser les coûts de recherche et de développement, ainsi que la maintenance et la mise à jour du logiciel. Il se poserait à nouveau la question de l’intérêt économique de la formule à chaque évolution du logiciel.
Un client 2.0
La dernière différence entre le SaaS et l’ASP tient aussi à l’intégration de nouvelles technologies du côté client. L’ASP avait besoin du client riche pour une utilisation en ligne équivalente à celle en client/serveur. Pour Cyril Simmonet, directeur Europe du Sud chez Qualys : « il n’y a plus besoin de client riche dans le SaaS car tout est dans le navigateur. » Les technologies de type AJAX autorisent ainsi d’avoir une interface client dynamique sans avoir à déployer d’agent ou d’application spécifique sur le poste client. Le déploiement est alors facilité, et l’application peut être utilisée depuis n’importe où dans le monde, sans contrainte autre que celle de la bande passante nécessaire à l’utilisation de l’application.
L’offreur ne peut garantir une qualité de service complète puisque l’hébergeur et le fournisseur de réseau entrent aussi en ligne de compte. Ce point est d’ailleurs l’argument essentiel des opposants au SaaS, avec une certaine mauvaise foi. Pour contrer cet argument, les éditeurs offrent désormais des métriques sur leur disponibilité ou la qualité de service délivrée. Trust.salesforce.com publie de manière transparente les indicateurs de disponibilité, de sécurité et de performance pour les utilisateurs de l’application Salesforce.com. Voilà pourquoi ASP et SaaS, c’est la même chose mais en différent !
APPLICATIONS Une offre de plus en plus large
S’il est communément admis que les applications de volume seront les grandes masses des logiciels utilisés en mode SaaS, les offres s’élargissent de jour en jour, pour toucher des secteurs de plus en plus stratégiques comme la sécurité, l’infrastructure ou des applicatifs métiers.
Le modèle de l’externalisation des applications n’est pas nouveau, et certains secteurs, comme les ressources humaines, l’ont expérimenté depuis bien longtemps. Certains services de l’entreprise ont donc, dans ce domaine, une maturité et une expérience supérieure à d’autres, plus enclins à conserver leurs données en interne. On retrouve, ici, le gros des troupes des clients des applications en ligne. RH, gestion de la relation client, outils de collaboration sont les principaux logiciels disponibles et utilisés en ligne aujourd’hui.
 Des exemples de rapports fournis en ligne par Qualys Guard. Une étude du cabinet Markess International démontre d’ailleurs un dynamisme de la demande dans les applications collaboratives. Celles-ci sont considérées comme étant nécessaires dans la plupart des entreprises mais sans véritable valeur stratégique. Guillaume Plouin de SQLI explique : « Les applications comme la paie, la gestion des documents, tout le monde en a besoin, mais ça embête les directions informatiques car elles ont peu de valeurs réelles. Comme elles n’ont pas un intérêt énorme, on commence par là. » Nick Hayes, CEO d’Emailvision, un éditeur en mode SaaS de solutions de marketing, précise : « Les points de croissance restent dans les secteurs où l’automatisation est toujours faible. Dans les secteurs déjà automatisés, il est difficile de faire changer les gens vers les applications en ligne. Mais s’il n’y a rien de mis en place, le SaaS l’emporte assez facilement face au modèle classique. » L’exemple du marketing n’est pas le seul, et d’autres secteurs peuvent se reconnaître dans les affirmations de Nick Hayes. Il reste cependant que d’importants applicatifs métiers, dans des secteurs comme la banque, ne devraient pas passer en mode SaaS rapidement !
Un éventail de solutions large
Si la discussion : « fournir des applications usuelles (“commodités”) ou pas en SaaS » est vive, les éditeurs se tiennent prêts à répondre à la demande et ce, sur de nombreux secteurs, comme l’infrastructure qui s’ouvre à ce modèle. Nous avons évoqué les ESB (Enterprise Service Bus) en ligne. Mais les outils de gestion des processus ou d’optimisation des systèmes d’information sont tout aussi présents. Dans ces domaines, les exemples de Lombardi et d’HP sont les plus récents. Informatica s’est aussi converti au modèle en ligne pour sa solution d’intégration de données. Ces solutions d’infrastructure côtoient des applicatifs plus classiques dans tous les secteurs : l’ERP, la gestion de la logistique, des transports, le décisionnel, la finance. Des applications très spécialisées montrent le bout de leur nez. Un éditeur américain, Ideas, propose en ligne une solution de gestion des réservations et des prix des chambres d’hôtel. Cet exemple est significatif de la montée en gamme des applications SaaS vers le cœur de métier des entreprises et de la criticité des applications désormais gérées par le modèle.
Sécurité as a service
Un secteur qui est devenu important est l’offre de sécurité, en ligne. Si le stockage est désormais un classique, l’anti-spam, l’antivirus ou la surveillance du réseau sont des éléments plus récents. Webroot, Qualys, Kaspersky, Panda Software font partie des éditeurs de solutions de sécurité qui parient sur le succès d’offres en ligne dans le domaine, ô combien critique, de la sécurité. Il n’y a donc plus aucun secteur de l’industrie logicielle qui est immunisé contre de nouveaux entrants sur le mode en ligne. Surtout que le modèle seul est bien intégré par les clients. Nick Hayes, PDG d’EmailVision (un éditeur de solutions spécialisées dans le marketing direct), confie : « depuis 2004, nous n’avons plus besoin d’expliquer la différence entre l’ASP ou le SaaS et le modèle classique ». Ses interlocuteurs ? « Les directions métiers qui prennent la décision du projet et le paient sur leur budget, même s’ils prennent l’avis de la DSI ».
MARCHE Un décollage à confirmer
Le marché du Software as a Service (SaaS) connaît une croissance rapide à la fois en France et dans le monde. La plupart des acteurs, même les plus attachés au modèle de licence, s’ouvrent progressivement au Saas. Microsoft, Sage font partie du lot. Paradoxalement, ce modèle destiné à démocratiser les applications professionnelles dans les petites entreprises rencontre principalement du succès… dans les grandes entreprises !
Pour Sam Palmisano, le grand patron d’IBM, l’informatique d’aujourd’hui se compose de millions de personnes utilisant des milliards de terminaux pour accéder à leurs données, qu’il s’agisse de téléphones mobiles, d’ordinateurs portables ou de plates-formes émergentes. Ils participent tous à développer le modèle défendu depuis des années par IBM, le « On Demand », encore appelé l’ASP (Application Service Provider). C’est le cabinet Gartner qui, plus récemment, l‘a rebaptisé SaaS. Aujourd’hui, les entreprises éprouvent le besoin d’ouvrir leurs systèmes d’information sur le monde extérieur, phénomène qui tend à démolir chaque jour un peu plus le modèle périmétrique de l’architecture client/serveur. Une opportunité sans pareille s’ouvre pour un modèle en ligne, et les éditeurs en tous genres s’y engouffrent.
 L’Appengine de Google est symbolique du décollage des applications en ligne de type SaaS
Une évolution rapide
Les cabinets d’analystes sont plus que confiants sur l’avenir du modèle SaaS. Depuis 2005, Gartner, inventeur du concept, lui prévoit, en tout bien tout honneur une destinée en or 18 carats ! La croissance de ce modèle devrait atteindre 21 % par an, et ce, jusqu’en 2011, pour un chiffre d’affaires qui devrait atteindre 11,5 milliards de dollars cette année-là. Cet avis est largement partagé par les autres cabinets d’experts, comme McKinsey – qui prévoit un chiffre d’affaires de 37 milliards de dollars dans les 5 ans à venir – ou encore Saugatuck Technologies, un cabinet spécialisé sur les offres en ligne. Forrester Research précise, par ailleurs, que les dépenses sur les modèles à souscriptions du SaaS devraient représenter 13 % des dépenses informatiques en 2008.
La France suit la tendance :
quelques chiffres-clés
Le marché global des applications ASP/SaaS est estimé aujourd’hui environ 1 milliard d’euros et on considère que 3 % des logiciels sont vendus sous cette forme actuellement. Ainsi, 35 % des entreprises pourraient rapidement utiliser ce modèle, et, à terme, seule une minorité d’entre-elles (21 %) resterait sur le modèle traditionnel. Lors d’une étude récente, le Cabinet IDC a évalué le chiffre d’affaires du secteur ASP/SaaS à 157 millions d’euros en 2007. La grande différence entre les deux instituts provient d’un distinguo réalisé sur la forme de fourniture des applications par le Web. Ces chiffres indiquent que la tendance de fond est réelle, et l’étude de Markess International renforce ce sentiment : 52 % des entreprises interrogées indiquent vouloir recourir au SaaS d’ici 2010 pour au moins un des usages collaboratifs dans l’entreprise. A lui seul, le marché des solutions collaboratives et de communication d'entreprise en mode SaaS devrait représenter environ 150 millions d'euros en France en 2008. Ce résultat devrait croître au rythme moyen annuel de 48% sur la période 2008-2010 et ainsi atteindre 330 millions d'euros en 2010.
Des utilisateurs disparates
Les entreprises utilisant le SaaS présentent des profils très différents. Markess International remarque que les plus actives sont, d’une part, les PME de moins de 100 personnes et, d’autre part, les grandes entreprises de plus de 10 000 personnes. Le premier segment est celui qui présente le plus de potentiel. Dans l’autre partie du marché, le SaaS est l’apanage des directions fonctionnelles souhaitant déployer rapidement des solutions, sans passer par des procédures souvent complexes qui sont imposées par les directions informatiques. La plupart des fournisseurs interrogés lors de cette enquête nous ont confirmé cette tendance. Les projets sont aujourd’hui financés par les directions métiers sur leur propre budget, et elles choisissent des applications en ligne pour répondre rapidement aux besoins. La DSI n’intervient que dans les cas où la sécurité, ou l’intégration, représente un point important du projet.
Il reste, cependant, que le gros du marché ne s’est toujours pas converti au modèle, et que certaines restrictions ou craintes persistent.
Des freins persistants
Si les fournisseurs évitent le plus possible les services informatiques pour vendre les solutions en ligne, c’est bien que ces derniers montrent encore des réticences face à ce modèle, à la fois pour des raisons d’intérêts, mais aussi pour des raisons objectives. En effet, certaines DSI y voient une perte de contrôle du périmètre de l’informatique et ne sont pas vraiment enthousiastes pour ne devenir que des gestionnaires de contrats de souscriptions ! Elles avancent ainsi des arguments de sécurité, d’intégration et de contrôle des flux à l’intérieur des entreprises pour « dénigrer » les solutions qui ne sont plus sous sa coupe. Les chiffres d’une étude de Forrester Research auprès des directions informatiques illustrent bien le phénomène. 16 % d’entre-elles utilisent des solutions sous la forme SaaS, mais 80 % restent dans l’expectative, quand 37 % ne sont pas intéressées du tout (plusieurs réponses étaient possibles, d’où un cumul supérieur à 100%). Les raisons invoquées sont par ordre décroissant : les problèmes d'intégration (66 %), coût de possession élevé sur le long terme (61 %), manque de personnalisation des applications, problèmes de sécurité. Il est intéressant de noter que l’argument le plus souvent avancé par les fournisseurs de solutions classiques – la sécurité – n’arrive qu’en 4ème position pour les praticiens de l’informatique. Les autres arguments soulevés vont de l’inadéquation des solutions aux besoins métiers spécifiques, à la tarification trop complexe, en passant par les temps de réponse trop longs.
Le point le plus complexe reste néanmoins la structure du marché elle-même. Les éditeurs ne sont pas encore armés pour s’attaquer au marché des PME et ils font appel à des partenaires. Ce modèle requiert un changement de culture pour ceux qui l’adoptent, même si SaaS demande de l’intégration ou des prestations de services informatiques en interne. Les éditeurs devront aussi convaincre leurs revendeurs et intégrateurs de basculer vers ce type de solutions. Une paille !
EVOLUTION La prochaine étape du PaaS
Le PaaS semble être l’évolution naturelle du modèle actuel des applications en ligne. Souvent assimilé au « cloud computing », il devient le moyen privilégié d’apporter de l’automatisation dans le monde du SaaS, en proposant une infrastructure complète avec des outils de développement pour l’adaptation des applications.
Lors d’un grand raout rassemblant des clients d’IBM à Saint-Louis dans le Missouri, Sam Palmisano, grand patron de « Big Blue », n’a pas fait dans la nuance : « l’architecture client/serveur est en fin de course ». Il entendait par là que le PaaS et le cloud computing allaient, à terme, supplanter le modèle classique que nous connaissons actuellement. En gros, des acteurs du secteur de la fourniture d’applications en ligne proposent d’aller plus loin, en fournissant à la fois une plate-forme d’infrastructure et d’intégration avec des outils de développement qui permettent de concevoir des applications nouvelles, totalement adaptées aux besoins du client et ce, dans des centres de données disséminés de par le monde. Le nouveau héraut de ce modèle est Salesforce qui, après avoir clamé la fin du logiciel, permet à ses clients d’en développer, mais uniquement sur sa plate-forme !
Les premiers pas
de l‘Utility Computing
Cette architecture PaaS/Cloud computing a l’avantage de décharger les services informatiques de toute la gestion des couches d’un système d’information. L’argument est de remettre les services informatiques sur des projets apportant de la valeur au métier de l’entreprise, et non à la gestion et au maintien des solutions existantes, ou de l’infrastructure, pour que cela fonctionne. Les grands éditeurs et constructeurs du marché – IBM, Google, Sun Microsystems, Oracle, Microsoft – proposent donc ces « usines » à produire de l‘informatique. Le PaaS se résume donc aux outils logiciels présents sur une infrastructure qui est déportée dans de grands centres de données (Cloud). La phase que nous connaissons actuellement devrait permettre une transformation de la conception des systèmes d’information dans les entreprises, avec l’appui de solutions collaboratives et de workflow. L’étape suivante verra apparaître des processus de bout en bout, avec une gestion et une supervision des processus métiers qui seront simplifiées. Ces éléments apportent des réponses aux principales interrogations des entreprises sur le modèle SaaS (intégration, personnalisation, adaptation au métier de l’entreprise). La question qui devrait alors se poser : pourquoi installer un système d’information, le gérer et le maintenir, alors que j’ai une solution complète quelque part en ligne, chez un fournisseur reconnu. Le temps sera alors venu pour l’Utility Computing dont nous entendons parler depuis dix ans !
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