
Spécialisée dans l’infogérance, la SSII embauche essentiellement des débutants avec l’objectif de les faire rapidement évoluer vers de nouveaux métiers ou des postes de management. Son credo : renouveler sans cesse les compétences pour diversifier les missions de ses informaticiens.
Alain Roumilhac, le directeur général exécutif d’Osiatis, ne cache pas que, ces derniers mois, son entreprise a connu des moments difficiles, peu propices au recrutement de nouveaux collaborateurs. Avec un chiffre d’affaires 2009 en recul de 2,8 % (233 millions d’euros), la SSII n’a pas été épargnée par la crise, notamment sur son activité « Développements Nouvelles Technologies » qui a baissé de plus de 5 %.
Néanmoins, s’il est encore trop tôt pour parler d’embellie, le premier semestre montre des signes positifs qui devraient se traduire par une croissance des embauches : « Lors du premier trimestre 2010, nous avons recruté une centaine de personnes. Il s’agit de remplacer le turn-over même si celui-ci est encore très bas pour notre secteur (ndlr : moins de 10 %). En fait, une bonne partie de nos embauches est liée à la signature de nouveaux contrats. Or, le mois de mars a montré une dynamique encourageante et nous donne un peu plus de visibilité. » De fait, la société peut s’appuyer sur des contrats remportés en infogérance système, mais aussi sur son partenariat très fort avec Microsoft – notamment pour les projets Windows 7 – et sur ses expertises en virtualisation de serveurs et de postes de travail qui vont lui permettre de profiter de la dynamique impulsée par le Cloud Computing.
Hongrois et slovaque appréciés
De 269 recrutements réalisés en 2009, la SSII espère passer à 400 cette année pour un total de 3 000 collaborateurs dont 2 600 basés en France et 400 à l’international (Espagne, Autriche, Belgique). Un positionnement lié à l’activité d’Osiatis qui repose sur deux grands piliers : d’une part, les services aux infrastructures (infogérance, migration, masterisation, services desk, maintenance...) et de l’autre, une division Ingénierie plus portée sur la conception fonctionnelle et le développement applicatif.
Quant à la clientèle, même si elle comporte quelques PME, elle est essentiellement composée de grands comptes et de grandes entreprises tant dans le secteur public que dans les métiers de services (banques, assurances...) ou dans l’industrie (télécoms, santé, automobile...). Pour répondre à cette diversité, la SSII a fait le choix de recruter plutôt des débutants (80 % des nouveaux embauchés) avec néanmoins des profils assez variés : « Nous recherchons des personnes diplômées Bac+2 à Bac+5. Les Bac+2 sont avant tout embauchés pour faire du help desk et sont généralement issus de BTS et d’IUT en informatique. Mais ce n’est pas exclusif. Nous recherchons plutôt des collaborateurs capables de parler des langues peu répandues comme le hongrois où le slovaque afin d’accompagner nos clients qui sont implantés dans ces régions. Car il est plus facile de former quelqu’un sur le plan technique que de lui faire apprendre une nouvelle langue », précise Alain Roumilhac.
Les plus diplômés sont généralement issus d’école d’ingénieurs et plutôt spécialisés dans les nouvelles technologies comme les développements .Net ou J2EE. Quant aux 20 % de seniors expérimentés qui rejoignent l’entreprise, ils sont généralement recrutés comme directeurs de projets, notamment pour les gros programmes de transformation (par exemple, la migration des parcs vers Windows 7...). Cependant, cette typologie des profils n’est pas exhaustive et varie en fonction des contrats que doit honorer la SSII.
Plus de 60 contrats de professionnalisation cette année
Sur le site Carrière de l’entreprise (http://www.osiatis.fr/rubrique.php3?id_rubrique=29), on trouve ainsi des annonces pour des postes d’administrateurs de base de données Oracle Unix, pour des experts techniques en maintenance 2e niveau ou pour des ingénieurs système W2000/2003/AD. « Ce sont les bons ingénieurs commerciaux qui sont les plus difficiles à trouver », précise Alain Roumilhac, qui note qu’en ces temps de crise et de faible turn-over « le temps de recrutement a globalement doublé ». C’est pourquoi la SSII n’a pas hésité à multiplier les sources de recrutement pour trouver les perles rares : petites annonces (sur son site et sur les job boards) ; cooptation, qui représente 10 % du recrutement et pour lesquels les collaborateurs « recruteurs » se voient attribuer entre 800 et 1 000 euros, ou CV spontanés (« tous sont regardés mais nous retenons principalement ceux des Juniors qui ont des profils un peu atypiques »).
Par ailleurs, la société embauche une grande partie de ses intérimaires et depuis plus de 10 ans, soit 1998, intègre des jeunes venus en contrat d’alternance ou en stage : « Cette année, nous avons plus de 60 contrats de professionnalisation. Les étudiants viennent principalement des écoles d’ingénieurs mais aussi d’écoles de commerce. Nous avons également quelques profils dans les métiers de la communication et de la comptabilité », souligne encore le directeur général exécutif. Mais la SSII souhaiterait aller plus loin en développant les partenariats aves les écoles d’ingénieurs et de commerce afin d’attirer davantage de Bac+5.
Parallèlement à ces embauches, qui visent en majorité des juniors, Osiatis investit beaucoup sur la formation de ses collaborateurs car, explique Alain Roumilhac, « Si nous recrutons des débutants, c’est pour les faire évoluer. » La formation représente plus de 3,5 % de la masse salariale et sa portée est autant technique (avec un accent mis sur les certifications) que managériale (encadrement, direction de projets...). La SSII a également mis en place des modules de formation afin de développer le savoir être des salariés car comme le souligne le service des Ressources Humaines, « il est indispensable que chaque collaborateur fasse preuve d’esprit d’équipe, car c’est nécessaire pour assurer le succès de l’entreprise. Et il doit également avoir le sens du service vis-à-vis des clients ».
Ainsi, chaque année, au moment de son entretien d’évaluation, le collaborateur se voit proposer par son manager un plan de formation qui tient compte des projets sur lesquels il travaille (ou va travailler) mais aussi de son plan de carrière. Le Credo de l’entreprise est en effet de faire systématiquement évoluer les collaborateurs, même ceux qui sont bien dans leurs projets. Une méthode qui permet de renouveler les compétences et a pour objectif de diversifier les missions des salariés. Par ailleurs, la SSII n’hésite pas à valoriser l’expérience acquise pendant les missions : « Les collaborateurs qui ont travaillé plusieurs mois sur un projet chez un client se voient attribuer un label. Cela leur permet de grimper d’échelon financier », explique Alain Roumilhac.
32 implantations en France, 50 % des effectifs dans les régions
La SSII a également mis en place un schéma d’évolution permettant aux Bac+2 de passer cadres. Chaque année, les collaborateurs concernés (une vingtaine en 2009) sont amenés à écrire un mémoire sur un de leurs sujets professionnels et doivent ensuite soutenir leur travail devant la DRH qui le valide. C’est en fonction de cet examen que le salarié est alors nommé cadre. Pour ceux qui ont déjà ce type de responsabilité, la SSII a également prévu des modules de formation leur permettant d’acquérir plus d’expertise ou de devenir responsable de Business Unit. Car l’entreprise de par son implantation (régionale et internationale) et la diversité de ses activités propose de nombreuses opportunités en interne. « Nous avons 32 implantations à travers la France et la province représente 50 % de nos effectifs. Les responsables d’agence sont en lien direct avec le siège de l’entreprise, mais ils disposent d’une certaine autonomie de travail que l’on ne retrouve pas dans toutes les SSII », tient à préciser Alain Roumilhac.
Après plusieurs années de forte croissance, Osiatis a connu, comme pratiquement toutes les SSII, les effets de la crise. Après une quasi-stagnation en 2008, le chiffre d’affaires s’est inscrit à la baisse (2,8 %) sur 2009 avec 232,8 millions d’euros. Selon la dernière répartition communiquée par l’entreprise, le CA est concentré sur les prestations d’infogérance d’infrastructures (86 %), le solde de l’activité étant généré par l’ingénierie et l’infogérance d’applications. Par grands secteurs, les ventes se répartissent entre l’industrie (22 %), les services et transport (18 %), la banque & assurance (16 %), l’énergie (15 %), le secteur public (13 %), la distribution (10 %) et les télécoms (6 %). Près de 15 % du CA est réalisé hors de France. Au classement 2008 des SSII (selon le CA France), Osiatis se situait au 22e rang. Son capital est réparti entre le fonds Walter Butler Finance Partner (un peu plus de 50 %), les dirigeants et salariés (7 %) et le « flottant » négocié sur le marché (environ 40 %). L’action Osiatis est cotée sur l’Eurolist d’Euronext Paris. L’effectif moyen s’élevait à 3104 personnes en 2008. Le groupe compte aujourd’hui près de 3000 collaborateurs en France, Autriche, Benelux et Espagne.