
Après plusieurs grosses acquisitions et une année 2009 marquée par la crise, la SSII mise sur son capital humain pour renouer durablement avec la croissance.
Nouveau nom, nouvelle charte graphique c’est ainsi que Micropole, ex-Micropole Univers, a voulu marquer l’année 2010. Ce changement était aussi l’occasion pour la SSII de tourner la page après les difficultés rencontrées en 2009 qui l’ont obligé à restreindre ses recrutements : « En 2009, la crise nous a touchés et nous n’avons embauché que deux cents collaborateurs, en grande partie pour suppléer au turn-over », explique Stéphanie Floiras, chargée du recrutement chez Micropole.
De nouvelles expertises en ERP
La SSII qui compte 1 200 collaborateurs dont 900 en France (et 300 en Suisse) a également procédé à quelques embauches nettes, car il lui fallait acquérir de nouvelles compétences. Cependant, rien à voir avec 2010 qui marque un réel retour à la croissance. Une performance qui récompense la stratégie de la société axée, ces dernières années, sur la croissance externe afin d’acquérir davantage d’expertise. Ainsi, après Apsalys en 2007, société spécialisée dans le conseil et l’intégration d’ERP dans le domaine des sciences de la vie, Micropole a mis la main en 2009 sur Isartis, un cabinet de conseil, spécialiste de SAP.
Ainsi réorganisée, Micropole compte aujourd’hui trois grandes activités : la Business Intelligence, le Web-It et l’ERP. À cela s’ajoutent deux activités connexes : le CRM et la formation dispensée à travers un centre dédié (le Micropole Institut). « Nous recrutons des collaborateurs sur l’ensemble de ces activités et, cette année, nous programmons d’embaucher 350 personnes sur toute la France », précise Stéphanie Floiras. Car la caractéristique de Micropole est d’être fortement implantée dans les régions. Outre le siège en région parisienne, la SSII est en effet présente à Lyon, Aix-en-Provence, Rennes, Nantes, Toulouse et, depuis peu, à Lille. Cette nouvelle agence ouverte en juin 2009 fera d’ici trois ans travailler une soixantaine de personnes. Aujourd’hui, l’ensemble des agences régionales en France ne réalise que 15 % du chiffre d’affaires global de la SSII, mais avec un taux de progression moyen supérieur à 20 % au premier semestre 2010 : ce réseau est devenu l’un des maillons forts du groupe Micropole.
Proposer des offres complètes
Avec sa diversité géographique et l’étendue de ses métiers, Micropole peut se permettre de rechercher des profils diversifiés même si, comme dans la plupart des SSII, sa cible principale reste les ingénieurs : « Nous recherchons des ingénieurs d’étude aussi bien débutants que seniors. Nous recrutons également des chefs de projet, des experts, des directeurs de projet et des consultants en AMOA. Mais l’objectif de la société est de développer les activités de conseil et d’aller davantage vers l’expertise. Nous souhaitons proposer des offres complètes qui vont du conseil jusqu’à l’intégration », explique Stéphanie Floiras. C’est pour répondre à cet objectif que Micropole a racheté Apsalys et surtout Isartis. Mais cette stratégie qui doit permettre à l’entreprise d’apporter plus de valeur ajoutée à ses prestations l’oblige aussi à rechercher des profils plus qualifiés et donc plus rares. Ainsi, pour les spécialistes BW (Business Information Warehouse de SAP), la SSII a préféré mettre en place un centre de compétences afin d’avoir directement sous la main les bons spécialistes.
Car, qu’ils soient en région ou à Paris, les bons profils ne sont jamais faciles à trouver. « Le plus difficile à recruter sont les personnes qui ont 2 à 5 ans d’expérience. C’est un peu une course contre la montre, il faut aller vite car toutes les entreprises recherchent les mêmes profils. Parfois, cela peut même devenir un problème car nous préférons refuser une mission si nous n’avons pas les bonnes compétences. D’où l’importance d’être plus malin et plus créatif que les concurrents », souligne Stéphanie Floiras. La stratégie de Micropole est de miser beaucoup sur la cooptation avec différentes incitations financières : « Nous avons mis en place un challenge annuel avec des primes pour le collaborateur et pour le coopté, qui sont accordées selon le profil de la personne cooptée », précise la responsable du recrutement.

Les jeunes diplômés embauchés sont souvent d’anciens stagiaires
Le reste du recrutement est assez varié : outre le site internet de l’entreprise qui dispose d’un espace carrière avec les postes à pourvoir (http://www.micropole.com/fr-fr/micropole/accueil/carrieres), Micropole est présent sur Viadéo, Linkedin, les réseaux spécialisés et certains blogs d’experts du secteur. « Nous sommes également présents sur les Jobs boards et nous étudions les candidatures spontanées, mais les jeunes diplômés que nous embauchons sont souvent d’anciens stagiaires », précise Stéphanie Floiras. Des stagiaires issus, pour beaucoup, d’écoles spécialisées comme l’ESTI ou l’UTC (Université de Technologie de Compiègne). « Notre souhait est de renforcer ces liens avec les écoles sur la région parisienne mais aussi en province, afin de trouver des collaborateurs pour nos agences régionales », note la responsable du recrutement.
Micropole a également mis en place des actions RH avec des ateliers de simulation de recrutement et des formations de reconversion. Car le diplôme n’est pas le seul critère de recrutement et Micropole accorde aussi beaucoup d’importance à la personnalité des futurs collaborateurs : « Nous recherchons des personnes qui partagent notre culture du travail et qui peuvent s’intégrer facilement dans un groupe. Pour les débutants, ils doivent reconnaître qu’ils ont un métier à apprendre et on leur demande donc d’avoir une certaine humilité », rappelle Stéphanie Floiras.
En contrepartie, la SSII va aider ses nouveaux collaborateurs à évoluer dans leur métier et dans leur carrière. Dès leur intégration, ces derniers sont formés à la méthodologie Micropole dispensée dans le Micropole Institut, afin d’acquérir « des règles de savoir-être et de savoir-faire ». Parfois aussi les nouveaux venus vont être formés directement par les éditeurs sur leurs technologies (SAP, Oracle, Microsoft...). Par la suite, tous les collaborateurs auront la possibilité de bouger, soit géographiquement soit dans leurs métiers. « Certains veulent partir en province et c’est une opportunité que l’on peut leur offrir grâce à la présence de nos agences régionales. Mais il peut aussi s’agir d’un changement d’activité », souligne Stéphanie Floiras.
Échanger le savoir-faire
Autre composante essentielle pour la responsable du recrutement : la motivation des équipes. « L’avantage de notre organisation est d’avoir des structures à taille humaine. Ainsi, les agences comportent une soixantaine de personnes avec un accompagnement de proximité par le directeur de l’Agence. Par ailleurs, pour renforcer l’animation nous avons mis en place des centres de compétences (autour des technologies BW, SharePoint, SAS...) qui permettent aux collaborateurs d’échanger leur savoir-faire et leurs bonnes pratiques. »
Le résultat est-il à la hauteur des espérances ? En partie, reconnaît Stéphanie Floiras. Car si les collaborateurs restent relativement longtemps dans l’entreprise (la durée moyenne est de six ans, la plupart des collaborateurs qui partent étant recrutés par le client), la SSII voudrait mieux fidéliser les collaborateurs qui travaillent en régie et qui représentent un peu plus de 50 % des effectifs. « Pour cette population, notre objectif est de développer le forfait afin de mieux les intégrer au sein de l’entreprise. Nous allons d’ailleurs embaucher une personne pour qu’elle s’occupe de cette tâche et travaille à une campagne d’animation dans les prochaines semaines », conclut Stéphanie Floiras.
85 % des entreprises du CAC 40 font partie des clients de Micropole, qui réalise 59 % de son chiffre d’affaires dans trois grands secteurs d’activité : la banque, les télécoms et l’industrie. En 2009, Micropole est tout juste parvenue à maintenir son chiffre d’affaires (94,2 millions d’euros contre 92,4 millions d’euros en 2008), mais l’entreprise a vu son résultat net s’éroder (2,7 millions d’euros contre 2,8 millions d’euros). En revanche, au premier semestre 2010, la SSII a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 50,6 millions d’euros soit une croissance de plus de 8 % par rapport à la même période en 2009.
