vendredi 25 mai 2012
 

Axians mise sur l’autonomie de ses ingénieurs

par Florence Puybareau - Article publié dans le magazine L'Informaticien le 01/06/2011 Article Rating

La filiale de Vinci Energies recrute plutôt des experts qui peuvent se voir très vite confier des responsabilités importantes. Une cinquantaine de recrutements sont prévus cette année.

Axians aime se démarquer de ses concurrents. D'ailleurs quand on sollicite une interview, les porte-paroles tiennent à préciser qu' « Axians n'est pas une SSII ». Soit. Mais s'il est vrai l'entreprise ne va pas faire du déploiement SAP, ses quatre principales activités (études et conseils, intégration, maintenance et application, centre de supervision...) ne diffèrent guère de ce que proposent les grandes sociétés de services françaises dans le domaine des télécommunications. L'objectif de la société étant de « concevoir, installer, maintenir et exploiter les systèmes d'information et de communications Voix Données Image ».

En fait, ce qui distingue vraiment Axians, c'est sa généalogie. L'intégrateur est en effet l'une des marques de Vinci Energies elle-même filiale du Groupe Vinci.  Cette position est un atout car elle permet à l'intégrateur et notamment à ses collaborateurs de bénéficier de l'appui d'un des plus grands groupes hexagonaux qui réalise 35 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Pour sa part Axians a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 260 millions d'euros dont la moitié en France et compte 1 200 collaborateurs (800 dans l'hexagone). Le reste de l'activité se répartissant dans cinq autres pays européens à savoir la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique, le Royaume-Uni et l’Allemagne. L'autre particularité de cette entreprise est son organisation en petites entreprises locales (36 en France) ce qui permet selon les dirigeants de « garantir aux clients la proximité, la souplesse et la réactivité nécessaires à la réalisation de leur projet » tout en ayant l'infrastructure d'un grand groupe.

Une vraie pénurie d’ingénieurs

Ce modèle de management n'est pas sans conséquence sur le recrutement des collaborateurs mais aussi sur leur évolution au sein de l'entreprise. Celle-ci en effet privilégiera plutôt des personnes un peu qualifiées (« le profil idéal dans notre secteur, c'est le jeune diplômé avec un peu d'expérience », reconnaît Gilles Vivat, directeur général d'Axians), rapidement autonomes, capables de s'investir beaucoup sur les projets mais qui en contrepartie peuvent se voir confier très vite des responsabilités. « Nous recrutons surtout des ingénieurs pour faire des métiers experts  comme responsables d’affaires ou des chefs de projets qui ont une responsabilité étendue et multiple. Cela signifie qu'ils vont avoir la gestion financière et technique de leur projet commerciale de leur produit et managériale de leurs équipes » précise Gilles Vivat. C'est pourquoi, même si, en 2011, les recrutements ne devraient pas être très élevés (une cinquantaine de personnes en France, essentiellement pour faire face au faible turn-over, évalué à 5%), Axians peine à trouver les bons profils. « Les experts que nous recherchons sont, outre les ingénieurs, des techniciens, des spécialistes en sécurité, en réseau, en système d’information, en communications unifiée, en téléphonie sur IP... D’une façon générale, ce n'est déjà pas facile de recruter sur nos métiers mais c’est encore plus vrai sur certains domaines comme la communication unifiée et la sécurité. Le marché est tendu et il y a une vraie pénurie d’ingénieurs » admet Gilles Vivat. Outre des profils un peu expérimentés, Axians va aussi rechercher des jeunes diplômés sortis de l'école qui vont être formés en interne. En revanche, « nous ne recrutons quasiment pas de séniors car nous sommes sur des métiers jeunes (IP...) et les séniors ont rarement les formations suffisamment qualifiées pour ces projets » souligne le directeur général. 

Pour séduire les candidats potentiels, « nous mettons en avant nos atouts, c'est-à-dire une organisation très décentralisée – où les nouveaux collaborateurs peuvent avoir rapidement des responsabilités – alliée à l’appartenance à un grand groupe. La personne a une influence directe sur la bonne marche de son entreprise. C’est l’association de ces éléments avec la perspective de projets intéressants qui fait notre force auprès des jeunes diplômés » explique Gilles Vivat.

Une organisation qui repose sur 36 équipes

Quant au mode de recrutement, il reste similaire à celui des autres sociétés du secteur. D'une part la cooptation qui est importante mais « nous n’avons pas de système organisé et rémunéré. Cela vient du fait que l’organisation repose sur 36 équipes où il est plus facile de faire venir quelqu’un que l’on connaît. » Les recrutements s'opèrent aussi via les sites de groupe de Vinci ou Vinci Energies, soit en participant à des forums spécialisés. Axians a également des correspondants dans les écoles d’ingénieurs ainsi que des anciens collaborateurs qui donnent des cours dans ces écoles et peuvent servir de relais d'information. Enfin, la société a développé une politique de stages notamment en alternance ce qui lui fournit certaines années une source de recrutement.

Mais recruter est une chose, il est aussi important de faire évoluer les collaborateurs et surtout de pouvoir les garder sur la durée. « Notre volonté est que les collaborateurs fassent carrière chez nous » rappelle Gilles Vivat. Un pari qui semble réussi au vu du faible turn-over mais pour le directeur général pas de mystère, cela tient d'abord à la culture de l'entreprise qui « est très forte » et aux nombreuses formations mises en places au sein du groupe : « Nous leur proposons des modules de formation tout au long de leur carrière. Pour les formations techniques, nous avons créé l'Académie Axians  et nos intégrateurs telco sont certifiés Cisco, Alcatel, Microsoft, HO, Juniper... Nous avons également l’Académie Vinci Energies qui va plutôt dispenser des formations sur les métiers de chef de projet, de commercial, de chef de chantier, de responsable marketing... La plupart de nos recrues commence par un métier d’expertise technique et participe à des projets de plus en plus complexes  pour évoluer ensuite vers des postes d’ingénieurs commerciaux ou de responsables d’affaires...  Ensuite, ils ont la possibilité de devenir chef d’une des 36 entreprises d’ Axians ou même d’une des 800 entités du groupe Vinci Energies » note Gilles Vivat, lui-même issu de cette filière interne.  

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