vendredi 25 mai 2012
 

Accenture recrute l'élite des jeunes diplômés

par Johanna Godet - Article publié dans le magazine L'Informaticien le 01/12/2010 Article Rating
Accenture

Accenture France place les jeunes diplômés des grandes écoles au coeur de sa stratégie de recrutement. La société de conseil en management et en technologies les accompagne tout au long de leur carrière à travers des formations spécialisées et adaptées à leur parcours. Elle cible prioritairement les filières élitistes.


Avec une moyenne d’âge de 32 ans, Accenture France présente la particularité d’être une entreprise jeune. Pour preuve, l’entreprise entame en 2011 une politique de recrutement massif et prévoit d’accueillir près de 1 300 nouveaux profils au sein de ses équipes, dont la moitié de jeunes diplômés.
« Nous prévoyons de recruter au cours de l’année prochaine 850 informaticiens et conseillers qui travailleront sur la partie technologie, 400 personnes pour assurer la maintenance informatique et 200 conseillers en management », annonce Sophie Arnould, responsable du recrutement. Ces trois métiers forment un tout : « Nous intervenons de l’amont vers l’aval chez le client », explique-t- elle, « C’est ce qui fait notre force. »

Des profils d’excellence
Dans son plan de recrutement, l’entreprise recherche les meilleurs. En tant que société cotée et comptant parmi ses clients les plus grandes multinationales, elle s’oriente vers l’élite, tant du côté des conseillers que des informaticiens. À ce titre, pour l’activité de conseil en management et en technologie, le groupe privilégie les jeunes diplômés des grandes écoles de commerce renommées, à l’exemple d’Audencia et de HEC.

Des partenariats avec les grandes écoles
Côté ingénieurs, la société mise davantage sur Polytechnique, Centrale et les Mines. « Pour nous, l’idéal est un candidat ayant obtenu un double diplôme en finance et en informatique », précise Sophie Arnould.
Néanmoins, pour les métiers de la maintenance, le groupe se montre nettement moins exigeant et demande a minima un niveau bac +2 en informatique.
Pour recruter les jeunes diplômés, qui constituent 50 % de la cible, Accenture France mise sur un fort partenariat avec les écoles. Pour l’heure, très peu d’universités sont concernées par ce système et les seules « privilégiées » se situent soit en Île-de-France soit dans la région nantaise. « Nous intervenons régulièrement auprès des établissements partenaires tels que la Fondation HEC, la Fondation Telecom, l’Audencia et Centrale et nous y animons des conférences et des formations. »
Dans ce cadre, l’entreprise aide ces étudiants à se préparer aux entretiens d’embauche, l’occasion de repérer au passage les étudiants qui sortent du lot. Mais Accenture ne recrute pas des stagiaires et jeunes diplômés uniquement par ce moyen.

Un quart des seniors recrutés par cooptation<
La société de conseil est aussi fortement présente dans les forums étudiants et les salons. « Nous recherchons des profils d’excellence sur Internet sur les sites de réseaux sociaux tels que LinkedIn, Viadeo, Facebook, mais aussi sur les sites spécialisés à l’exemple de Monster et de Cadremploi », explique la responsable du recrutement : « Les jeunes diplômés voient Accenture comme une bonne référence pour travailler avec des entreprises prestigieuses. »
Pour les seniors, c’est-à-dire les professionnels ayant au moins deux ans d’expérience, Accenture s’en remet d’une part à ses salariés, afin de véhiculer la culture d’entreprise à l’extérieur et d’attirer de nouveaux profils par la voie de la recommandation interne. « Le principal vecteur de recrutement des profils expérimentés est la cooptation. Par ce biais, nous nous assurons que le candidat connaît l’entreprise et adhèrera a priori à notre culture », ajoute Sophie Arnould. Bien que la majeure partie du recrutement des seniors passe par ce système, les ressources humaines d’Accenture consultent également en parallèle les CVthèques et s’en remettent à des chasseurs de tête.

Des sessions de recrutement<
« Nous organisons des sessions qui s’étendent sur une période d’un mois pour recruter les jeunes diplômés et les stagiaires », indique Sophie Arnould. « Nous sollicitons en moyenne une trentaine de candidats. » Ainsi, pour les juniors le recrutement se déroule en quatre étapes, quelle que soit la spécialité choisie. Dans un premier temps, les candidats assistent à une réunion de présentation des différents métiers de l’entreprise. Ensuite, chacun d’eux passe un entretien de motivation avec un opérationnel et doit plancher sur un cas réel d’entreprise. À ce niveau, Accenture juge de la mobilité intellectuelle du candidat, de sa capacité de synthèse, de son ouverture sur les autres et de sa curiosité. « Ils passent l’ensemble de ces entretiens de motivation et de bilan de compétences au cours d’une matinée à l’issue de laquelle nous opérons une présélection. » Les candidats encore en lice rencontrent enfin l’un des partners qui travaille dans l’activité pour laquelle ils postulent. Pour les informaticiens, pas de business case, les candidats doivent répondre aux questions techniques d’un senior manager.
Les seniors quant à eux ne passent que trois entretiens de motivation, l’un avec un chargé de recrutement, un autre avec un manager, le dernier avec un partner. « Ce qui compte, c’est avant tout leur motivation, car théoriquement ils ont fait preuve d’une expérience professionnelle. Aussi, nous n’avons pas à juger leurs connaissances techniques. » Et bien que 98 % des salariés soient en CDI, le turn over est relativement élevé, de l’ordre de 13 %.

Un plan de carrière au niveau national
En dépit du fait que Accenture soit une entreprise internationale, ses salariés évoluent majoritairement au niveau local, en région. « En général, nos salariés travaillent deux à trois ans à leur poste avant de se voir proposer une promotion », poursuit Sophie Arnould. Ainsi, une personne qui est recrutée à bac+2 deviendra au bout de trois ans ingénieur d’études, puis chef de projet, pour ensuite s’imposer comme directeur de projet. Il faut généralement huit ans à un jeune diplômé pour atteindre le poste de senior manager.
Dans ce cadre, les projets sur lesquels travaillent les chargés de missions ne dépendent pas de leur grade, mais de leurs spécialités. « Par exemple, si un client s’en remet à nous pour un projet SAP, dans ce cas nous nous tournons vers tous les collaborateurs qui ont cette compétence, qu’ils soient junior ou senior, du moment qu’ils sont disponibles. »
En matière de plan de carrière, « nous fonctionnons sous le modèle de la méritocratie », insiste Sophie Arnould. Le groupe estime qu’un salarié est prêt à évoluer dès qu’il présente des résultats probants et qu’il démontre qu’il est capable d’animer une équipe.

Sophie_Arnoult

Un engagement citoyen fort
L’une des principales valeurs du groupe est « l’engagement citoyen ». Par ce terme, le groupe entend aider les habitants des Pays en voie de développement à trouver un emploi, notamment en les formant aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ainsi, à travers ce programme, connu sous le nom « skill to succeed », le personnel de Accenture France intervient chaque année auprès d’environ 250 000 personnes dans le monde, et notamment aux Philippines, au Vietnam, au Cambodge et en Afrique, par l’intermédiaire d’ONG et d’organisations humanitaires. Le groupe tient compte de ces missions dans l’évolution professionnelle du salarié, qui est de plus rémunéré aux mêmes conditions salariales que s’il travaillait pour un client.

Télétravail autorisé un ou deux jours par semaine
Par ailleurs, Accenture oeuvre en faveur du développement durable. Il ne le fait pas de manière purement marketing mais essaie simplement de limiter les déplacements de ses collaborateurs. À ce titre, la filiale française a déployé dans ses locaux des solutions de téléconférence de marque Cisco. « Travailler en vidéo conférence permet d’une part de réduire notre empreinte écologique, et d’autre part de délivrer un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle à nos équipes. » Cette initiative va de pair avec l’accord que vient de passer l’entreprise avec ses collaborateurs en matière de télétravail. « Nous autorisons nos salariés à travailler un à deux jours par semaine de chez eux, afin qu’ils économisent plusieurs heures de transport en commun pour leur bien-être personnel et de fait pour leur productivité. »


Salaires modérés
Les salaires offerts se situent certes dans la moyenne du marché, mais semblent faibles au regard des profils cibles, à savoir entre 34 000 et 41 000 euros pour les diplômés bac+5, et entre 28 000 et 32 000 pour ceux qui ont un niveau bac+4.

Accenture en chiffres
Société de conseil en management, en technologie et en externalisation, ex-division conseil de Arthur-Andersen, Accenture emploie plus de 200 000 personnes répartis dans 120 pays, dont près de 5 000 en France. Au 31 août 2010, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires mondial de 21,6 milliards de dollars et présente une valorisation boursière au Nyse de 27,94 milliards de dollars. Classée comme l’une des plus grandes SSII, elle est spécialisée dans divers secteurs économiques que sont la communication et les hautes technologies, l’administration et les services publiques et de santé, les services financiers, la grande consommation, l’automobile, le tourisme ainsi que les ressources. Ses équipes interviennent à chaque étape du processus, en amont comme en aval.