vendredi 25 mai 2012
 

NextiraOne : au service de ses clients coûte que coûte

par Johanna Godet - Article publié dans le magazine L'Informaticien le 01/02/2011 Article Rating
NextiraOne
Le siège de NextiraOne, situé à Saint-Denis (93).

 
L’intégrateur télécom NextiraOne est une entreprise très spécialisée, tout comme son personnel. Et c’est ce qui fait sa force. Une règle d’or : ne recruter que des personnes qui connaissent le métier et sont conscientes de la disponibilité qu’il requiert.


Si les entreprises du secteur informatique connaissent un turn-over relativement important, cette situation est loin de préoccuper l’intégrateur NextiraOne, pour qui ce taux est inférieur à 2 %. De quoi faire rêver plus d’une SSII. Son secret : n’employer quasiment que des personnes expérimentées, ayant déjà eu une expérience préalable auprès d’un concurrent, et qui connaissent les enjeux de la profession. De cette manière, les risques d’échec dans la politique de recrutement sont fortement réduits. Mais ce faible turn-over, bien que positif à première vue, est aussi le signe d’un salariat vieillissant, la moyenne d’âge étant de 46 ans, et d’un faible taux d’embauche. Seulement une centaine de postes sont ouverts chaque année, sachant que la filiale française compte près de 1 800 collaborateurs. Parmi les profils les plus recherchés figurent les commerciaux, les avant-ventes et les personnes ayant une expertise certifiée.

Des experts, sinon rien
Le groupe est divisé en trois grands métiers, chacun ayant ses exigences et ses particularités, à savoir la partie commerciale, composée de 350 personnes, la production de services qui emploie près de 1 000 collaborateurs et le back office en charge de l’administratif, qui compte 350 salariés. Le processus de recrutement peut sembler traditionnel et peu compliqué pour le candidat, qui sera exonéré de tests, ainsi que de mise en situation et devra passer seulement trois entretiens de motivation avec un manager, un dirigeant, ainsi qu’un responsable des ressources humaines. En réalité, quel que soit le métier, la sélection est rude. « Il est difficile de trouver des profils commerciaux adaptés, capables de “ survivre ” dans notre environnement d’intégrateur », nous confie Thierry Mosbah, directeur des Ressources humaines de NextiraOne. Les commerciaux doivent comprendre le client, la technologie et savoir s’adapter à des architectures techniques différentes. Le candidat doit être un véritable spécialiste, un bon vendeur et disposer d’une force de travail remarquable. « C’est pourquoi nous recrutons encore trop peu de jeunes commerciaux et que nous demandons d’avoir une réelle expérience de notre métier », insiste-t-il. Car si, pour nombre de SSII, les ingénieurs ne sont pas des commerciaux, sauf cas exceptionnels, chez NextiraOne ce n’est pas du tout le cas. Et cinq ans d’expérience au minimum, en tant que chef de projet ou qu’ingénieur, sont requis.



Côté production de services, division au sein de laquelle les employés sont chargés d’assurer la main d’oeuvre des projets d’installation, la maintenance et l’exploitation du réseau télécom des clients du groupe, les exigences sont du même niveau. À quelques rares exceptions près, seuls les profils expérimentés et certifiés sont acceptés. Et, là encore, les collaborateurs doivent faire preuve d’un haut niveau d’implication. Chez NextiraOne, une disponibilité 365/24/7 peut être demandée aux ingénieurs et techniciens. « Nous travaillons notamment avec des organismes de santé comme les Samu, les hôpitaux et nous devons intervenir à toute heure du jour ou de la nuit si besoin est », nous explique Thierry Mosbah.

Recruter par cooptation principalement
Quel que soit le poste à pourvoir et le niveau du candidat, les modes de recrutement passent par quatre canaux différents. « Le plus important reste la cooptation, car le salarié est le meilleur promoteur de l’entreprise auprès de ses amis et de ses connaissances », affirme le DRH. Et pour inciter les collaborateurs à s’impliquer, pour toute personne recommandée qui est embauchée, le salarié reçoit une prime. Thierry Mosbah rappelle à ce titre combien son entreprise est une grande famille, et que la loyauté est à la fois gage de qualité et de confiance vis-à-vis de la clientèle. Aussi, une règle à laquelle tient particulièrement la direction des ressources humaines est de ne débaucher une personne à la concurrence sous aucun prétexte. « Ces pratiques me paraissent particulièrement condamnables », précise-t-il, « Cette surenchère n’est jamais bonne à la fois pour les collaborateurs et pour l’économie de l’entreprise ou du secteur », car pour débaucher quelqu’un, il faut lui proposer un salaire plus attractif. Mais en cas de besoin urgent, le groupe ne peut compter uniquement sur le système de cooptation. Aussi, il fait également appel à des chasseurs de têtes et répond à des candidatures spontanées, déposées sur les sites de réseaux sociaux, comme Viadeo et LinkedIn. « Nous sommes très présents sur les médias sociaux », annonce Thierry Mosbah. Nombre de professionnels ayant déjà une expérience ont recours à cette méthode. Enfin, NextiraOne a mis en place il y a une dizaine d’années des formations en alternance au sein de ses structures, à la fois pour les métiers de services et pour la partie commerciale. « Nous avons en permanence 60 jeunes dans l’entreprise pour faire face aux tensions du marché ou les anticiper », insiste le DRH. Cette politique a un double impact sur la qualité du recrutement. D’une part, lorsque des besoins se font sentir et que la société connaît des pics d’activité, elle dispose immédiatement de main d’oeuvre et à moindre coût. Quant à l’étudiant, il bénéficie d’une durée d’acclimatation de trois ans, ce qui, selon Thierry Mosbah, « représente une bonne période pour bien intégrer la culture d’entreprise, son mode de fonctionnement et ses valeurs », ainsi que pour savoir si vraiment il est prêt à travailler pour le groupe. Depuis sa création, ce système a fait ses preuves. Du moins dans les métiers du service, car pour le recrutement d’apprentis commerciaux, « c’est bien plus délicat ». Le directeur des Ressources humaines nous fait part de ses doutes : « Je crains que le cursus commercial soit en adéquation avec nos attentes pour ce type de postes. »


NextiraOne en chiffres
1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires à l’échelle européenne en 2009, réalisés à 31 % en France.
4 700 collaborateurs en Europe dont 1 600 en France.
Une présence dans 17 pays européens pour un réseau de 100 000 clients, dont 85 % des 100 plus grandes entreprises françaises.
Fondée en 2002, NextiraOne a été racheté en 2006 par ABN AMRO Capital France.


Une entreprise pour les passionnés mais surtout pour les nationaux
Vous êtes passionné par les réseaux et les technologies de télécommunication et motivé par une soif de réussite ? Cette entreprise semble faite pour vous. Pourtant présente à l’international, NextiraOne veut être une véritable famille. L’indépendance totale entre les structures nationales fait de cette société une entreprise à taille humaine. « Nos collaborateurs se connaissent et se croisent tous les jours et ce n’est généralement pas le cas dans les très grandes entreprises françaises », note Thierry Mosbah. Bien évidemment, à cet avantage est associé un inconvénient : l’absence de mobilité à l’international. « Il nous faut promouvoir les évolutions à l’international dans notre réseau européen et cela fait partie des efforts que nous devons fournir », avoue-t-il. Pour ce qui est de l’attractivité financière, il reste néanmoins beaucoup plus secret et se refuse à tout commentaire concernant la partie variable. « Dans la moyenne du marché et entre 35 000 et 40 000 euros pour les jeunes diplômés ayant suivi le cursus d’apprentissage interne à l’entreprise », se contente-t-il d’affirmer.