Les technologies sans fil envahissent progressivement notre quotidien. Et elles continuent à évoluer. D’une part au niveau du réseau local et des matériels numériques, avec le WiFi N450 et le Bluetooth 4.0, et d’autre part au niveau des grands réseaux pour assurer partout le haut débit mobile, avec le 3G+ et la 4G/LTE. Point d’étape pour 2011, avec la promesse de l’optimisation des réseaux existants et la percée de nouveaux usages, comme le NFC.
SANS FIL SUR RÉSEAU LOCAL
Le WiFi passe au 450 Mbits/s
Le WiFi a bouleversé le réseau local en introduisant le sans fil partout et à faible coût. Et il n’a certes pas fini d’évoluer avec l’arrivée, dès cette année, des premiers points d’accès et adaptateurs à 450 Mbits/s.
Le dernier exemple en date de l’amélioration constante de la transmission de données sans fil à courte portée est celui de la Freebox Révolution, à laquelle nous consacrions un dossier complet dans notre magazine du mois de janvier (n°87). À cette occasion, le WiFi passe à la norme 11n, dite
« 3x3 », qui supporte un débit théorique de 450 Mbits/s au lieu de la norme actuelle à 300 Mbits/s – encore loin d’être généralisée –, pour peu bien sûr que le 11n soit supporté par l’adaptateur WiFi de l’ordinateur ou du périphérique concerné (téléphone, etc.). Or ces matériels ne seront disponibles qu’au cours de l’année 2011. La nouvelle norme du WiFi est donc baptisée WiFi N450, ce qui correspond à l’évolution la plus directe de la technologie dans le cadre du développement du MIMO, c’est-à-dire le « Multiple-Input Multiple-Output ». En termes plus clairs : multiplier les antennes émettrices (routeur) et réceptrices, pour obtenir un signal plus puissant et donc une meilleure vitesse. Cette norme apporte en plus un transfert des données à plus longue portée que la technique SISO (Single-Input Single-Output).
Tout le monde peut en profiter, car cette évolution est tirée de la norme IEEE 802.11n. Il faudra donc prendre garde désormais, lors de l’achat d’un périphérique récepteur, de s’assurer qu’il est compatible avec cette nouvelle norme, sous peine de ne pas pouvoir en tirer les bénéfices associés.
De son côté, la WiFi Alliance, consortium qui réunit la plupart des industriels et fournisseurs du secteur, travaille toujours aux futures améliorations.
Elles peuvent être listées comme ceci :
- pour 2012, certifi er le WiFi pour l’échange de données entre deux périphériques à plusieurs Gigabits/s ;
- certifier le WiFi pour le très haut débit dans la bande 5 GHz ;
- adapter le WiFi aux utilisations de types Smart Grid ou M2M.
La totalité des constructeurs s’attelle donc d’ores et déjà à proposer des périphériques WiFi avec les dernières normes en vigueur. C’est d’ailleurs le cas de Netgear, dont les premiers produits N450 vont sortir très prochainement. Le WiFi est d’ailleurs tellement rentré aujourd’hui dans les moeurs des consommateurs, que
« c’est la demande du grand public qui tire le marché, avant les entreprises », souligne Frédéric Dubois, Country Manager France de Netgear.
« Il y a encore deux ans, la norme « N » pointait son nez. Aujourd’hui, tout le monde bascule en N300 Mbit/s. » Toutefois, avec l’arrivée de la Freebox Révolution, la demande pour les modems/routeurs N450 pourrait augmenter.
La principale différence entre le WiFi N300 et N450 est donc l’amélioration du MIMO. Nous sommes respectivement passés de MIMO 2x2 à MIMO 3x3. Pourtant, la prochaine étape qui semble être N750 ne joue pas sur ces caractéristiques, mais plutôt
« sur une combinaison des bandes 5 GHz et 2,4 GHz », continue Frédéric Dubois. Car la bande de fréquences 5 GHz est moins perturbée. En effet, ce n’est pas celle utilisée pour la téléphonie mobile, le DECT, les microondes, etc. Ces produits N750 devraient arriver avant la fin du premier semestre chez Netgear.
Un adaptateur WiFi N 450 Mbits/s
TrendNet est l’un des premiers à proposer un point d’accès WiFi N450. Il n’y a aucun pilote à installer et l’appareil possède un port Ethernet Gigabit pour la connexion au réseau filaire. La technologie MIMO (Multiple Input Multiple Output) des antennes avec trois flux spatiaux offre un débit sans fil théorique maximal de 450 Mbits/s. Le Wi-Fi Protected Setup (WPS) intègre au réseau les autres adaptateurs sans fil compatibles WPS en pressant un simple bouton. Ce qui permet aux appareils d’échanger automatiquement les informations et de se connecter entre eux. L’appareil (modèle TEW-687GA) sera disponible au mois d’avril pour 150 euros.
WiFi + Green = GREENwifi
Début janvier, TrendNet profitait du CES de Las Vegas pour présenter de nombreux nouveaux produits. L’une de ses annonces était liée de près au WiFi, puisque c’était l’intégration de la technologie d’économie d’énergie GREENwifi dans ses solutions de mise en réseau sans fil, permettant une réduction de la consommation de courant allant jusqu’à 50 % – selon le constructeur. GREENwifi réduit la consommation des appareils sans fil à différentes étapes du processus de transfert d’information sans fil. La technologie réduit la consommation d’énergie lorsqu’un appareil sans fil est en veille et non raccordé à un autre client sans fil tel qu’un ordinateur – ce qui représente 70 % de la journée pour un routeur domestique normal – ou lorsqu’il est en veille et raccordé à un client sans fil ou encore lors du téléchargement de contenu. GREENwifi réduit également la consommation en se basant sur la puissance du signal sans fil.

Lorsqu’un ordinateur est proche d’un routeur GREENwifi et se branche au routeur avec un signal plus puissant, le routeur diminuera automatiquement sa puissance de sortie lors de la transmission d’informations à cet ordinateur.
En somme, le WiFi a encore de beaux jours devant lui. Ce qui n’est pas forcément le cas de son grand frère, le WiMax, la norme 802.16. Alors que le WiFi s’est imposé pour créer des réseaux locaux sans fi l au niveau d’un bureau – sur quelques dizaines de mètres –, le WiMax vise l’échelon supérieur, typiquement une zone « blanche », non desservie par l’ADSL, ou une petite ville, avec une portée d’environ 10 km autour d’une station de base. Nous avons beaucoup écrit sur cette technologie ces dernières années, mais celle-ci peine à s’imposer.
Pourtant, rien n’empêche les constructeurs – de terminaux mobiles notamment – de commencer à proposer le WiMax dans leurs matériels. Il faut dire que si la technologie a du mal à percer en France, ce n’est pas le cas partout. Les équipementiers, eux, sont prêts, à l’instar de ZTE.
« Le WiMax est déjà inclus dans nos stations multimode », explique Pierre Eisenmann, directeur de l’unité wireless France de l’équipementier ZTE.
« Nous avons commencé des déploiements dans plusieurs pays, en Espagne et aux États-Unis notamment. Mais beaucoup de pays émergents adoptent cette technologie, comme le Bangladesh, le Kazakhstan ou même l’Iran. » Et de préciser que c’est aussi
« un moyen de faire uniquement de l’Internet fixe .»
Là encore, les évolutions continuent, et nous parlons aujourd’hui du WiMax 2. Les débits de cette évolution laissent rêveurs, puisque Samsung affi rmait avoir atteint un débit maximal de 330 Mbits/s (au lieu de 70 Mbits/s lors d’un test grandeur nature. En revanche, face aux réseaux 4G qui arrivent, et compte tenu de l’investissement que cela demande (un réseau de stations fi xes), la technologie n’a pas beaucoup plus de chances de trouver sa place en France, en dehors des zones blanches sur les réseaux métropolitains.
Le Bluetooth 4.0 prend son temps
Mais revenons aux communications à petite distance qui ponctuent notre quotidien. Nous rêvons encore le monde qui permettra à tous les objets numériques d’un même foyer de dialoguer entre eux ! Vous savez, cette utopie qui veut que votre frigo dialogue avec les aliments qu’il contient par exemple. Ce rêve n’est peut-être pas si éloigné, puisque presque tous les éléments sont réunis. Tout cela s’appelle
« l’Internet des objets », et pourrait se concrétiser très vite.
En tout cas, les différentes technologies utilisées continuent elles aussi à évoluer. C’est le cas du Bluetooth par exemple, un moment concurrent du WiFi devenu son complément
« intelligent », dont les spécifications de la version 4.0 ont été publiées en juillet 2010. Celles-ci mettent particulièrement l’accent sur la réduction de consommation électrique. On l’appelle aussi
« BLE », pour Bluetooth Low Energy. En effet, le BLE est toujours
« off » ou en veille, c’est-à-dire qu’il ne s’active que pour transmettre des données. Le but : s’ouvrir à d’autres marchés justement, comme la santé, la sécurité ou même le sport (capteurs pour le rythme cardiaque, montres communicantes, etc.).
Cette future norme sera bien entendu rétro-compatible avec les versions précédentes, et pourra tirer parti de l’innovation majeure de la précédente version 3.0, à savoir la création d’un réseau WiFi temporaire entre deux appareils. La grosse innovation était effectivement l’adoption du protocole WiFi 802.11b/g pour la gestion des transferts en mode High Speed, lorsque les fichiers sont volumineux, et si les deux appareils possèdent une connexion WiFi. En revanche, alors que nous souhaitions voir les premiers appareils Bluetooth 4.0 débarquer en 2011, ce ne sera visiblement pas le cas – ou marginalement. Les industriels s’étaient déjà montrés prudents à la fin 2010, lors d’une conférence organisée par le Bluetooth SIG à Sophia Antipolis. Effectivement, aucune annonce n’a été faite lors du CES qui se déroulait début janvier. Selon quelques sources industrielles, il faudrait attendre 2012 au bas mot pour voir arriver le gros de l’offre.
Cisco présente un routeur WiFi N450 dual-band
Cisco est le premier constructeur à sortir un routeur WiFi N450 dual-band, le Linksys E4200. Celui-ci arbore un tout nouveau design, franchement élégant. Côté technique, il est donc MIMO 3x3. L’appellation
« dual-band » indique quant à elle que le routeur utilise deux bandes de fréquences différentes, les 2,4 GHz et 5 GHz. Dans des conditions optimales, il est donc possible d’obtenir des débits de l’ordre de 450 Mbits/s ! Outre la vitesse, c’est aussi et surtout la couverture qui est améliorée. Le Linksys E4200 propose également le chiffrement WPA/WPA2. Il intègre un port USB pour partager des fichiers sur le réseau, la fonction UPnP AV Media Server, et quatre ports Gigabit Ethernet (10/100/1000). Selon Cisco, le port USB peut être converti en « virtuel USB » pour accueillir une imprimante USB par exemple. Cisco fournit également un outil de configuration simplifié en trois étapes. Le routeur est disponible pour environ 180 dollars.