Par Charlie Braume le
08/03/2010

Pourquoi Dieu a réussi la création du monde ? Parce qu’il n’avait pas de base installée. Chez Microsoft, cette vieille plaisanterie n’en est pas une. C’est une question qui a un certain prix. Au bas mot 15 milliards de dollars ; par an et uniquement pour Windows. Aussi, lorsqu’il s’agit de changer radicalement l’informatique personnelle, ce qui pourrait être le cas avec Windows 8, l’éditeur se montre d’une prudence de sioux, y compris et surtout dans sa communication ou, devrions-nous écrire, dans sa non communication.La scène se déroule au Palais des festivals de Cannes au début des années 90 à l’occasion de la conférence européenne de l’association des éditeurs de logiciels.Sur l’estrade, Steve Jobs effectue une présentation du Next devant deux trois centaines de personnes. Dans l’assistance se trouve à nos côtés un jeune trentenaire qui sera nommé quelques semaines plus tard directeur général adjoint de Microsoft France et poursuivra ensuite une splendide ascension au sein de l’entreprise (Jean-Philippe Courtois est aujourd’hui Président de Microsoft International. A ce titre, il fait partie des 18 seniors leaders de l’entreprise). La présentation nous a presque tous subjugués. Lui semble beaucoup plus circonspect. Nous lui demandons : « Microsoft va se mettre à développer des logiciels pour le Next ? ». « Peut-être, on verra. Cela dépendra de la base installée », répond-il.La suite est connue. Le Next n’a jamais réussi à décoller, peut-être par manque d’applications innovantes et Microsoft est l’entreprise que l’on sait. Mais cette anecdote montre que la notion de base installée fi gure dans les gênes de Microsoft, de très longue date. A une époque où la plupart des éditeurs de logiciels se préoccupaient de séduire telle ou telle frange d’utilisateurs,...