jeudi 9 février 2012
 
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WINDOWS 8 : SIMPLE RELEASE OU REVOLUTION ?

mars 8

Par:
08/03/2010  RssIcon

INF078mid.jpgPourquoi Dieu a réussi la création du monde ? Parce qu’il n’avait pas de base installée. Chez Microsoft, cette vieille plaisanterie n’en est pas une. C’est une question qui a un certain prix. Au bas mot 15 milliards de dollars ; par an et uniquement pour Windows. Aussi, lorsqu’il s’agit de changer radicalement l’informatique personnelle, ce qui pourrait être le cas avec Windows 8, l’éditeur se montre d’une prudence de sioux, y compris et surtout dans sa communication ou, devrions-nous écrire, dans sa non communication.

La scène se déroule au Palais des festivals de Cannes au début des années 90 à l’occasion de la conférence européenne de l’association des éditeurs de logiciels.
Sur l’estrade, Steve Jobs effectue une présentation du Next devant deux trois centaines de personnes. Dans l’assistance se trouve à nos côtés un jeune trentenaire qui sera nommé quelques semaines plus tard directeur général adjoint de Microsoft France et poursuivra ensuite une splendide ascension au sein de l’entreprise (Jean-Philippe Courtois est aujourd’hui Président de Microsoft International. A ce titre, il fait partie des 18 seniors leaders de l’entreprise). La présentation nous a presque tous subjugués. Lui semble beaucoup plus circonspect. Nous lui demandons : « Microsoft va se mettre à développer des logiciels pour le Next ? ». « Peut-être, on verra. Cela dépendra de la base installée », répond-il.
La suite est connue. Le Next n’a jamais réussi à décoller, peut-être par manque d’applications innovantes et Microsoft est l’entreprise que l’on sait. Mais cette anecdote montre que la notion de base installée fi gure dans les gênes de Microsoft, de très longue date. A une époque où la plupart des éditeurs de logiciels se préoccupaient de séduire telle ou telle frange d’utilisateurs, Microsoft avait déjà incorporé la notion de volume, de marché de masse, de base sur laquelle on s’appuie pour lancer de nouveaux produits, de nouveaux services et se rendre incontournable. C’était il y a vingt ans et rien n’a changé, bien au contraire. Toutefois, avant de détailler pourquoi cette notion de base installée demeure si importante pour les futurs Windows, il convient de présenter les protagonistes en charge de ces affaires.

Une affaire d’hommes

Le premier d’entre eux est l’homme qui a la haute main sur l’ensemble des activités Windows et Windows Live. Il se nomme Steven Sinofsky. Il ne faut surtout pas se fier à son look de geek à la voix haut perchée, éternellement vêtu d’un jean élimé et d’un tee-shirt. Steven Sinofsky est l’un des présidents qui comptent chez Microsoft et son tableau de chasse est plutôt impressionnant.
En effet, rentré dans la maison en 1989 en qualité de simple programmeur, il intègre le groupe Office en 94 et sera en charge des lancements des versions 2000, SP, 2003 et 2007 de la suite bureautique (l’autre grosse machine à cash de Microsoft). Imprimant à ses équipes un rythme que l’on qualifiera de soutenu, d’aucuns diront militaire, Le général en chef Steve Ballmer lui confie les rênes de la division Windows, à charge pour lui de rebondir après le raté Vista et, dans une moindre mesure, Internet Explorer versions 6 et 7 (les dissensions et tergiversations passées entre les équipes Windows et les équipes Internet ont coûté très cher à Microsoft) C’est donc lui qui a supervisé les lancements de Windows 7 et d’Internet Explorer 8, deux nouvelles réussites à mettre à son crédit. Le second interlocuteur est Bob
Muglia, exact opposé physique du précédent.
Carrure et allure de boxeur poids moyen, verbe fort, il est le président de la division Windows Server et outils de développement. A ce titre, il a la main sur les versions serveurs de Windows et plus récemment sur l’offre de Cloud, Windows Azure. Entré chez Microsoft en 1988, il a participé à de multiples aventures comme
superviseur des développements depuis l’API Win32 jusqu’à MSN en passant par Office ou les Tablet PCs. La réussite de M. Muglia est d’autant plus significative qu’il ne figurait pas voici deux ou trois ans parmi les « personnalités à suivre » selon les observateurs les plus qualifiés.
(...)

Faut-il écouter Baudelaire ?

Maintenant que nous vous avons présenté les acteurs, la pièce peut commencer. Cette longue digression était en effet nécessaire pour mieux comprendre comment la réussite ou l’échec des divisions dirigées par Sinofsky et Muglia vont infl uencer les décisions futures. En effet, il existe deux écoles pour la succession de Windows 7. La première est une énième transition en douceur pour préserver l’existant et en particulier tout l’écosystème et les applications qui ont été développées année après année, dans la grande tradition des Windows 3x et 9x. C’est la voie qui a été suivie jusqu’à présent avec des résultats mitigés. La seconde est la rupture (déjà tentée par deux fois avec OS/2 et NT) : un OS entièrement nouveau tirant véritablement parti des nouvelles architectures matérielles (en particulier le multi-coeur) et offrant ainsi de nouvelles possibilités et nouvelles expériences, plus ou moins indépendamment des matériels sur lequel il s’exécutera.
En d’autres termes, il s’agit de tenter de réinventer l’informatique personnelle,  comme Windows l’avait fait en son temps, en tenant compte du nombre d’appareils numériques qui nous entourent et qui tendent à régir nos vies personnelles et professionnelles avec toutes ses implications, notamment en termes de sécurité.
Les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients. La migration douce permet de préserver le chiffre d’affaires voire l’améliorer si la release est de qualité (à l’instar de Windows 7 et au contraire de Vista). Elle préserve la compatibilité avec les applications et les partenaires qui ne sont pas nécessairement obligés de se lancer dans des redéveloppements longs et couteux pour faire migrer leurs applications. Bref, un long fleuve tranquille, jusqu’à ce que les utilisateurs délaissent petit à petit un produit devenu dinosaure. (...)


(début de l'article paru dans L'Informaticien n°78)

Partagez-vous notre point de vue ? Comment voyez-vous l'après Windows 7 ? A vous de réagir sur ce dossier. Nous publierons une sélection de vos contributions dans le prochain numéro.

8 comment(s) so far...


Re: WINDOWS 8 : SIMPLE RELEASE OU REVOLUTION ?

Windows 7 est sans doute le dernier OS classique pour poste de travail. Le prochain sera forcément un système léger, axé web et mobilité, intégrant le navigateur (sauf en Europe). Et si MS ne le fait pas, Google le fera.

Par din112 sur   09/03/2010

Re: WINDOWS 8 : SIMPLE RELEASE OU REVOLUTION ?

Nombreuses ont été les tentatives de ruptures, rares sont celles qui dominent aujourd'hui le marché : le Macintosh lui-même (dans les 5 % de part de marché), Next, OS/2, PalmOS, Netscape). Les exemples me manquent.

Quant à Windows, il s'est en réalité appuyé sur le succès de MS/Dos, certes signé Microsoft mais qui doit sa réussite à IBM.

Aujourd'hui, Google Chrome ou l'Apple iPad voudrait rafler la mise en redéfinissant les standards ? En réalité, lorsqu'un marché est déjà très développé, les acteurs qui prônent la rupture ne peuvent au mieux se faire une place que dans l'ombre du standard de fait, sauf à s'allier à son promoteur (comme Microsoft s'était allié à IBM en 1981). L'iPhone, encore très minoritaire par rapport à Nokia, sera peut-être l'exception qui confirme la règle.

Mais la question est peut-être ailleurs. Si un challenger ne peut guère bouter le leader sans son assentiment au moins provisoire, le leader lui-même peut-il se réinventer ? Après tout, en 1995, Microsoft a brutalement abandonné son réseau propriétaire MSN et s'est jeté à corps perdu dans la bataille de l'Internet, pour imposer finalement son navigateur IE (partie visible de l'iceberg), longtemps sans véritable concurrence. Mais il n'avait pas encore de véritable base installée.

Donc je ne crois pas à un Windows 8 complètement réinventé, qui risquerait de remettre Microsoft sur la même ligne de départ que Google ou Apple.

Je me trompe peut-être. Après tout, la puissance des processeurs modernes et les technologies de virtualisation permettent aujourd'hui d'assurer une compatibilité avec l'existant, sans pénaliser les performances ni le coût. Donc pourquoi pas un Windows 8 "façon cloud", avec une boite de compatibilité dans laquelle l'utilisateur le plus arriéré retrouvera tous ses repères.

Par Thierry Lévy-Abégnoli sur   19/03/2010

Re: WINDOWS 8 : SIMPLE RELEASE OU REVOLUTION ?

Pourquoi pas un Windows 8 compatible non seulement avec les versions Windows précédentes mais avec un noyau Linux.
N'oublions pas la nouvelle alliance Open Source.
Je pense que Microsoft veut prendre d'assaut les linuxien.

Par Hervé Jean-Louis R sur   23/03/2010

Re: WINDOWS 8 : SIMPLE RELEASE OU REVOLUTION ?

Ou les deux.
Si j'ai bien suivi, les prochains Windows se baseraient sur un noyau hyper léger (qui intègre la couche réseau et un chargeur de module) capable de monter des modules au gré du besoin des applications. Si on suit cette logique, l'OS pourrait monter au besoin les vieilles couches WIN32 si une application les lui demandaient. Au fur-et-à-mesure du redévellopement de nouvelles applications, cette couche serait de moins en moins solicitée ce qui allegerai l'OS.
Nous aurions donc une architecture révolutionnaire, mais qui respecterait l'existant.

Par Warny sur   16/04/2010

Etre et avoir été ...?

Un leader ne peut pas se réinventer, c'est aussi simple que cela !
Tout ça à cause de la "culture d'entreprise" une force qui est aussi une faiblesse !
IBM est resté leader (et dernier survivant) des mainframe pour ce qu'ils sont aujourd'hui (les mainframe), mais la main est passée à Microsoft, qui restera leader du système client fermé de type PC dont nous touchons aujourd'hui les limites. Quand on à un modéle on le garde, Apple innove mais reste élitiste, Google utilise la gratuité pour tout envahir par le biais des réseaux... Toutes ces sociétés ont un modéle de base une personnalité dont elles ne peuvent se séparer sous peine d'y perdre leur identité, fondement de leur pertinence.
Si, d'un point de vue analytique, Linux fournit les bases d'un concept d'OS multiplateforme, ouvert et communicant, ce n'est pas en refaisant le coup de l'OS client unique, source(fermée) d'un monopole commercial que ça va marcher, tout le "savoir faire" technico-commercial de Microsoft est donc à coté de la plaque CQFD. Soit ils continuent à exploiter intelligemment un modèle qui va décliner soit ils se sabordent tout de suite.
ça parait polémique mais le débat çi dessus lui même tend à prouver que quand on tient une recette on n'en change pas. Les théories nouvelles se construisent sur les ruines des précédentes, Le vrai changement est "catastrophique", les dinosaures ne sont pas devenus des mammifères même s'ils les ont largement inspiré.

Par jack sur   26/04/2010

Re: WINDOWS 8 : SIMPLE RELEASE OU REVOLUTION ?

D'observation l'innovation suit trois voies. Incrémentale ou itérative (continuer à partir de là où l'on est : Windows n), disruptive (continuer à partir de ... zero, on change tout et on recommence) ou architecturale ou compréhensive (continuer à partir de moins là où en est, c'est à dire tirer avantage de tout ce que l'on a appris et fait : l'existant, pour corriger ce que l'on ne savait pas au moment zéro et continuer à partir de ce qui pourtant fonctionne).

C'est ce que l'Internet est en train de considérer. Toute l'informatique devra d'une manière ou d'une autre suivre une démarche équivalente.

Par jefsey sur   01/09/2010

Re: WINDOWS 8 : SIMPLE RELEASE OU REVOLUTION ?

L'avenir du PC actuel... c'est l'IPAD, et l'habitude du tactile personnel qui se répand à vitesse grand v. Les PC seront tactiles ou seront condamnés à devenir des petits serveurs multimedias... que faites-vous sur vos pcs quand vous ne jouez pas ??? vous stockez qq fichiers, ne faites que rarement du tableur et regardez (de moins en moins) vos dvx.
Windows 8, c'est donc inévitablement la possibilité d'intégrer nativement l'expérience multi-média du 3e millénaire, toujours allumé et qui connecte tout ce qui bouge à la maison.

Par alphoto92 sur   10/09/2010

Re: WINDOWS 8 : SIMPLE RELEASE OU REVOLUTION ?

Les gens qui achétent un PC se retrouvent avec Windows pour la plupart ça fait partie du mode d'emploi comme quand ils achétent une friteuse. A part une tribu d'adeptes tous le monde se fout complétement de Windows. Aujourd'hui il n'y a pas de marché pour les OS. Quand l'iphone débarquent les gens utilisent IOS, si ils choississent un google phone ils auront Android et aprés ils s'en foutent. Le seul avenir de Windows c'est la vente liée.

Par jpl sur   23/11/2010

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