Andromède : le cloud sauce française est visiblement très épicé !
par Emilien Ercolani, le 02 avril 2012 14:50 
Dassault Systèmes avait déjà quitté le projet de cloud français prévu en collaboration avec Thalès, Orange et l’Etat. Il menace désormais d’abandonner son nouveau projet avec SFR, si le Grand Emprunt finance aussi celui d’Orange.
Initialement, le consortium composé de Thalès, Orange, Dassault Systèmes et l’Etat devait ériger le projet Andromède, le cloud à la française. Dassault Systèmes ayant quitté ses partenaires, il avait décidé de proposer une alternative, dans laquelle SFR avait sauté à pieds joints.
Comme on s’y attendait, le principal problème est désormais d’ordre financier : l’Etat devait apporter une enveloppe de 135 millions d’euros, mais à qui cette somme va-t-elle revenir ? En fin de semaine dernière, le FSN (Fonds national pour la Société Numérique géré par la Caisse des Dépôts) a examiné les deux projets. Les conclusions devraient être rendues rapidement à René Ricol, commissaire général à l'investissement (CGI), qui devra donner ses recommandations (0, 1 ou les 2 projets) au Premier ministre, qui prendra quant à lui la décision finale.
Si l’idée de financer un seul projet avait fait son chemin, elle semble avoir reculé, pour favoriser un double investissement. Mais comme croit le savoir La Tribune, Dassault Systèmes a menacé d’abandonner son projet si celui d’Orange venait à être financé également par le Grand Emprunt ! Une déclaration détonante, qui n’a d’ailleurs vraiment pas plu à Jean-Bernard Lévy, néo directeur de SFR mais jusqu’à très récemment encore président du directoire de Vivendi.
Qui joue le jeu ?
Reste à savoir si Bernard Charlès, DG de Dassault, ira jusqu’au bout de sa pensée. Rappelons aussi que c’est à cause d’Orange que Dassault Systèmes
avait quitté le consortium de départ, jugeant ses marges trop grandes et la gouvernance inacceptable.
Il y a quelques semaines, le PDG de Dassault Systèmes avait déjà présenté aux responsables du Grand Emprunt et à la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) que son projet de cloud était financièrement plus viable. Une manière de se prémunir, sachant que l’Etat détient 27% dans… France Télécom/Orange. D’autres soutiennent pourtant qu’une concurrence serait saine pour le marché, même si les prévisions sur le ROI seraient plus longues dans ce cas de figure.